Music par Baptiste Artru 31.12.2016

Marek Zerba réveille la pop française

Fais gaffe, il aime beaucoup ta soeur.  

Le 23 décembre dernier dans la petite salle d’un bar parisien, la musique gronde. La scène est décorée de multiples guirlandes lumineuses et autres boules de Noël, sur scène Marek Zerba est accompagné de son Zerband. Gaspard derrière sa batterie ainsi qu’Eliott à la basse et Hugo à la guitare forment ce band bien spécial. Marek, cheveux plaqués en arrière, veste et chapeau de Père Noël, donne le tempo et lâche ses paroles avec une désinvolture et un humour décalé. Dans la fosse, l’esprit de Noël laisse place à l’esprit de Rocky, ça distribue des coups, ça bouge dans tous les sens jusqu’au titre inédit « Le Père Noël s’est tiré une balle dans le cul » qui appelle le public à communier. « Ça faisait longtemps que je voulais faire une chanson de Noël, j’avais d’ailleurs le titre depuis 3-4 ans » raconte le musicien. « J’avais cette deadline du concert pour écrire le morceau et donc tout s’est fait en un mois. Mes amis avaient pas mal de temps libre, on a donc pu enregistrer la musique et tourner le clip« . Dans la plus pure tradition de la chanson pop, Zerba a donc livré son « Christmas Song » comme l’ont fait par le passé McCartney, George Michael, Steve Wonder ou encore Elvis.

« De la contrainte jaillit la liberté » ce simple vers de Baudelaire est devenu un adage pour Marek. L’auteur-compositeur applique cela, « si tu te dis, par exemple, je vais écrire un poème, c’est faste, compliqué, car tout est possible, mais si tu te dis je vais écrire un sonnet, là tout de suite il y a une ligne directrice, une forme à laquelle tu dois te contraindre« . Avec déjà un EP et un single à son actif (Première Galette et P2) et Collège, un six titres actuellement dans les tuyaux qui paraîtra courant 2017, il n’en n’est pas à son premier coup d’essai et pourtant il reste assez discret. Au fil de ses rencontres Marek va se construire, s’inspirer, que ce soit de ses idoles comme des potes, on citera par exemple les talentueux CHEERS dont une bonne partie monte avec lui sur scène. Il a d’ailleurs repris le rythme des concerts depuis l’été 2016 avec cette nouvelle formation pour préparer et fignoler les morceaux de son prochain EP.

Depuis quelques années maintenant et notamment grâce à des groupes comme La Femme, Grand Blanc, Paradis, on parle d’une « nouvelle scène française ». C’est-à-dire plein de groupes ou d’artistes qui se sont remis à chanter en français et qui font tout eux-mêmes : le fameux « Do It Yourself« . Il n’y a pas vraiment d’autres caractéristiques propres donc dans cette scène un mec comme Jacques en fait partie tout autant qu’Odezenne, alors qu’ils sont loins musicalement. Dans ce dédale de musiciens qui ont repris notre très chère langue de Molière à leur compte (et tant mieux) Marek a une place de choix. Il ressuscite, renouvelle et s’inspire d’une pop française aujourd’hui disparue mais qui aurait largement sa place dans les écouteurs d’une bonne partie de la population hexagonale.

Son projet musical est à voir comme un voyage initiatique, du plus jeune âge jusqu’à la sortie du lycée, « ce qui nous construit« . Sa Première Galette représente la maternelle, son côté enfantin, puis son single P2 arrive tout comme l’âge de raison, viendra ensuite Collège, dont le nom est assez explicite. Il restera alors encore un EP à paraître pour clore son quadriptyque. Cette évolution est juste formelle, les paroles ne parlent pas de ces années-là, c’est la représentation musicale, auditive de ce que sont ces périodes successives. Il suffit de regarder les titres présents sur P2, « J’aime beaucoup ta soeur » et « Des hanches et… » pour comprendre que ça ne parle pas de l’école primaire. « P2 c’était un truc avec énormément de crème chantilly, avec masse de synthés, limite indigeste » explique Marek en pleine métaphore culinaire « en réaction par rapport à ça, Collège, je le vois plus comme un quatre quart, avec juste basse guitares, batterie. » et quand on lui demande ce qu’il compte faire à l’avenir, Zerba répond tout en malice, « une pièce montée« .

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