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Trans Musicales 2016 : les 3 jours en vidéos lives, pour faire comme si vous y étiez

Trans Musicales 2016 : les 3 jours en vidéos lives, pour faire comme si vous y étiez

De Rejjie Snow à PWR BTTM en passant par Reykjavíkurdætur.

Rennes a pris des allures de centre du monde du 30 novembre au 4 décembre pour la 38ème édition des Trans Musicales. Une centaine de groupes et d'artistes est venue repeindre le monde en couleurs depuis la Chine, l'Afrique du Sud, l'Islande, toute l'Europe, le Chili, et bien d'autres régions où la musique rappelle que le voyage est plus ou aussi beau que la destination. Grâce au panache des équipes de Culture Box et Fip qui ont fait virevolter leurs caméras et micros toutes les nuits, trois jours durant :  revivez avec nous quelques shows marquants des Trans 2016, comme si vous y étiez. Des nanas, des mecs, du Rock, du hip-hop, de electro, de la soul (mais pas le groupe) et Rejjie Snow, BCUC, Reykjavíkurdætur, entre autres. Clairement de quoi vous décider à venir ou revenir à Rennes l'année prochaine.

Trad.Attack et Super Parquet 

Vous en avez parfois ras la casquette des sons qu'on entend partout du genre batterie, basse, guitare. Beats electros, samples sur-gonflés... et bien dans ce cas prenez-vous un moment avec Trad.Attack et Super Parquet histoire de vous décrasser tout ça avec les sons "tradi", cornemuses, guitare folk et le toutim.

Trad.Attack ont envoyé du folklore estonien pour leur première en France et c'était pour l'ouverture du festival. Un bon coup de rareté qui n'a pas plu qu'aux aficionados de Fest noz. Le guitariste a même fait sampler la voix de sa grand-mère pour le tube final du trio.

De leur côté Super Parquet ont donné des envies de sauvegarde des traditions au public lors du troisième jour. Le tout en tissant une communion motivante entre la scène et le public. Un retour vers le passé destiné à reconstruire le présent sur les bases qu'on aime le plus : la technique, les vielles recettes et l'expérimentation, les clefs de la bonne musique en somme.

Rejjie Snow

Si vous ne deviez choisir qu'une seule performance c'est celle-là. Le jeune Irish qui tire les ficelles de l'avenir du rap sans le savoir a dégainé un show plus puissant qu'à l'accoutumé, car retravaillé pour les Trans, avec en back-up non plus un mais trois mecs. Les tubes s'enchaînent vite et bien, une l'escalade vers le bon son dont Rejjie n'a même plus conscience. Pariez sur le fait que ses prochaines livraisons de sons arriveront au niveau des poids lourds du moment. Le smile made in Irlande en plus.

PWR BTTM

C'était trop court mais c'était trop bien. PWR BTTM (prononcez Power Bottom) était Le moment de lâcher-prise du vendredi soir. Un duo punk américain débarqué pour la première fois en France et dont les angoisses pimpantes ont parfaitement trouvé écho auprès des plus tête-brûlés des festivaliers. Ça rigolait pas tellement ça rigolait. Le duo a étalé sa crasse vernie sur les plus tête-brûlés et une demi-heure plus tard, on ne répondait plus de rien. C'est de toute façon le but éhonté de Ben et Liv, fervents défenseurs de la cause Queer, cintrés dans des robes flashies, grimés en nanas cools, deux bombasses flippantes qui torturaient les cordes et les caisses. L'enfer de la société a enfanté deux monstres prometteurs qui gueulent sur leurs ex, partent en road trip et se foutent bien de ce que tu penses d'eux.

Con Brio

Vous voyez le genre personnes blagueuses qui se pointent juste derrière vous et qui regardent le show sans trop savoir pourquoi avant de sortir la vanne que vous aviez préféré ne pas lâcher. Ils étaient là ce soir là aux Trans. "Hey mais c'est Bruno Mars ?». Lol. Mais bon c'est vrai que Con Brio partage un truc avec la star Mainstream, l'énergie communicative, bon enfant en toute circonstance. Sauf que c'est allé un peu plus loin. Un concert comme si c'était le dernier. A grand coups de solos improvisés et de cascades ô combien sportives de la part de Ziek McCarter, le chanteur-showman. Saltos, grand-écart et hop! Le voilà qu'il chante comme un dieu la seconde d'après. Du gros professionnalisme comme on n'en voit plus trop au service de l'ambiance, ce coffre-fort dont ils possèdent la clef.

Lucky Chops

Des sortes d'humanoïdes mélomaniaques. Voilà qui sont les Lucky Chops, cette bande de frappadingues fous des cuivres et des rythmes de petites fanfares efficaces. Sur scène c'est du non-stop de saxo, trompettes et autres attirails qu'ils font sonner comme ils respirent. On les croirait incapables de vivre sans. L'épreuve physique du show leur fout une pêche communicative. On est pris dedans malgré les explosions aiguës auxquelles personne ne s'habitue jamais. Lucky Chops et l'on ne demande plus rien d'autre qu'à faire la fête.

BCUC

Une bonne semaine avant le début des Trans, le programmateur Jean-Louis Brossard avait répondu "BCUC" à la question terrible du "et s'il n'avait fallu en choisir qu'un ?". Non Pas qu'il trouve cette troupe venue d'Afrique-du-Sud bien meilleure que tout. Juste que l'énergie qu'ils insufflent à leurs morceaux a la force immarcescible des premières et des dernières fois. Ça sautait, ça suait, c'était comme un sourire extensible 100 fois. De la soul passe-partout qui a en elle tous les moyens de s'infiltrer dans vos esgourdes pour y rester un bail, histoire que vous gardiez le sens du rythme.

Reykjavíkurdætur

L'un des grands moments des Trans 2016 fut l'arrivée sur scène des 9 Islandaises complètement badass toutes vêtues pareil, chemise blanche et body. L'effet Girls Band est total mais il y eu un petit plus. La hargne entre les dents, elles se passent le micro pour asséner tour à tour des punchlines incompréhensibles dont on se doute bien qu'elles sont tantôt émancipatrices, tantôt moqueuses, ironiques, gratuites, toujours viscérales. Sur un beat dark prenant mais linéaire, les filles de Reykjavik ont scandé le Girl Power à la mode islandaise, et ça donne envie d'y revenir, plus tard, si ce volcan intriguant entre un jour en éruption.

Photo de couv : © Nicolas Joubard