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Le jour où Pedro Winter sauve l'organisateur d'une rave avec Daft Punk

Le jour où Pedro Winter sauve l'organisateur d'une rave avec Daft Punk

Frederic Agostini organisait ce soir-là un live clandestin des Daft Punk au château de Vaux-le-Pénil. Sans son héros Pedro Winter, il aurait certainement terminé dans le panier à salade. 

Juin 1996. Fréderic Agostini, organisateur des raves version house qu'on appelait Xanadu, invite les Daft Punk au château de Vaux-le-Pénil. Après Henri IV et le Tsar russe Alexandre Ier plus tôt dans l'Histoire, la bâtisse millénaire accueille le bientôt-monumental duo French Touch, toutes proportions gardées. Le début de soirée est idyllique : Philippe Zdar a.k.a. Motorbass, a.k.a. futur Cassius ouvre le bal sous les yeux de David Blot, chroniqueur du cool, déjà chez Radio Nova à l'époque.

L'arrivée des Daft Punk

Guy-Man et Thomas, invités du soir, font déjà parler d'eux en 1996. Un an après la sortie du maxi Da Funk, le titre éponyme a déjà très bien voyagé dans la plupart des clubs d'Europe. En sus ce soir-là, les Daft Punk jouent à domicile, devant une foule d'aficionados déjà bien chargés en bonnes vibes par Zdar. Dès les premiers kicks de « Da Funk », la foule est en délire, en extase.

Pedro, ce héros

Alors que la « house à la touche française », aujourd'hui légendaire, opère sa magie dans un cadre propice, spacieux et exotique, les ennuis arrivent soudainement. Alerté par un membre de la sécurité, Fréderic Agostini apprend que la police assiège le château. L'organisation de la soirée n'étant pas des plus licites, l'organisateur devient alors plus recherché qu'un Louis XVI en Juin 1791. Dans Snatch Magazine, n°28 sorti en novembre 2014, le journaliste Raphaël Malkin raconte que pour vider sa caisse, Agostini glisse quelques liasses aux DJ, quelques autres dans des soutien-gorges, puis se faufile et s'échappe, les fouilles pleines à craquer. Il faut alors sortir, gambader dans les bois en évitant les bleus, traverser la Marne à la nage et regagner Paris, en stop. Lorsque Fred arrive à s'extirper de la forteresse, une voiture surgit, portière ouverte. Le pilote qui déboule comme dans un fast and furious n'est autre que Pedro Winter, le petit orga qui lui refourgait des flyers quelques heures plus tôt, pas encore manager des Daft Punk et qu'on appelait encore Pierre. Le fugitif se glisse alors dans l'Austin Mini de son sauveur, et passe ainsi entre les mailles du filet, comme une lettre à la poste.

Fréderic Agostini sera finalement rattrapé le soir même, une fois arrivé à Paris, à son domicile de la rue Quincampoix. Cette mauvaise expérience ne lui empêchera pas de fonder les mythiques soirées « Respect » avec les journalistes David Blot et Jérôme Viger-Kohler.

  • Retrouvez les incroyables histoires qui ont fait la vie de ceux qui ont fait la French Touch dans le n°28 Snatch Magazine, et dans le livre Music Sound Better With You signé Raphaël Malkin.