Music par Baptiste Artru 29.11.2016

Ça y est, 40 ans d’archives punk ont cramé

Le meilleur des combustibles selon Joe Corré, ce sont des objets qui valent 6 millions d’euros dans leur totalité, tout ça pour fêter les 40 d’Anarchy In The U.K. des Sex Pistols et la mort du punk.

Ce qui est poussière redevient poussière, le samedi 26 novembre, des archives très rares du mouvement Punk sont parties en fumée, brûlées. Joe Corré, fils de l’illustre Malcolm McLarren, producteur des Sex Pistols et de la créatrice de mode Vivienne Westwood, a décidé de faire un ultime pied de nez à l’establishment, alors que le mouvement accuse le coup des 40 balais et la crise qui vient avec.

Cette crise de la quarantaine fait mal au punk, Boris Johnson, ancien maire de Londres et pro Brexit soutient, tout comme la reine Elisabeth II, l’expo Punk.London, qui célèbre cet anniversaire si particulier. Joe Corré, lui a décidé de laisser cramer les bougies et le gâteau qui va avec.

« Le punk est mort »

Le 26 novembre sur un bateau au milieu de la Tamise, Joe Corré a brûlé pour 6 millions d’euros d’archives punk selon une estimation, le tout au milieu d’un feu d’artifice. Joe fulmine, car il voit depuis des années l’establishment s’approprier cette contre-culture. Dans une conférence de presse tenue jeudi 24 novembre, il a déclaré : « Je me demandais depuis longtemps que faire de tout ça et je crois que c’est l’occasion de dire que le punk est mort […] Arrêtez de faire croire à la jeune génération qu’elle a voix au chapitre sur des choses qu’elle ne peut pas connaître. Ce n’est pas vrai. Tout ça est mort, et il est temps de penser à autre chose« . Un point pour Joe.

La symbolique de l’acte est plus importante que l’acte en lui-même.

Comme Joe le dit, le punk est aujourd’hui un outil marketing, il est donc devenu un non-sens. Comme si on faisait la guerre au nom du mouvement hippie, ou de la religion… « L’establishment a estimé qu’il était temps de célébrer le mouvement. Il tente de le privatiser, de le mettre en boîte, de le châtrer. Il était temps de tout mettre au feu » fulmine l’ultime punk dans une interview au Times. Après avoir allumé les vestiges d’une époque maintenant révolue, Joe Corré ré-assène son discours sur le punk qui « est désormais devenu un nouvel instrument de marketing pour vous vendre une chose dont vous n’avez pas besoin. L’illusion d’un autre choix. La conformité sous d’autres atours« . Il faut quand même se rendre compte du truc, la Reine soutient aujourd’hui un mouvement qui la déteste ou du moins détestait, il suffit de réécouter « God Save the Queen » façon Sex Pistols. Dans un dernier acte punk, Joe a donc mis fin à un mouvement, avec ce grâce à quoi il avait commencé, une étincelle.

Via – Le Figaro (pour les traductions)