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Des livres à mettre sous le sapin

Des livres à mettre sous le sapin

En BD ou en roman, en biographie ou en enquête, que vous soyez électro ou hip-hop, de beaux ouvrages sont parus ces derniers mois. Si vous voulez replonger dans l’histoire de ces deux styles qui ont révolutionné la musique, voilà quelques idées de livres à vous faire offrir pour Noël.

Dans l’intimité de Moby

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Dans cette autobiographie, Moby se focalise sur les années 1989/1999 quand, jeune DJ, il fréquentait la nuit interlope new-yorkaise. Durant cette décennie, où il a entre 23 et 33 ans, le banlieusard originaire du Connecticut plonge dans un New York violent. Dans cette vie pauvre et déglinguée, Richard Melville Hall devient Moby. Il raconte ses résidences de DJ au club Mars, ses mixes entre house, hip-hop et pop, les danseurs de voguing. Il revient aussi sur ses souvenirs de concerts punk / hardcore, ses prières et ses bitures, ses rencontres incroyables (Russell Simmons, Miles Davis, Jeff Buckley, Mark Moore, Jeff Mills, Trent Reznor, David Bowie). Puis, il se souvient aussi du succès naissant avec son single « Go » en 1991 qui lui permet de traverser l’Atlantique pour jouer dans des raves européennes ou de tourner aux Etats-Unis avec Aphex Twin et Orbital.

Moby, Porcelain, éditions du Seuil, 432 pages, 22 €

 

Des sons et du sens

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Présentée pendant quatre mois à l’Espace Fondation EDF à Paris, l’exposition Electrosound permettait de découvrir l’histoire de la musique électronique sous l’angle des instruments et des machines et des grandes figures qui les ont employés (Pierre Schaeffer, Robert Moog, Brian Eno, Kraftwerk, Jean-Michel Jarre, Juan Atkins, etc.). Ce livre, publié en parallèle de l’exposition, est bien plus qu’un catalogue. Il offre un panorama complet de l’esthétique électronique, des laboratoires d’après-guerre à la culture populaire actuelle et à l’énergie des dancefloors.

Electrosound, sous la direction de Jean-Yves Leloup, éditions Le Mot et Le Reste, 208 pages, 21 €

 

 

La club culture en BD

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La bande dessinée Le Chant de la Machine, signée David Blot (scénario) et Mathias Cousin (dessin), raconte la house et ses héros (Frankie Knuckles, Ron Hardy) et ses racines disco. Elle se penche aussi sur les clubs mythiques (The Loft, Studio 54, Paradise Garage) et les premiers DJs (Nicky Siano, David Mancuso, Larry Levan). Dans ces planches en noir et blanc, le lecteur découvre aussi Tom Moulton, l’inventeur du remix et du maxi, Giorgio Moroder, les inventeurs de la techno à Detroit, les nuits du Palace, New Order et leur club L’Haçienda où démarra l’acid house. Cette réédition chez Allia comprend les deux volumes du Chant de la Machine, parus initialement en 2000 et 2002, une préface signée par Daft Punk et des planches rares et inédites.

David Blot et Mathias Cousin, Le Chant de la Machine, éditions Allia, 240 pages, 20 €

 

Révolutions à Bristol

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Correspondante pour la BBC et RFI à Prague, Miami ou Nairobi, la journaliste Melissa Chemam signe un livre passionnant sur Bristol. Fan de Massive Attack depuis l’adolescence, elle est allée rencontrer une trentaine d’acteurs de la scène artistique de cette ville rebelle, multiethnique et créative. Le premier d’entre eux, 3D, la tête pensante de Massive Attack, mais aussi Tricky, Adrian Utley (Portishead), Andy Jenks (Alpha), Mark Stewart, Neil Davidge, ainsi que des street artistes, des galeristes, des historiens et professeurs de littérature, des responsables d’associations (seul Banksy manque à l’appel). Son enquête, documentée et militante, retrace l’effervescence artistique de Bristol, notamment dans le trip-hop et le graffiti, et l’engagement politique de ses acteurs.

Melissa Chemam, En dehors de la zone de confort : de Massive Attack à Banksy, Editions Anne Carrière, 400 pages, 21 €

 

Folie électronique

greenroom-livres-pour-noe%cc%88l-151216-les-fous-de-sonsLe jazzman Laurent de Wilde explore dans cet ouvrage l’histoire des instruments modernes et électriques qui ont changé la musique au XXe siècle. Le pianiste français, un fan des claviers, retrace l’histoire des géniaux inventeurs et de leurs folles machines : le Telharmonium, le Theremin, les Ondes Martenot, l’orgue Hammond, le Rhodes, etc. Il arrive jusqu’aux synthétiseurs (Moog, Buchla, ARP, EMS, Yamaha DX7) et à l’apparition des drum machines. On découvre dans les pages de cet ouvrage tous ces ingénieurs / inventeurs qui ont en commun cet amour inconditionnel des sons électroniques et futuristes.

Laurent de Wilde, Les Fous du son, éditions Grasset, 562 pages, 22,90 €

 

La bande son du Bronx

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Dans son premier roman, Laurent Rigoulet raconte l’émergence du mouvement hip-hop. Il plonge dans le New York des années 1970, une époque où les gangs faisaient la loi dans le Bronx et où les immeubles étaient détruits par les flammes. Une époque où les jeunes Afro-Américains commençaient à faire des block-parties à l’initiative du DJ Kool Herc, à inventer le breakdance, à raconter en rappant la misère sociale et la difficulté de leurs vies, à s’emparer des murs avec leurs graffitis. Le journaliste a collecté de nombreux et précieux témoignages des figures de ces années charnières où se mélangent funk, disco, boîtes à rythmes et samplers. Grandmaster Flash, Kurtis Blow, Fab Five Freddie, Afrika Bambaataa, Grand Wizard Theodore et Grand Mixer DST ont ainsi apporté leurs éclairages, tout comme des acteurs plus jeunes comme Chuck D (Public Enemy) ou LL Cool J. Le label Pias publie en même temps la compilation Brûle, avec des classiques des débuts du hip-hop et quelques vieux hits signés James Brown, Sly & The Family Stone ou Ohio Players.

Laurent Rigoulet, Brûle, Don Quichotte éditions, 362 pages, 18 €

 

Une BD sur le early hip-hop

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Publiée à partir de 2013 aux Etats-Unis, la série Hip-Hop Family Tree est signée par le dessinateur de comics Ed Piskor. Le premier volume de cette saga culte arrive enfin en France. Cette bande dessinée, drôle et très vivante, raconte les débuts du mouvement hip-hop. Elle dresse le portrait et raconte les péripéties de ses principaux fondateurs (Grandmaster Flash, Afrika Bambaataa, Kurtis Blow, Funky Four + One, etc.) et de quelques activistes moins connus. Les pionniers du rap croisent dans cette BD aux couleurs vintage les graffeurs les plus marquants et quelques figures du New York des années 1970 comme Keith Haring, Debbie Harry (Blondie), Rick Rubin ou Jean-Michel Basquiat.

Ed Piskor, Hip-Hop Family Tree, Editions Papa Guédé, 116 pages, 26 €