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Les artistes électroniques qui ont marqué 2016  

Les artistes électroniques qui ont marqué 2016  

Ils vous ont fait danser, ils vous ont bouleversés… Mais qui sont, au juste, les producteurs qui ont marqué l’année 2016

Justice

Dire que 2016 fut l’année de Justice relève du pléonasme : Gaspard et Xavier ont effectué cette année un vrai retour en force. Cinq ans (déjà !) après Audio, Video, Disco et après avoir passé la majeure partie de leur temps dans leur studio du XVIIIe arrondissement, les voilà de retour avec Woman ; un album célébrant toutes les femmes de leur vie ; non pas les L5 mais leurs petites amies, leurs mamans, leurs sœurs…

Depuis juillet, les deux Français s’amusaient à teaser ce nouvel LP, avec l’aide de leurs compagnons de label. Ainsi Busy P passait-il discrètement le single « Safe And Sound » lors de son passage au Sonar, puis « Alakazam ! » lors d’une soirée dans le bar alternatif Grand Train à Paris. Folie de la foule.

Cette même foule qui s’était vue offrir un show inattendu à Londres en septembre, suivi d’une soirée toute aussi folle quelques jours plus tard dans la reluisante Élysée Montmartre, alors remise sur pied. Et puis à côté de ça, Justice a invité Susan Sarandon à jouer dans le clip de « Fire ». Si ça, ce n’est pas la classe.

Jacques

Quand on a vu débarquer Jacques avec sa coupe de cheveux pour le moins étonnante et ses propos plutôt cosmiques, on s’est demandé à qui on pouvait bien avoir affaire. Et puis, ses premières productions sont sorties, suivi d’un premier EP, Tout est magnifique, sorti en 2015 sur le label Pain Surprises et on avait pris une petite claque.

Cette année, le Strasbourgeois n’a pas démérité. Il a su surprendre au fil des mois son auditoire avec des sets glitchy et pointus. Sa façon de faire : enregistrer des sons du quotidien (portes qui claquent, ‘clic’ énervant des stylos quatre-couleurs) et en tirer le meilleur en mixant le tout et en transformant cette matière première brute en des morceaux techno terribles.

Le petit plus ? Jacques est également chercheur au Centre National de Recherche du Vortex. Pour comprendre ces recherches, rien de mieux que de se plonger dans les vidéos plus absurdes les unes que les autres du Centre. Vous y apprendrez ainsi à « défenestrer une fenêtre », « haut-parler un haut-parleur » ou encore « balayer des balayettes ». Un personnage unique, un artiste accompli.

Bjarki

Le petit protégé de la productrice russe Nina Kraviz n’a pas chômé en 2016. Jusqu’à présent ses productions étaient limitées à un EP au nom à rallonge (Артур И Интергалактические Киты) et à quelques morceaux répartis sur les différentes compilations du label трип (Trip) de Nina.

Mais en 2016, le producteur a sortir en trois mois pas moins de… trois double-albums - Æ, Б et Lefhanded Fuqs - soit 41 morceaux inédits ! Stakhanoviste vous dites ? Le premier LP rappelle que les influences de l’Islandais prennent racine dans la rave et IDM. Le deuxième long-format est plus fouillé, plus expérimental tandis que le troisième aborde la violence avec une techno brute de décoffrage.

Et il fallait bien ça après la claque que nous avait mis le tube minimaliste et décapant de l’Islandais « I Wanna Go Bang » l’année passée. « Un morceau produit d’une traite, en quarante minutes, et resté deux ans sur son ordinateur », révélait alors le petit prodige à Rolling Stone. Un producteur dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Moderat

L’attente fut longue pour les fans de Moderat - et ils sont nombreux. Depuis trois ans, les trois compères avaient disparu des écrans radars, préférant se reposer en famille dans la capitale allemande avant de s’atteler à la production de leur troisième long-format, le bien nommé III.

Après un premier single, "Reminder" qui nous avait rappelé la puissance du trio (accompagné d’un clip en animation 3D noir et blanc digne d’un vrai court-métrage de science-fiction), on découvrait enfin le 1er avril ce long-format. Un album de la maturité comme diraient certains, bien moins brouillon que son prédécesseur, symbole de la puissance mélodique d’Appart et de la fougue électronique de Modeselektor.

Avec une tournée mondiale passée par les plus grandes salles du monde - et des passages en France mémorables au Pitchfork Paris, Nuits Sonores ou encore à l’Olympia de Paris, comble pour l’occasion - le groupe allemand a montré sa capacité à encore soulever les foules, sept ans après son album I. Un live endiablé a d’ailleurs été enregistré au Velodrom à Berlin, objet indispensable pour les fans.

Cassius

2016 a aussi été marqué par le retour d’un groupe français majeur, fier fer-de-lance de toute la génération French Touch. On parle bien sûr de Cassius qui signait avec l’album Ibifornia son retour au long-format après dix longues années d’absence.

Il faut dire qu’après le succès planétaire de "I <3 You So", les deux compères ont eu besoin de se retrouver au studio, entourés de leurs machines ainsi que des nombreux collaborateurs auxquels ils ont fait appel pour Ibifornia : Pharrell, Cat Power, Mike D des Beastie Boys, Jaw ou encore Ryan Tedder

En résulte un disque bouillonnant, complètement barré ; une île paradisiaque perdue entre Ibiza et la Californie où il fait bon se prélasser au soleil. Pour les lives, Philippe Zdar et Hubert BoomBass ont également vu les choses en grand puisqu’ils mixent en haut d’un volcan (le genre de volcan que les petits Américains font en papier mâché dans les films) agrémenté de LED et de singes dorés grandeur nature (oui oui).

À côté de tous ces immenses producteurs, d’autres ont également fait de l’année passée leur année. Citons le Britannique Max Cooper qui a sorti Emergence, un second long-format transcendant et expérimental présenté au cours de lives mêlant audio et vidéo. Même genre de techno pour Pantha du Prince et son excellent album The Triad, également présenté de manière très originale sur scène puisque Pantha et ses musiciens portent de grands disques de métal réfléchissants sur leurs fronts. Et puis, il ne faudrait pas non plus oublier que Metronomy a sorti en juillet Summer 08, un album peut-être moins accessible que ses prédécesseurs, plus intimiste mais tout aussi bon.