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Molecule, NSDOS et Thylacine racontent leurs voyages en terre inconnue

Molecule, NSDOS et Thylacine racontent leurs voyages en terre inconnue

Ils ne s’étaient jamais rencontrés. Ces trois musiciens électro, NSDOS, Thylacine et Molecule, ont chacun écrit un disque dans des conditions de voyageurs extrêmes : Alaska pour NSDOS, périple à bord du Transsibérien pour Thylacine, chalutier entre l’Atlantique Nord et l’Arctique pour Molécule. L’occasion de revenir sur ces « expéditions musicales » et d’ouvrir le débat sur tout autre chose.

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De gauche à droite : Thylacine, NSDOS et Molécule

Pour commencer, on aimerait savoir ce qui vous a donné envie de partir ?

Thylacine : Mon projet dans le Transsibérien, il commence à partir du moment où je me pose beaucoup de questions sur la création et l’inspiration. Comment vient l’envie de créer ? Est-ce que ça dépend de l’endroit où l’on est ? Du moyen par lequel on compose ? Je crois que j’étais aussi un peu lassé de composer dans mon studio à Paris, avec les mêmes horaires, au même endroit. Donc je me suis dit : et pourquoi ne pas me lancer dans la composition d’un disque à bord du Transsibérien ? À partir du moment où ça m’est venu, je me suis mis à visualiser les paysages, le train en lui-même, les étapes, les gens. De cet imaginaire, tu te mets à fantasmer une musique complètement différente.

NSDOS : Passer un mois en Alaska, c’est une envie de me mettre dans des conditions un peu extrêmes. Ça fait déjà un petit bout de temps que je réfléchis pas mal à ce qu’il se passerait en cas de fin du monde. Je me demande comment je réagirais, comment je me débrouillerais... Du coup je suis parti pour réaliser de la musique uniquement à l’aide d’instruments d’enregistrement que j’ai fabriqué moi même. En adoptant la philosophie du do it yourself.

Molécule : Mon but, c’était d'avoir peur. La notion de mise en danger est importante. Ça rejoint un peu ce que disait Thylacine : l'inspiration c'est quelque chose d'assez mystique. Il faut se mettre dans un contexte très particulier qui va générer quelque chose avec un dogme artistique dans lequel on se dit « Je vais aller là bas avec une page blanche, je ne sais pas du tout ce que je vais faire. Une fois le pied à terre je ne touche plus à rien ». C’était intéressant aussi de s'imposer des contraintes. Je m'en suis rendu particulièrement compte au Groenland : tu te retrouves dans une tempête, dans le froid, dans des conditions extrêmes, ça te permet de renouer un lien avec la nature que tu avais complètement perdu dans la société moderne. Et la nature a sa propre musique : les éléments naturels ont leur tonalité, leur rythme, leur timbre. C'est de la recherche en fait, et avec le côté humain que ça comporte c'est quelque chose de hyper jouissif à vivre. Ça marque une vie.« L’inconnu est un des principaux éléments de la peur. »
(extrait de Croc Blanc de Jack London)

C'était donc intentionnel, ce voyage vers des endroits inhospitaliers, loin de toute notion de confort ?

Thylacine : Dans ces lieux là, tu peux surtout te focaliser sur la musique...

NSDOS : (Il coupe) C'est marrant que tu voies ça comme ça, parce que je ne fais pas de rapport entre ma discipline et un lieu. L'Alaska, ça s'est décidé comme ça, sur un coup de tête. Maintenant je pense sérieusement à enregistrer mon prochain disque en Indonésie. Pourquoi ? Parce que j'ai envie de voir les différences de friction entre les différents espaces. L'Alaska, c'est froid, donc tu es un peu rigide, mais l'Indonésie, c'est beaucoup plus souple, et c'est cette comparaison qui est intéressante.

Molécule : Moi, j’ai un côté un peu masochiste. J’aime m'infliger des conditions extrêmes (rires). J'aime bien être dans une situation inconfortable. Mais sans la musique, aller dans un bateau sans voir les côtes pendant cinq semaines, je n'aurais jamais pu.

Tout ça, c'est relié à des livres que vous auriez lu jeunes ? Ceux de Jules Verne, Jack London...

Thylacine : La littérature qui met en scène le Transsibérien, ça n'a pas forcément été mon point de départ, ou alors je ne m’en suis pas rendu compte.

NSDOS : Le voyage, ça fait partie de mon background. Ma famille a énormément bougé. Quand j’étais plus jeune, j’avais même un rêve : intégrer les forces spéciales. Faire du sport, être intégré à un groupe, ce sont des choses qui ont une résonance en moi. Finalement, c’est mon entourage proche qui a réussi à me faire dévier de cette envie : « Non ! Ne fais pas ça. Tu n’as pas la condition physique pour endurer ce genre de carrière. »On parlait de sortir de la zone de confort et cette zone de confort est aussi physique. C'était important pour vous de tester vos limites dans le froid, dans la tempête, à bord sur un bateau ?

Thylacine : Je n’ai pas eu trop froid, ça allait (rires). Quand je suis sur Paris, j'ai mon label, de la paperasse, et c'est génial de pouvoir lâcher tout ça et d'avoir rien d'autre à penser que créer. Quand tu as plus que ça à penser, c'est fou, et nécessaire pour créer. Le truc, c'est que tu te lèves le matin, et tu n'as juste un seul but en tête. Faire de la musique, rencontrer des gens, créer. À un moment donné, il faut se perdre, ne rien contrôler, ne pas savoir où on va, pour se retrouver dans le flou de la création.

Molécule : Partir, c'est s'arracher un peu à son microcosme quotidien pour finalement aller au fond de soi. On va loin mais on se retrouve aussi dans l'intime. On appelle ça se transcender. On se met à aborder toutes sortes de questions fondamentales. Quand j’étais au Groenland, par exemple, j'ai été marqué par le rapport à la mort. Là-bas, ils entretiennent des restes de traditions très mystiques autour des esprits, des terreurs nocturnes. Quand tu te retrouves en dessous d'aurores boréales, tu ressens tout ce côté mystique. Ça t'emmène dans des dimensions irréelles. Dans la société moderne, on a un peu la prétention d'avoir dompté la nature, ce qui est évidemment faux. On parle du réchauffement climatique, bien. Il n’empêche qu’au Groenland, ils sont très contents maintenant qu’il y ait moins de glace. Pour eux, le réchauffement climatique c’est tout sauf un souci. Quand ils voient débouler des scientifiques pour étudier la fonte de la glace, ils trouvent ça complètement fou.

Thylacine : Le Transsibérien, ce n'était pas mon but initial mais c'est devenu hyper important. En prenant le train, avec tous les petits arrêts que j'ai fait, les rencontres ont porté ma musique. Plus que les paysage ou le train en lui même en fait. Tu rencontres des gens avec des vies différentes de la tienne, des gens qui vivent de manière assez reculées. Cette confrontation est devenue la principale source d’inspiration. Dans les voix que j’ai enregistré tout au long de ce voyage, tu n’entends quasiment jamais de gens parler en russe. En revanche, il y a du tatar, du bouriate… Ça t’offre un rapport de sonorité qui est inconnu. Quand tu es exposé à un chant auquel tu ne comprends rien, tu ne t'intéresses qu'à son rythme, sa mélodie.16903168_10154409619622336_7900578200929917559_o« La science, mon garçon, est faite d'erreurs, mais d'erreurs qu'il est bon de commettre, car elles mènent peu à peu à la vérité. »
(extrait du Voyage au centre de la terre de Jules Verne)

NSDOS, sur les teasers vidéo de ton album qui circulent actuellement, on dirait que tu es vraiment complètement seul. Beaucoup plus que Molécule et Thylacine.

NDSOS : J'ai ramené avec moi des ingénieurs, mais je leur ai dit volontairement de venir un peu plus tard. Je voulais d'abord être seul et comprendre ce que je voulais faire. Ça a été deux expériences vraiment différentes : sur un même voyage, j'avais besoin d'un moment de solitude et ensuite j'ai retrouvé un groupe. Même en studio, j’ai installé un rapport aux autres très solitaire : dans la maison où on vivait, on pouvait ne pas se croiser de la journée. Tout le monde savait que j'étais dans ma bulle, que j'avais besoin de ça. C'est aussi ma manière de travailler, j'ai besoin d'être seul.

Dans quelle mesure faut-il préparer ce genre de voyages ? Il faut plutôt se laisser emporter par ce qu'il va se passer ?

Molécule : Il ne faut rien prévoir. Il faut juste avoir les outils.

NSDOS : J'ai planifié beaucoup de choses en amont. Bon, à l’arrivée, il a fallu faire beaucoup du ménage dans mon programme. Par exemple, j’avais prévu de déployer une antenne. L’antenne, c’était pour enregistrer les aurores boréales, moduler ces sons, puis les renvoyer dans mes synthés. Sauf qu'à chaque fois qu'on a fait la chasse aux aurores boréales, on était à côté de lignes à hautes tension. Impossible de capter le signal. Ça, c'était une grosse frustration.

Molécule : C'est un signal lumineux du coup ?

NSDOS : Un signal sonore ! Tu as une espèce de fréquence que tu entends, et tu peux la capter avec une antenne.

Molécule : Mais tu n’entends rien à l'oreille ?

NSDOS : Non, c'est de la FM. Au final, je me suis retrouvé dans des problématiques d'ingénieur qui avaient rien à voir avec la musique. Finalement, on a réussi à aller un peu au bout de nos idées, mais il y a eu de vrais problèmes techniques.

Thylacine : Avant d’embarquer à bord du Transsibérien, on s’était fixé une petite feuille de route. On a ausi pré-contacté pas mal des gens qu’on a rencontré en amont sur Instagram, un peu à l’arrache. Ce sont eux qui nous ont permis d’aller à la rencontre d’autres personnes. Certains nous ont raconté l’histoire de leur ville, de leur région. D’autres nous ont mis en relation avec des personnes inattendues. Par exemple, il y a quelqu’un sur place qui nous a permis de rencontrer un chaman.

Molécule : Mais vous étiez combien sur tout le voyage ?

Thylacine : Cinq personnes. Une traductrice-interprète, un réalisateur, un ingénieur du son, et une directrice de programme. Une petite équipe… C’est la traductrice qui nous a facilité certaines rencontres. Beaucoup de ceux qu’on a rencontré étaient plutôt méfiants au premier abord. Plus vite tu franchis cette barrière de la méfiance et plus vite tu passes à la seconde étape du contact humain : communiquer.« Dans cette hutte, je viens de vivre la plus passionnante des vies d’aventures pour la plus passionnante des recherches : la recherche ethnographique. »
(extrait de Boréal et banquise de Paul Emile Victor)

Molécule, on t'a vu sur le documentaire diffusé dans l’émission Thalassa en train d'enregistrer le bruit des vagues qui se cassent sur la coque du bateau. C'est agréable d’aller chercher sa propre matière sonore avec les moyens que laisse la nature ?

Molécule : Cette matière sonore, ce sont des empreintes. Le projet est intrinsèquement lié à ça. Actuellement il y a toute une jeune scène electro qui fait de la musique barrée en créant ses propres sons. Elle le fait avec du matériel de récup’, des bidons, de la ferraille. Je pense à des mecs comme Jacques, notamment. Avec mon voyage en Antarctique, j’essaye de m’inscrire dans cette démarche. À la base, je viens de la musique concrète, et j'ai toujours eu de l'intérêt pour les sons du réel, tous ces trucs qu’a développé Pierre Schaeffer.

NSDOS : Tu parle de Schaeffer et cet espèce de cinéma auditif, mais je rajouterais aussi John Cage. C’est lui qui a énormément théorisé sur cette notion de bruits, de silences... Quand je me suis retrouvé en Alaska, j’avais cette envie : capter des sons naturels et leur amener quelque chose en plus. Quand on passe un son à travers plusieurs capteurs, on peut lui redonner son caractère premier, en refaire un son pur. Je vais vous raconter une anecdote. En Alaska, j'ai eu une expérience assez folle avec le mouvement des arbres. Il y avait quatre arbres différents : un sapin, un groupe de bouleaux, et un autre arbre dont le nom m'échappe... Bref, je suis immédiatement intéressé par leur flexibilité par rapport au vent. Quand le vent se met à souffler dans les feuilles des sapins, c’est assez fou, tu perçois comme une sorte de dialogue. En terme de sonorité, on dirait presque du free jazz. Du coup, ça m'a interrogé sur les bases du free jazz en tant que musique. Est-ce que cette forme musicale a été vraiment créée par les humains ? Déjà, à la base, pour moi, le free jazz ça n'a rien à voir avec la musique. C'est une confrontation entre des mecs et leurs instruments de musique. Après cette expérience, je me suis mis à ré-écouter du free-jazz, mais pas uniquement pour le plaisir. Je n’ai pas arrêté de penser : « Mais où se trouve ce lien mathématique entre la musique qu’on consomme sur disque et les sons de la nature ? »

Maintenant tu penses que l'humain n’a rien inventé en terme de sonorités et que toutes les formes musicales se trouvent déjà dans la nature ?

NSDOS : En tout cas, il y a un truc. Ça tient au mouvement des éléments naturels, puis à la façon d’observer et de reproduire ce mouvement. Il y a d’un côté tes outils, de l’autre la nature, et au milieu, toi. Après, il faut bien comprendre un truc concernant la nature : tu ne peux pas la capturer sur disque en quelques voyages. Ça reste le travail d’une vie…image4« La providence faisait beaucoup pour eux, sans doute, mais fidèles au grand précepte, ils s'aidaient d'abord, et le ciel leur venait ensuite en aide. »
(extrait de L’Île mystérieuse de Jules Verne)

Comment vous êtes revenus de ces expériences musicales dans des contrées sauvages et surtout dans quel sens ça vous a personnellement changé?

Molécule : Il y a clairement un avant et un après. Dans ma tête, je ne suis pas tout à fait revenu du Groenland. C'était il y a un mois et physiquement, mentalement, je ne suis pas encore revenu complètement. Évidemment ça chamboule, et c'est aussi pour ça que c'est fort.

Thylacine : Mon rapport à la composition a été considérablement modifié. Maintenant, je trouve que composer chez soi c'est un peu fade, sans fond. Un dimanche passé chez moi à bosser, ça m’enthousiasme moins. Je sais que j'ai été infect pendant une semaine après mon voyage (rires). C'est compliqué, c'est quelque chose que tu ne peux pas partager entièrement. Mais j'ai eu de la chance parce que juste après je suis parti en tournée sur l’île de la Réunion. Ça m'a changé les idées. Si j’étais resté à Paris, dans ma chambre, à bosser sur des trucs... j’aurais pété un câble.

NSDOS : Dès que je suis rentré à Paris, je me suis senti hors du temps. Par exemple, je suis arrivé en retard à un rendez vous à la Maison de la Radio. Dans ma tête j’étais encore sur mon rythme de vie en Alaska.

Comment on fait quand on se lance dans un projet pareil pour ne pas passer pour un touriste déconnecté du terrain?

NSDOS : A chaque fois, j'avais besoin de me justifier dans les Parcs Nationaux. J'arrivais avec mon matériel, les gardes forestiers me disaient : « Mais attends. Qu’est ce que tu fais, toi ? Tu es en train de construire une bombe ? » Le peu de randonneurs qu'on a vu dans les endroits où on était, à chaque fois, ils s'arrêtaient pour nous parler. Tu voyais sur leur visage qu'ils ne comprenaient pas ce qu'il se passait. J'ai réussi à me faire une bonne petite réputation : « Tiens, regarde, le mec avec ses machines et ses antennes. Il n’est pas méchant, c’est le fou de l’État d’Alaska ! »

On parle beaucoup des avantages de ces voyages, mais vous avez dû aussi rencontrer quelques ennuis ?

NSDOS : Le seul moment tendu c'est quand on s'est pris une tempête. Mais au niveau humain... Il faut savoir que l'Alaska, c'est quand même un État où il y a Sarah Palin... Je me suis retrouvé dans des espèces de dépôts militaires pour aller prendre des vêtements ou du matériel. À l'entrée il y avait avais un panneau avec écrit « La pire erreur qu'on a fait c'est d'avoir voté pour Obama ». Pas mal de mecs que j’ai croisé ne répondent pas quand tu leur dis « bonjour ». Ils froncent les sourcils, c’est tout. En Alaska, une bonne partie de la population n’a pas l'habitude de voir des gens de couleur.16722799_10154381024977336_1509071983283048984_o« Il n'est aucune bête sur la terre dont la démence ne soit infiniment surpassée par celle de l'homme. »
(extrait de Moby Dick d’Herman Melville)

Est-ce que vous acceptez qu’on vous dise qu’il y a une dimension écologique dans le sens très large du terme dans vos albums. D’ailleurs, c’est quoi votre perception de la cause écologique ?

NSDOS : Dans beaucoup de projets qui sont développées aujourd'hui, même dans les nouvelles technologies ou la science, les mecs qui les lancent attendent que cela leur rapporte quelque chose. Si demain on se disait qu’au lieu de stocker nos données dans un disque dur on les stockerait dans une plantation de maïs, je peux te dire qu'il y aurait des plantations de maïs à foison ! C’est pour ça que je n'aime pas la façon dont on parle d’écologie actuellement, la façon dont les politiques en parlent. L’écologie sans la dimension philosophique, ça ne m’intéresse pas.

Molécule : On ne va pas dans la bonne direction. Pire, on ne sait pas où on va. Je me souviens d'un texte d'un homme politique qui parlait de la montée du nazisme dans les années 30, tout le monde le voyait, et c'est arrivé et... voilà. Et quand on voit les conséquences que ça a eu on se demande : « Mais comment ça a pu arriver ? » L’écologie, ça devrait concerner tout le monde aujourd'hui, je m'inclus dedans, et pourtant personne ne fait rien concrètement pour appuyer sur le bouton « Stop ». Ma génération a un vrai problème d’engagement sur ce sujet. Cela dit, je suis pudique de nature, je n'ai pas envie de mettre en avant mes opinions politiques en tant que musicien. Déjà parce qu’on m’a expliqué qu’un musicien qui parle d’autre chose que de sa musique c’est un démagogue, qu'il a quelque chose à te vendre. C'est peut-être un tort de penser comme ça aujourd’hui...

NSDOS : J’ai assez confiance en la force de la nature. De toute façon, si jamais on va trop loin, on ne sera plus là et l’Histoire s’arrêtera, c’est tout. Si l'être humain n'est plus là est-ce que ça signifie qu’il n’y aura plus de nature ? Certainement pas. La grande question actuelle ce n’est pas : « Comment on s’organise pour mieux traiter ce que nous a laissé la nature ? » Non ! La question qui me préoccupe c’est plutôt : « Comment nous, humains, on arrive à mieux se respecter… »

Thylacine : Si l’écologie est vue comme une contrainte, elle ne réunira jamais tout le monde. La proposition qu'il faut faire, c'est qu'on assume la rentabilité de l'écologie, que ce soit quelque chose de normal, que ça devienne plus intéressant d'avoir un champ de maïs qu'une batterie parce que ça coûte moins cher. Mon rapport à l'écologie est assez contradictoire. Je ne crois pas du tout au fait d’imposer aux gens des contraintes liées à l’écologie. Pourtant je viens de ça, j'ai fait des études de biologie…

Molécule : Je suis père, et je vois aussi le rapport à la descendance. C'est-à-dire que tu as une responsabilité. La nature sera toujours là, mais mes enfants ne seront plus là. Il y a cette notion de transmission : moi aujourd'hui qu'est-ce que je fais pour que les générations plus jeunes héritent de certaines choses ? Là, je culpabilise un peu.