Music par Gaspard Labadens 18.11.2016

Cohérent et paradoxal : le nouveau Justice est là !

Cohérent et paradoxal : le nouveau Justice est là !

Ladies & Gentlemen : « Woman » est en écoute 

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Le troisième album studio du tandem le plus hype du label Ed Banger est enfin là. Il n’y a pas toujours de justice dans ce bas monde, mais dans le monde de Justice il y a du groove, une patte french touch, et des morceaux comme « Alakazam », qui malgré son nom de pokémon tabasse bien comme il faut. Bref, Gaspard et Xavier sont à l électro disco ce que la TR-808 est aux boîtes à rythmes. TR-808 dont le tandem s’est d’ailleurs servi pour fomenter « Woman » un album à l’image de la Femme, donc, à la fois déroutant et prévisible, cohérent et paradoxal, mais surtout intemporel.

« Le puceau ne te quitte jamais »

On sent rapidement un opus qui se veut plus fédérateur, mais aussi plus mature que Cross (2007) ou Audio, Video, Disco (2011). Loin de la jeunesse fougueuse et des soirées raclettes qui les ont conduit au succès, le tandem trentenaire a aujourd’hui le recul nécessaire pour évoquer un sujet de société actuel : le retour bredouille de soirée. « On écoute beaucoup de sons qu’on appelle entre-nous la musique de gentleman puceau », confiait récemment Xavier de Rosnay à Mouloud Achour. Le journaliste enchaînera : « Le puceau ne te quitte jamais ». De quoi nous éclairer un peu plus sur le titre « Randy », qui signifie littéralement « excité ».

Une créativité photosensible et un album coloré

Woman s’avère également plus coloré que ses prédécesseurs, comme le précisent les deux loustics : « On a enregistré notre premier album dans l’actuel Silencio, c’est à dire, pour ceux qui connaissent, au troisième sous-sol du Social Club à Paris. C’était dans une pièce minuscule. Pour celui-ci, on était dans notre appart’ à Paris, à la lumière du jour, quand on en avait marre on allait se balader au marché ». La créativité des protégés de Pedro Winter serait donc hautement photosensible. L’ouverture « Safe And Sound » fait effectivement plus écho à la chaleur de « D.A.N.C.E. » qu’à l’obscurité de « Stress ».

Une violence mesurée pour ne pas brusquer « Woman »

On retrouve donc nos deux stars de l’electro dans un registre qu’on leur connaît, du moins dans sa version plutôt gentille. Certains fans qui aiment quand ça tabasse regretteront peut-être d’être surpris mais pas choqués, emportés mais pas transcendés par un 10 titres plus réfléchi et moins spontané que par le passé. Les morceaux sont en effet plus longs, plus aboutis. « Chorus » et « Heavy Metal » raviront tout de même les amateurs de remuage sonore. La violence est là mais mesurée, il ne faut pas brusquer « Woman ». Une musique imparable qui n’est pas prête d’être battue, même si tout le monde lève la main sur elle.