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Traqués et malmenés, les punks chinois n'ont pas dit leur dernier mot

Traqués et malmenés, les punks chinois n'ont pas dit leur dernier mot

Du punk, de l’indie rock et du hip-hop en Chine ? Bien sûr, et plutôt deux fois qu’une. Depuis 1989 et la répression de la place Tian’anmen, l’underground musical n’a cessé de prendre de l’ampleur à Pékin et dans les grandes villes du pays, avant d’exploser dans les années 2000. Jusqu’à aujourd’hui, et un tour de vis du pouvoir qui met désormais salles et groupes en péril. Reportage.


Scène d’été à Pékin. La nuit tombe sur la ville mais rien ne s’arrête. Ni les chantiers de construction, ni les food bikes –ces vélos munis d’une charrette sur laquelle est aménagée une plaque chauffante alimentée au gaz–, ni la vie. Au pied des immeubles, quelques sexagénaires se déhanchent sur des chansons populaires sorties d’un sound system rudimentaire. D'autres font leur gymnastique ou jouent au mah-jong. Zhao Kai, lui, est ailleurs. Précisément à quelques centaines de mètres du Zhongnanhai, le domaine où se trouve le siège du gouvernement, dans une petite ruelle d’un hutong, un vieux quartier encore préservé de la folie immobilière qui touche la ville. Il vient, avec son groupe de punk rock The Bedstars, de donner un concert au XP, l’une des plus célèbres salles underground de Chine. T-shirt Daniel Johnston, incisives cassées, pas vraiment la tête à discuter : Kai n’a pas grande allure. Il devrait pourtant savourer : ce concert est le dernier qu’il donnera au XP. Depuis ce jour d’été, le club a en effet fermé ses portes, définitivement. Cela faisait des mois que la pression montait, à coups d’annulations de concerts décidées unilatéralement par les autorités chinoises, pour cause de venue d’artistes jugés « pornographiques ». Le mouvement ne s’est d’ailleurs pas arrêté au XP. Quelques mois plus tôt, un autre club, le Dirty Monster Club, a dû mettre la clé sous la porte.



Le Dirty Monster Club, que tous appelaient « DMC », se trouvait dans le district de Tongzhou, à environ trente kilomètres au sud-est du centre, près du sixième boulevard périphérique. Trente minutes de train et vingt minutes de marche pour atteindre la destination. Quelques semaines avant la fermeture, Li Yang, le patron, nous faisait visiter ce lieu unique, situé en lisière d’un petit village, coincé entre divers commerces de bouche improvisés, et faisant face à la Beijing Modern School of Music. Une salle d’à peine vingt-cinq mètres carrés divisée en deux parties égales: un coin bar avec du mobilier vintage et des photos aux murs, et un espace dédié aux concerts avec murs de briques peints en noir, tagués de logos de groupes punk du monde entier et de symboles anarchistes. Sur le sol, aucun revêtement. Ouvert en 2013, le DMC était le bar punk le plus célèbre de Pékin. Outre sa programmation, le lieu pouvait s’enorgueillir de deux choses. Premièrement, de ses prix bon marché. Deuxièmement, de la personnalité de son fondateur, Li Yang, aussi connu sous le nom de Spike et le leader de Demerit, le groupe phare de la scène punk chinoise depuis le milieu des années 2000. Un homme avec une philosophie de vie limpide : « J’avais ouvert ce bar pour les gens, sans me soucier de l’argent. L’idée, c’était avant tout d’avoir un espace de liberté. Si les gens qui n’avaient pas beaucoup d’argent voulaient y passer du bon temps, ils pouvaient. De la liberté. »

Spike se définit lui-même comme un « bastard of the nation » soit le titre du deuxième album de Demerit. Ces bâtards, ce sont les enfants de la société chinoise dont l’élite a honte. Les punks, mais plus largement les pauvres et les marginaux, et tous les –très nombreux– oubliés de la croissance à 10% du pays. Il a été éduqué humblement, dans les valeurs de la tradition chinoise. « Mes parents s’inquiètent pour moi, avoue-t-il. Ils préféreraient que je gagne de l’argent et que je vive normalement. Ils m’envoient des brochures de temps en temps sur la belle vie dans le coin où j'ai grandi pour que je revienne. » D’ici quelques années, Spike devra faire face à un dilemme : continuer sa vie libre mais précaire en marge de la société, ou rentrer dans le rang pour s’occuper de ses parents vieillissants.



Comment, dans une telle situation, vivre sa vie de punk en Chine ? Spike développe. « Depuis les événements de Tian’anmen en 1989, les gens ont perdu la foi en la révolution. Ils pensent qu’on ne peut plus changer les choses. Avec le punk, on arrive à contrer cette idée. » Ils ne sont pas les premiers. Depuis la naissance du rock chinois au milieu des années 80, plusieurs générations se sont succédées. Il y a d’abord eu celle des pionniers, Cui Jian et Hou Yong, très populaires, qui ont porté les espoirs de liberté de la jeunesse post-Mao jusque sur la place Tian’anmen. Mais ce jour-là, le 4 juin 1989, lorsque le mouvement est réprimé dans le sang, Hou Yong devient fou, et Cui Jian blacklisté –il lui est alors interdit de faire des concerts à Pékin. Au début des années 90, pendant que Deng Xiaoping, le père de la Chine moderne, annonce de nouvelles réformes économiques et lance son fameux « Enrichissez-vous ! » tout en précisant que « certains s’enrichiront en premier », le tour de vis culturel est sévère. Pour chaque sortie d’album, le contrôle des paroles, déjà en place mais très relâché dans les années 80, devient beaucoup plus fort. La riposte underground s’organise vite. Et bientôt, arrive la seconde génération rock.
La génération des losers

En plus d’être chanteur du groupe de post-punk P.K.14, Yang Haisong, 43 ans, est producteur et ingénieur du son pour une bonne partie de la scène indé de Pékin. Assis dans son studio Psychic Kong, localisé dans les sous-sols du parking d’une piscine, il se rappelle comment cette deuxième vague est née. « La première fois où j’ai entendu du rock, c’était en 1993, commence-t-il dans une odeur de cendres froides. J’avais 20 ans, j’habitais Nankin, une ville proche de Shanghai. C’était un groupe de Pékin qui s’appelle Tang Dynasty. Ça m’a vraiment impressionné. D’une part, parce que c’était du heavy metal et que tout ce qui passait à la radio à l’époque, c’était du vide à côté de ça. Et d’autre part, parce que pour la première fois de ma vie, les paroles d’une chanson signifiaient quelque chose pour moi, me faisaient réfléchir sur ma façon de vivre, à comment être moi-même, à ne pas suivre aveuglément mes parents, mes enseignants ou le système. »



À cette époque, les jeunes fans de musique se donnent rendez-vous dans des boutiques secrètes –car illégales– pour écouter des K7 pirates. Une habitude vite balayée par le phénomène des dakou. Ce mot, qui signifie « avec un trou », désigne les K7 et CD invendus aux USA et en Europe. Après avoir été volontairement cassés ou perforés, ces rebuts étaient envoyés par containers entiers en Chine pour destruction. Mais ils finissaient souvent sur les étals des vendeurs à la sauvette, où ils s’échangeaient pour l’équivalent d’un euro pièce. Si le choix était limité, et l’activité chronophage, cela a fait naître des vocations. Rapidement, cette génération de fans devient en effet une génération de musiciens, dont beaucoup, comme Haisong, choisissent de s’installer à Pékin. Ils se donnent un nom : la rotten generation. La génération pourrie. « Mes parents étaient comme tous les parents, ils voulaient que je devienne un homme normal, avec un bon job, de bonnes conditions de vie et un bon comportement, expose Yang Haisong. Quand je leur ai annoncé que je voulais devenir musicien, une grosse dispute a éclaté. À leurs yeux, je suis devenu pourri. »

La rampe de lancement semble quand même idéale pour un troisième tournant. Celui là va apparaître en même temps qu’Internet. Entre 2002 et 2004, les jeunes Chinois ont ainsi abordé 70 ans de musique d’une façon totalement différente des occidentaux : de presque 0% à 100% de la musique mondiale en seulement deux ans. Résultat : tous les genres explosent partout dans le pays, rock, folk, électro, avec une fraîcheur étourdissante. « Un cinquième de la population mondiale se trouve en Chine, il est impossible de ne pas trouver de bons groupes. Il y en a partout ! » s’enthousiasme Michael Pettis. Cet Américain au look chemise-short-tongs mène une double vie. La journée, il est un économiste de renommée mondiale, « un junkie de l’histoire de la finance », selon ses propres termes, spécialiste des pays en développement et de la dette, professeur de finance à l’université de Pékin et consultant indépendant auprès de gouvernements, de milliardaires et d’institutions comme le Fonds Monétaire International. Pettis est aussi, depuis le milieu des années 2000, le parrain et mécène d’une grosse partie de l’underground à Pékin. Le patron du XP, c’était lui. Le patron du label indé Maybe Mars, c’est lui aussi.

PÈkin le 10 juillet 2015Le groupe punk Secret Club en concert ‡ School.

Michael Pettis raconte que lorsqu’il est arrivé en Chine, il n’y avait pas beaucoup de salles de concert et qu’elles étaient généralement occupées par des programmations d’artistes étrangers. Les groupes chinois étaient alors relégués à l’arrière, contraints de jouer où ils pouvaient, du bar karaoké à la boîte de strip-tease plus ou moins légale. Pettis décide donc de créer un club, le D-22, proche de l’université où les jeunes –surtout étudiants– qui aiment la musique, sans discrimination sociale, peuvent venir. Il faut dire que monter un club, il sait faire. Dans les années 70, il avait lancé plusieurs salles, comme le Sin Club à New York, où James Chance, John Zorn et Sonic Youth ont fait leurs armes. « J’ai ouvert mon club à Pékin pour que les musiciens chinois soient les stars, dit-il. On pensait qu’il faudrait au moins trois ou quatre ans pour qu’une scène se développe, mais c’est allé beaucoup plus vite, comme si tout le monde n’avait attendu que ce petit coup de pouce pour exploser. »

De 2005 à 2008, c’est l’âge d’or de la nouvelle scène rock indépendante, avec des groupes comme Carsick Cars, Chui Wan, Birdstriking, Hedgehog, Snapline, Mr. Graceless et beaucoup d’autres, la plupart signés par la suite sur le label de Pettis, Maybe Mars. Tous débutent au D-22. D’après l'Américain, le jeu des comparaisons entre l’Occident et ce qui se passe alors en Chine est pertinent. « On peut faire un parallèle entre la jeunesse américaine des années 60 et la jeunesse chinoise du milieu des années 2000. Dans les deux cas, il y a eu un énorme fossé entre les générations. Aux États-Unis, les parents avaient vécu la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, et le fossé entre eux et leurs enfants était extrêmement important. Les gamins ont fini par abandonner la culture dominante pour débarquer à Haight-Ashbury ou Greenwich Village et créer leur propre culture, une contre-culture. En Chine, c’est le même processus. Les parents ont traversé la Révolution culturelle, mais leurs enfants ont grandi dans une société totalement différente. Dans un premier temps, ces enfants ont rejeté la culture chinoise dominante. Puis, ils ont commencé à se rendre compte que la Chine produisait ce qu’ils recherchaient. »
Comment s'attaquer au Parti ?

Cette histoire se déroule en priorité dans le Dongcheng, le quartier historique de Pékin, son poumon culturel : Mao Live House, School Live Bar, Temple Bar, Yugong Yishan ou encore le Dusk Dawn Club (« DDC »). Des salles qui n’ont pas de licence de concert, mais sont quand même officieusement reconnues par le Bureau de la culture. Voici le DDC, ouvert il y a un peu plus d’un an, dans une Siheyuan, une magnifique maison traditionnelle avec une cour intérieure carrée. Ce soir, la performance est assurée par ChaCha, la chanteuse-MC du duo électro AM444 de Shanghai, qui a invité pour l’occasion plusieurs amis à rapper avec elle. Dans la salle, près du bar, Pierre A. Blanc, petite barbe bien taillée, mèches bien placées, chemise débraillée sur jean bien porté, sert les mains des nombreuses personnes qui viennent le voir. Ancien secrétaire particulier de William Sheller, puis directeur du Divan du Monde à Paris, Pierre est arrivé en Chine au début des années 2000. Il a depuis cogéré le Yugong Yishan, dirige le festival Dong Dong et Kaiguan Culture, une petite boîte de production et de promotion d’artistes chinois et internationaux. Selon ses mots, il « s’éclate ».



Ou tout du moins, il s’éclatait. Car Pierre a noté le changement radical de position du gouvernement avec l’arrivée de Xi Jinping à la tête de l’État en mars 2013. Un changement duquel la fermeture des clubs ne serait qu’un symptôme. « Le contrôle exercé est beaucoup plus fort qu’avant. Les gens du Bureau de la culture à Pékin, qui gèrent les événements culturels et donnent les licences, sont très près physiquement du pouvoir. » Pour faire simple, c’est un système de bureaucratie pyramidal dans lequel les places sont très chères, au sens propre comme au figuré. Moins on se fait remarquer des niveaux élevés de la pyramide, plus on a de chances de garder sa place longtemps. « Comme Pékin est le lieu du pouvoir, les autorités locales prennent très peu de risques. S’il y a un incident avec un groupe qui dérape ou un accident de personnes dans une salle ou un festival, c’est le mec qui a donné l’autorisation qui saute, et parfois violemment. Donc, le meilleur moyen qu’il ont trouvé, c’est de tout interdire. » Pierre ne cache pas son inquiétude : « On est dans une situation de goulot d’étranglement. L’État est complètement fermé. À titre personnel, c’est tellement de contraintes et de risques que j’ai décidé de ne plus faire venir de groupes étrangers pour un temps. »

Le basculement a eu lieu au moment des Jeux olympiques, en 2008, et depuis, la situation s’est encore aggravée. Le gouvernement semble revenir chaque jour davantage aux fondamentaux du Parti qui, dès sa création, s’était défini selon le principe suivant : la culture ne doit pas être laissée de côté, bien au contraire. Dans son discours lors du forum d’art et de littérature à Yan’an, en 1942, Mao Zedong avait franchi un pas : il théorisait l’asservissement de la culture aux ordres du Parti, et de fait l’asservissement du peuple par la culture. Depuis, la devise est toujours valable. En 2012, pour fêter l’anniversaire dudit discours, le Parti a « demandé » à des écrivains –Mo Yan notamment, prix Nobel de littérature la même année– de recopier chacun, à la main, une partie de ce discours. Le Parti a même compris à quel point la culture pouvait être un outil de soft power, voyant par exemple les succès internationaux de groupes comme Carsick Cars, Chui Wan et Nova Heart qui ont joué dans des festivals prestigieux tels que Primavera, les Transmusicales de Rennes ou le Austin Psych Fest.



Pendant des années, cet underground n’a pas dérangé le pouvoir chinois. « Tous les groupes punk ont des chansons qui s’attaquent directement au Parti communiste. Mais au début du mouvement punk, au milieu des années 90, les autorités ont fait attention à les protéger, ou au moins à les laisser tranquilles, pour ne pas s’attirer le regard des Occidentaux, parce que les enjeux économiques étaient trop importants », explique Nathanael Amar, docteur en science politique, spécialiste de la contre-culture en Chine contemporaine. Ce laisser-faire avait une règle : la limitation du discours dans l’espace public. Le groupe SMZB est un bon cas d'école : l’an passé, ces punks du Wuhan ont publié un album intitulé A Letter from China. Le disque, qui commémore les événements de Tian’anmen, a été vendu avec des photos d’époque glissées dans la pochette –même si officiellement, ces événements n’ont pas eu lieu. En revanche, quand SMZB fait un concert dans un grand festival, il leur est interdit de jouer certaines chansons, et aussi de parler au public entre les morceaux. La logique ? La musique engagée est tolérée à partir du moment où le discours qu’elle peut véhiculer ne s’invite pas trop dans l’espace public.

De retour au DDC, ChaCha a terminé de chanter. Elle a laissé place à Raddan Ras, anciennement connu sous le nom de MC Webber, et pionnier du hip-hop chinois. Majoritairement constitué de locaux, le public n’a plus rien à voir avec les bastards of the nation ou la rotten generation. Il cherche essentiellement à s’amuser. Pierre : « La scène indé de la fin des années 90 était constituée des petits frères des mecs de 89, comme Cui Jian. C’étaient les enfants de parents qui avaient vécu la Révolution culturelle et la transition de 1981 avec Deng Xiaoping, et qui en avaient chié. Les jeunes d’aujourd’hui, nés dans les années 90 ou 2000, ne connaissent rien de ça. Ils vivent dans la grandeur financière, on les appelle les ‘enfants empereurs’. Même si les parents crèvent la dalle et que les grands-parents vivent dans des conditions difficiles, ils sont gâtés, choyés et ont une méconnaissance du passé et de l’actualité internationale. Leur unique but, c’est d’avoir une bonne qualité de vie. »



Dans la rue, devant le club, gros moment de pression. Une voiture de police s’approche lentement. L’information est transmise à l’intérieur. Le club commence à se vider, la musique se coupe, les lumières sont rallumées. Un responsable discute pendant quelques minutes avec l’officier et les deux sortent ensemble. La voiture s’en va. Puis, le gérant revient et fait une annonce collective. Il y a eu des plaintes du voisinage, la fête est finie. Pendant que le public se disperse, les musiciens décident de migrer vers un bar plus loin. Raddan Ras, de son vrai nom Wang Bo, 36 ans, explique. « Je parle de ce que je vois, le quotidien des autres et ce qu’il m’évoque. D’une certaine façon, ce sont des textes révolutionnaires mais dissimulés, dans le sens où il n’y a pas d’attaques directes. C’est une poésie. Tu ne peux la comprendre que si tu as les codes pour les déchiffrer. Ici, ce n’est pas possible de faire autrement. » Il en sait quelque chose. Pendant des années, il a été interdit de concerts, mis sous surveillance. « Quand j’ai commencé, j’avais une démarche très violente, ouvertement critique. Ça a fait pas mal de bruit. Il a fallu que je change de façon de faire : propre en apparence mais sale à l’intérieur. » Bo, depuis toujours, n’est pas très en phase avec sa génération. Dans son morceau « Ghetto Food », il déplore l’attitude de ceux qu’il appelle les « cochons bienheureux », les nouveaux riches chinois avides d’argent et de réussite sociale, qui paradent dans leur Mercedes sans plaque d’immatriculation parce qu’ils ont les moyens de payer les amendes. « Si tu fais les choses comme moi, tu ne peux pas vivre de la musique, tu peux survivre seulement. Je loue un appartement minuscule, 10 mètres carrés environ ! », raconte-t-il en fixant ses godasses. Des survivantes, elles aussi.