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Nos grands espoirs pour 2017

Nos grands espoirs pour 2017

Au temps du bilan vient aussi le temps de se projeter sur l’année à venir. Voilà dix de nos poulains pour les douze mois à venir.

Si l’on s’amuse beaucoup des petites guéguerres internes pour imprimer au maximum sa patte sur les tops de fin d’année et voir ses disques préférés figurer le plus haut possible dans le classement, en période de fêtes vient aussi le temps de miser quelques pièces sur les artistes qui prendront une place importante l’année prochaine. On s’est amusé à sélectionner dix artistes débutants, dix jeunes pousses prometteuses, de la techno au R&B électronique en passant par la house, dont on espère qu’ils exploseront en 2017.

Simo Cell

En un an Simon Aussel (ou Simo Cell pour le pseudo, bien trouvé mec !) a ouvert un plateau de The Peacock Society, joué à Concrete, démarré une résidence sur Rinse France et joué pour Boiler Room... tout ça sans compter la production, avec un joli EP sorti en fin d’année sur Livity Sound. Le Gliding EP alterne les références techno, house et ambient, démontrant une palette vaste à ceux qui l’auraient entendu jouer en DJ-set avec plus de puissance. Un futur grand de la scène parisienne, à n’en pas douter !

Sônge

Si la France n’a jamais franchement brillé sur le terrain du R&B, elle pourrait arriver à trouver sa place dans les prochaines années grâce au versant électronique du genre. La Bresto-Quimpéroise Sônge, Océane de son vrai prénom, vient de débarquer fin novembre avec un premier EP, a joué aux Trans Musicales, et devrait continuer à grimper en 2017 alors qu’elle vient de signer chez la major Warner. Ses morceaux, produits par Sayem, la placent quelque part entre FKA Twigs, Santigold ou Rihanna, et sont tous portés par des compositions absolument irrésistibles. Très fort !

Apollo Noir

Il faisait partie du prometteur groupe de pop Bois Noir (aujourd’hui en sommeil), puis a commencé à se faire connaître comme producteur pour d’autres : Jeremie Whistler puis Yanis et son “Hypnotized”. Le Parisien, Rémi de son prénom, revient désormais en solo, sous pseudo Apollo Noir, avec une signature sur le prestigieux Tigersushi (label de Joakim) et un premier album qui devrait arriver en début d’année. Un premier single est déjà à se mettre sous la dent, “Coding Augmented Reality”. Un son très british pour ce fan du Warp des débuts (LFO et compagnie), qui trouve bien sa place aujourd’hui quelque part entre Lone et la famille Rinse.

Noga Erez

Alors qu’Israël fait de plus en plus figure de pèlerinage incontournable pour les amateurs d’électronique du monde entier et que ses artistes s’exportent bien en France (comme Red Axes sur le label de Cosmo Vitelli I’m A Cliché ou sur celui de Jennifer Cardini, Correspondant), débarque aujourd’hui Noga Erez, vocaliste (rappeuse comme chanteuse) de Tel Aviv, épaulée à la production par Ori Rousso. Leur première collaboration, “Dance While You Shoot”, est un tube genre trap-pop qui rappelle autant M.I.A. que TNGHT. De quoi tout déchirer l’année prochaine.

Alba

Ce target="_blank"> jeune duo de Sydney a une courte carrière, mais déjà quelques alliés de poids. Ils ont ouvert sur scène pour des gros noms, de Gold Panda à Four Tet en passant par Mount Kimbie et sorti deux EPs sur Plastic World, label de l’ancien patron de Future Classic (imprint qui fait elle-même la pluie et le beau du temps sur l’électronique australienne). Leur house est à la fois taillée pour les clubs et ultra-mélodieuse, voire délicate, avec ses voix éthérées et ses cascades de percussions aériennes. Leur nouvel EP est attendu pour le début d’année.

AZF

Nous vous en avions déjà parlé, nous rajoutons à présent un jeton sur la case AZF pour 2017. La DJ, issue de la scène queer parisienne, fondatrice des soirées Stéréotype (avec Parfait) et curatrice de Jeudi Minuit a commencé à jouer partout cette année (Concrete, Astropolis, etc.). Ça devrait continuer l’année prochaine, toujours dans une veine techno lourde et poisseuse, mais pas sans finesse. Avec, sait-on jamais, peut-être enfin ses premières productions studio ? Rien ne l’oblige à cumuler les étiquettes de DJ et de productrice, mais on serait curieux d’entendre le résultat.

Tepu

Tepu n’est pas Français, mais vit à Los Angeles : on ne lui en voudra donc pas de ne pas avoir réfléchi à ce que donne son pseudo en français ! D’autant moins que le jeune homme, qui a posté ses premiers morceaux cette année, a à son actif le petit tube “Darkside”, sorte de disco-pop très funky et très électronique qu’on pourrait situer quelque part entre Breakbot et Neon Indian. La production est bordélique, voire un rien cracra, pourtant le morceau, hystérique et infectieux, nous donne très envie de voir ce que le jeune homme a en stock pour son premier EP dans les prochains mois.

Lully

Lully joue la carte fatiguée du mystère : des visuels de femmes floutées pour cet artiste (ou groupe ?) au nom inspiré du compositeur baroque français. Mais peu importe, ses deux premiers morceaux, deux tubes électro-pop furieux et formidablement bien produits, suffisent à faire oublier le coup marketing. Deux morceaux frénétiques, cuttés dans tous les sens, assez insaisissables et pourtant totalement immédiats, publiés par le label anglais branché Aesop qui nous font penser que ce cousin de PC Music viendrait plutôt d’Angleterre. La vérité pour bientôt ?

Eggo

Le jeune producteur de Montélimar n’est pas totalement nouveau, signé sur Timid Records en 2011, remarqué pour son premier passage à Astropolis en 2013. Mais on parie sur une explosion en 2017, après la sortie de son premier album Valhalla fin 2016. Une techno ultra-mélodique, mais qui sait aussi muscler son jeu avec parcimonie, quelque part entre target="_blank">Nathan Fake et Superpoze. S’en dégage aussi une élégance étonnante, entre l’émotion et le grandiose : un vrai petit voyage qui devrait séduire, de plus en plus.

Bonzai

Certains l’auront peut-être croisée comme vocaliste pour le très populaire Mura Masa (elle a aussi signé ses premiers morceaux sur son label, Ancherpoint Records), d’autres auront eu la chance d’assister à son grand baptême du feu au Pitchfork Music Festival Paris. Il faut en tout cas la découvrir le plus vite possible avant son explosion en 2017 (elle vient de signer sur le géant Columbia). La Londonienne chante et rappe sur des productions très club et très anglaises (un peu de techno, un peu de house, un peu de grime, etc.), même si la jeune femme est née aux USA et a grandi en Irlande. Le cocktail est détonant.

© Photo de couv' : Timothy Cochrane