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UFFIE : Factory girl

UFFIE : Factory girl

Après trois ans d’attente, poupée de cire ou poupée de son ? De son, assurément ! Orgie acide où s’entremêlent histoires personnelles et tubes à la pelle (« ADD SUV », « Pop the Glock » ou « Difficult » avec Sebastian), le premier disque d’Uffie confirme tous les espoirs synthétiques. L’usine à tubes cache-t-elle une descendante de la Factory d’Andy Warhol ? On est allé poser la question à Anna Catherine Harley, alias Uffie, nouvelle étoile qui ne perd pas la boule (à facettes).

Annoncé en 2006, repoussé à 2007 et finalement –enfin !- annoncé pour le 15 juin 2010, la sortie de votre album a connu des hauts et des bas. Doit-on comprendre qu’il en fut de même pour vous, sur les trois dernières années ?

Si tu savais combien de fois j’ai déjà du répondre à cette question (sourire malin)… Si on doit faire une « up to date » vis à vis de ma carrière, « Pop the Glock « est la première chanson que le public a pu entendre (en 2006, NDR), l’album devait selon moi être écoutable du début à la fin, sans lassitude – l’exact contraire des disques qu’on écoute à la radio. Cette motivation artistique, plus les voyages, les rencontres, ont ralenti la sortie de l'album. Avec le recul, « Pop the Glock » ressemble un peu à un bébé qui aurait grandi plus vite que les autres chansons, moi j’ai définitivement besoin d’avancer sans regarder en arrière ; bien heureuse que le disque sorte enfin. Et je suis déjà en train de préparer de nouvelles choses.

L’une des meilleures chansons – selon moi – reste « Illusion of love », co-écrite avec Mirwais. Au risque de voir cet album comme un disque plus personnel qu’il n’y paraît, ce titre a-t-il un sens particulier pour vous ?

Oh yeah, c’est la première chanson qu’on ait écrite ensemble. A un moment où justement j’étais au fond du trou, personnellement. Les soirées parisiennes s’enchainaient sans que j’ai envie de sortir, et ce titre m’a permis d’extérioriser toute la frustration. Faire parti du milieu de la nuit, c’est souvent assister au pire du nightclubbing, cela peut s’avérer très déprimant.

Continuons à dérouler le disque. On trouve sur votre disque deux reprises étonnantes et surpuissantes : « Hong Kong Garden » de Siouxsie and the Banshees », et « Rock & Roll » du Velvet Underground (renommée « Sex, Dreams, and Denim Jeans », qui donne son nom à l’album). Comment avez-vous choisi ces deux covers ?

Pour « Hong Kong Garden », j’ai toujours adoré cette chanson, très pop et malgré tout très punk ! Et vu que j’ai vécu à Hong Kong, à l’adolescence, cela me semblait être un clin d’œil incontournable, une façon de montrer mon coté rock, une façon de sortir de l’électro. « Rock & Roll », l’idée est venue de Mirwais, qui me l’a joué un jour à la guitare. A la première écoute, j’ai du écrire les paroles en seulement une heure, instinctivement. Alors qu’écrire me souvent beaucoup plus de temps, des semaines, voire des mois. Avec Mirwais, ce fut un « instant flash ».

Sur ce disque, on trouve la crème des producteurs de l’électro « nouvelle vague », de Feadz à Mr Oizo en passant par Pharell Williams (en guest sur « ADD SUV »). Avec autant de mentors pendus à vos bras, doit-on vous imaginer comme une muse warholienne, égérie d’une nouvelle génération électronique ?

Oh man…. C’est une grosse pression que tu me mets sur les épaules là ! (Rires) La première personne avec qui j’ai débuté mes collaborations, c’était Feadz (qui a produit la moitié du disque, NDR), et de là les collaborations se sont enchainées sans préméditation. Evidemment, lorsque tu es jeune et en dehors du système, tu ne peux que rêver de ce genre de comparaison, mais maintenant que je suis « Inside the box », c’est beaucoup plus impressionnant ! Mon ambition aujourd’hui, c’est la scène, les concerts, cet endroit où je me sens définitivement le plus à l’aise, définitivement mon espace d’expression préféré. Ca ravive mes années punk !

Uffie // « Sex, Dreams, and Denim Jeans » // Ed Banger (Because)

http://www.myspace.com/uffie