Music par Greenroom 30.11.2016

Le guide ultime pour réussir ses Trans Musicales 

Le guide ultime pour réussir ses Trans Musicales 

Validé par les habitués du festival et le programmateur Jean-Louis Brossard.

Et c’est parti pour les 38èmes rencontres Trans Musicales de Rennes. Du 30 novembre au 4 décembre, pas moins de 106 groupes vont botter le train aux aficionados de musique fraîche. Le festival français qui ne ressemble à aucun autre s’est bâti une réputation indéboulonnable depuis sa création en 1979. En 2016, les Trans ont gardé pour objectif d’offrir un maximum de nouveautés à son public de passionnés. Un gros boulot qui requiert une bonne préparation tant les chemins de la découvertes ont des allures de Marathon. Voici quelques conseils et expertises offerts par des habitués des Trans : Marion, Germain et le programmateur bien connu des Trans, mister Jean Louis Brossard.

Venir avec la super pèche 

Tout le monde a ses secrets pour tenir en festival mais là on se parle d’un événement qui commence dés le mercredi soir pour finir le dimanche soir, avec entre les deux un triplé jeudi-vendredi-samedi pas de tout repos. On doit approximativement dormir 5 heures par nuit au maximum pour ne rien louper. D’où le conseil numéro uno du co-fondateur du festoche Jean-Louis Brossard : « Il faut être bien reposé avant« . Et de préciser « La musique ça donne beaucoup d’énergie mais si tu veux faire la totale ça commence en début d’après-midi et ça se termine à 3 heures du matin le premier jour, puis le lendemain de midi jusqu’à 7 heures du matin et le samedi c’est pareil. Les nuits sont très courtes« .

« Quelques jours avant le festival il faut prendre des vitamines » préconise Marion, 25 ans, originaire de Bruz, commune située juste entre Rennes et le Parc Expo où ont lieu les Trans. Elle vient au festival depuis 2006. En 2016 ce sera sa 10ème fois, elle n’a loupé que l’édition de 2014. « C’était malgré moi, et j’ai pleuré pendant 3 jours » exagère-t-elle. Son conseil breakfast : « Au réveil, même si l’heure change sur les 3 jours, prenez un petit déjeuner conséquent, à l’anglaise, pour prendre des forces ».

Venir entre potes

Une règle plus facile à respecter lorsqu’on est un local de l’étape. Marion par exemple a fini par inviter carrément 10% de ses amis Facebook. « La première fois, j’y était toute seule. La deuxième année, on était deux. Progressivement, j’ai convaincu mes amis du lycée, puis de la fac. Cette année, j’en ramène même deux de Paris. Ce sera leur dépucelage de Trans. Au total, on sera une bande de 32, et ça promet une fois de plus d’être épique. ». Germain, 26 ans, est lui aussi originaire de Rennes. Il vient depuis 2008 et pour sa 9ème année consécutive en 2016. « Petit à petit, c’est devenu le rendez-vous incontournable de la fin d’année. C’est à la fois le moment où l’on se retrouve tous entre pote pour faire la fête et l’occasion de découvrir les nouveaux groupes qui vont remplir ma playlist ».

Checker la programmation en amont, ou pas

Pour tout le monde, le constat est le même chaque année : on ne connaît personne dans la programmation. Ou « quasiment personne » pour les plus balèzes. A partir de là, le monde se divise en 2 catégories : les bosseurs et ceux qui veulent se laisser surprendre. « Les 2 sont valables. Soit tu écoutes les groupes et tu te dis ‘ceux-là je ne veux pas les rater, et tu télécharges l’appli du festival pour faire ton programme. Soit tu y vas les yeux fermés, et au parc par exemple, il y a 4 scènes, tu peux déambuler, et rester scotché » résume Jean-Louis Brossard. « Je comprends qu’on puisse y aller en découverte totale » jette Marion. « Mais je suis un peu une control freak de la musique, donc j’écoute toute la programmation en amont et je sélectionne ce qui me plaît. Ensuite je me fais ma propre feuille de route, avec les heures de passage des artistes et les halls. Quitte à lâcher mes potes si on ne veut pas voir les mêmes groupes, mais on finit toujours par se retrouver».

Vous pouvez retrouver la feuille de route très qualitative de Marion ici, ou bien vous plonger dans les playlists (JeudiVendredi et Samedi ) ultra bossées compilées par Germain : « Généralement je me dis que je ne connais aucun groupe, mis à part 4 ou 5 noms qui me ne disent vaguement quelque chose. Cette année je connaissais Yuksek, Fishbach et Requin Chagrin, mais je crois que c’est à peu prêt tout alors j’essaie toujours d’écouter un maximum de groupes pour avoir une idée de ce qui me plaira. Et comme je préfère connaître les morceaux avant de les voir en concert, je me suis fait une assez grosse playlist dès mi-octobre pour repérer les groupes à aller voir et connaître un minimum leurs morceaux. Comme chaque année j’en ai découvert des très cools comme Colorado, NVDES, Blow, Das Mortal, Owl Vision, Rejjie Snow, etc».

Refuser de partir

Et Germain de vous rappeler que vous dormirez quand vous serez morts : « Une fois sur le site, le plus important c’est de rester jusqu’à la fermeture du parc expo, même si on est fatigué. Il y a toujours un concert à voir et ça peut être l’occasion de découvrir un bon groupe par surprise. Quitter le parc avant la fermeture c’est prendre le risque de louper un truc mémorable. Ah oui, et si un gros groupe passe dans le hall 9 et que vous voulez absolument le voir, soyez sur place 15 minutes avant le début du concert, parce que quand il y a trop de monde de ce hall, les entrés ferment pour des raisons de sécurité. J’ai déjà loupé des concerts en arrivant trop tard... »

S’habiller chaudement et léger à la fois

« Pour la tenue, certes on est en décembre, mais je suis partisane du « less is more». Parce qu’il n’y a rien de pire que de te retrouver dans le hall 9 à 4 heures du matin à danser avec un énorme manteau, une écharpe et un pull, le tout sous le bras, parce que tu t’es trop couvert. L’indispensable : des bonnes chaussures, parce qu’on parle quand même de rester debout et de danser pendant 5 à 7 heures d’affilées. » Pour l’édition 2016 plus précisément, Marion insiste sur le danger d’attraper froid. « Il devrait faire entre -1° et 1ºC les trois nuits des Trans. Du jamais vu, l’année dernière il faisait 8°C. Préparez votre sacs en conséquence. Dans le parc expo il ne fait pas froid mais c’est en attendant les navettes et en circulant entre les différents halls que le risque d’attraper froid est le plus élevé».

Ne pas prendre de sac

« Je ne prends plus de sac, c’est trop chiant pour danser, je mets tout dans mes poches. Je prends juste le strict nécessaire, pour éviter de perdre des trucs : téléphone, briquets et carte bancaire. Niveau fringues je prends pas mal de truc pour ne pas avoir froid, mais je laisse tout à l’extérieur du parc expo pour ne pas avoir à m’encombrer d’une veste pendant les concerts. En fait je mets tous les trucs qui ne vont pas me servir avec mon vélo qui est caché. Jusque ici je ne me suis jamais rien fait voler donc c’est cool ». Germain les bons tuyaux.

Avoir une grosse force mentale pour encaisser l’après-festival

C’est pas le tout de gérer l’avant-festival, « plus le début du festival approche, moins le temps passe vite » (Germain), ou de gérer pendant le festival « C’est vrai que physiquement ça peut être rude, surtout au troisième jour » (Marion). Car l’après-festival compte aussi. C’est même une étape clef qu’il va falloir encaisser pour rester saint de corps et d’esprit jusqu’à l’année prochaine. Marion : « Après les Trans je ressens un mélange de bonheur total et de nostalgie avec un petit pincement au coeur, parce que je sais qu’il va falloir attendre douze mois avant les prochaines Trans. (Et je me sens aussi fatiguée, évidemment. Et aphone, probablement.) » Germain : « Après je suis vraiment déphasé : j’ai pris un jour de congé le lundi après le festival histoire de récupérer, mais je sais que le mardi va tout de même être très très dur. Je suis aussi un peu déprimé parce que je me dis qu’il faut attendre 1 an avant de pouvoir y retourner… »

Avoir un blog pour faire des interviews

Comme tout fana de musique qui se respecte, Marion a tenu un blog. Ça lui a permis de se faire accréditer aux Trans mais aussi de garder un souvenir inestimable du DJ écossais le plus Famous du monde. « En 2007, je faisais des interviews d’artistes et pendant la conférence de presse de Calvin Harris, en rapport avec une de ses chansons, je lui ai fait remarquer que c’était un peu facile de dire qu’il aimait les meufs qui s’habillaient avec beaucoup de couleurs alors que lui-même était en total look noir ce jour là. Il a alors commencé à se dé-saper devant tous les journalistes qui étaient là, pour me prouver que j’avais tort. Avec le recul, ça me fait marrer que le DJ qui est aujourd’hui numéro 1 dans le monde se soit quasiment foutu en calbute devant moi. C’est juste dommage qu’il se soit mis à faire de la musique de merde entre temps, parce que son premier album était vraiment bien. »

Venir à velo

Germain préconise de se mettre en danseuse pour arriver aux Trans : « En fait le trajet jusqu’aux Trans est parfois aussi mémorable que le festival en lui même. Tous les ans on est une dizaine avec mes potes à faire le trajet entre Bruz et le Parc Expo à vélo, et il se passe toujours quelque chose d’énorme : chutes, déraillages, pauses rafraîchissantes, pertes des clés de cadenas, etc. Ça n’a pas l’air fou comme ça, mais ça nous donne toujours une quantité énorme d’anecdotes qui nous font bien rire le lendemain ».

Trouver Jean-louis et le suivre jusqu’au bout

106 groupes ? « Mais c’est impossible de tout voir ! » vous dites ? « j’y arrive » promet Jean-Louis Brossard, qui préconise d’aller voir un maximum de choses. La tactique ultime serait donc de le trouver et de le suivre. Mais attention, c’est quasi Mission Impossible : « Je cours vite. je suis dans le public, je regarde, j’écoute, je vérifie les éclairages, je peux aller voir le sondier si quelque chose ne va pas. Je suis un électron libre sur le festival. J’aime aller accueillir les artistes, leur dire bonjour, bienvenue au festival. Parfois je vais sur scène pour prendre le micro et dire « bonjour, bon concert» aux  festivaliers. Je fais faire des rappels… Mais le plus important c’est surtout d’aller voir tous les concerts ! C’est important, parce qu’un programmateur qui parle de groupes et qui ne va pas voir ses artistes, sincèrement… ils traversent la planète pour venir jouer, il faut tous aller les voir. Il faut marcher vite, et bien s’entraîner avant, voilà ».

Image de Une : © Maïté Grandjouan