Music par Manon Chollot 24.11.2016

Ces disquaires qu’on rêverait de voir débarquer en France

Ces disquaires qu’on rêverait de voir débarquer en France

Petit tour d’horizon de nos shops préférés à travers le monde.

La rumeur enfle depuis quelques semaines déjà : le célèbre disquaire londonien Rough Trade pourrait revenir à Paris le premier week end de décembre avec deux jours de concerts et de ventes de galettes. C’est à l’occasion du MaMA Festival que Matthieu Pigasse – coactionnaire (entre autres) du groupe Le Monde – en a fait l’annonce. Il déclarait alors : « Nous sommes en discussion avec Rough Trade pour en effet rouvrir un magasin à Paris d’ici l’été prochain. » L’annonce a évidemment ravivé l’amour pour cette boutique (anciennement située rue de Charonne) dans le cœur des diggers, mais doit également faire frémir les disquaires parisiens et français.

Paris n’est, en effet, pas en reste sur le marché du disque. Avec le grand retour du vinyle opéré depuis cinq ans, des boutiques indépendantes ouvrent partout dans la capitale (et en banlieue) qui comporte déjà, il faut bien le reconnaître, un grand nombre d’excellents shops. On en compte désormais plus de soixante-dix dans Paris, affiliées au CALIF (le Club Action des Labels Indépendants Français). Parmi eux, l’inégalable Ground Zero situé dans le Xe arrondissement, L’International Records dans le XIe arrondissement, Born Bad Records, la caution rock’n’roll de la bande, située à côté de Bastille ou encore La Fabrique des Balades Sonores, dans le Xe.

Pour ce qui est du reste de l’Hexagone, feu Rennes Musique – situé à Rennes, comme son nom l’indique – restera pour beaucoup le meilleur disquaire de France et aura trouvé en Blind Spot un digne successeur ; Toulouse est plutôt bien équipée avec un grand nombre de disquaires indépendants et associés qui lui confèrent le titre de deuxième ville de France après Paris en nombre de disquaires. Et puis, Brest a Bad Seeds Records, Clermont a Spliff Ministore, Marseille a Galette, Lille a Minor Place Records

Néanmoins, on s’est amusé à dresser la liste des disquaires présents dans le monde entier que l’on rêverait de voir arriver en France.

  • Hard Wax, Berlin 

Depuis vingt-cinq ans, Hard Wax est le rendez-vous de tous les amoureux de la musique électronique vivants à Berlin ainsi que de tous les touristes de passage dans la capitale allemande. Fondé à l’aube de la révolution techno en 1989 par Moritz Von Oswald et Mark Ernestus (qui officiaient alors sous l’alias Basic Channel), la boutique située dans le quartier désormais ultra-gentrifié de Kreuzberg offre un immense panel de galettes techno et house et aura indéniablement permis d’ancrer la techno venue tout droit de Detroit dans la culture berlinoise. Pour l’anecdote, Marcel Dettmann ou encore Modeselektor y ont fait leurs armes en tant que vendeurs. Pas besoin de chercher plus loin d’où ces producteurs tiennent leurs connaissances pointues en musique électronique !

Si vous êtes de passage à Berlin, faites aussi un saut à Muting The Noise, la boutique du label Innervisions également située dans le quartier de Kreuzberg. Le système son et le DJ booth viennent d’être entièrement rénovés et Muting The Noise ressemble désormais presque plus à un club qu’à un shop !

  • Kompakt Record Store, Cologne

Restons encore un peu en Allemagne et allons faire un tour du côté de Cologne, ville sur laquelle règne sans pression Michael Mayer et son label-distributeur-agence de booking-magasin de disques Kompakt. Avec une telle hégémonie depuis vingt ans, Mayer et sa bande y vendent aussi – leurs propres productions évidemment (on parle tout de même de The Orb, Superpitcher, Weval, John Tejada…). Mais, ô merveille, il s’avère que l’on peut également trouver dans les bacs de Werderstraße ce qui ce fait de mieux actuellement dans le merveilleux monde de la techno et de la house avec des labels comme I’Am A Cliché (le label de Cosmo Vitelli), Kill The DJ (celui d’Ivan Smagghe), Correspondant (celui de Jennifer Cardini) parfaitement bien représentés, mais également le label foutraque de Mathias Aguayo (Comeme), celui plus minimaliste de Tale of Us (Life and Death) et le label bourrin affilié au Berghain (Ostgut Ton). Et puis qui sait, vous aurez peut-être la chance de croiser Michael Mayer et de discuter avec lui, l’endroit regroupant toutes les filières de Kompakt en ce même lieu.

  • Red Light Records, Amsterdam

Vous l’aurez compris, ce disquaire se situe dans une ancienne vitrine de la Rue Rouge d’Amsterdam (le red light district, réputé pour ses relations tarifées). De l’ancien lieu, les nouveaux propriétaires (encouragé par le gouvernement qui souhaite donner un nouveau souffle au quartier) n’en ont gardé que les néons et les murs d’un rouge sang. À l’intérieur, ce sont principalement des disques d’occasion que vous pourrez chiner, et parfois des sorties un peu plus récentes de petits labels amstellodamois et d’amis de la boutique. Et si c’est votre jour de chance, vous pourrez peut-être tomber sur un enregistrement d’une émission de radio, car c’est le lot de Red Light Records de proposer des vinyles, mais aussi des lives – retransmis bien souvent en direct sur Facebook.

  • Phonica Records, Londres

Situé dans le quartier branché de Soho, Phonica Records est un passage obligé dans la vie d’un digger. Ouverte en 2003 alors que l’économie du disque est au plus bas, la boutique aura su remonter une pente pourtant bien savonneuse… et même plus ! Son succès, c’est en partie à son patron Simon Rigg que Phonica Records le doit. Non content de faire la part belle à la techno et la house, l’homme a toujours eu pour crédo de s’ouvrir à un maximum de genres plus ou moins éloignés de l’électronique. C’est simple, les trois copains Floating Points, Caribou et Four Tet y ont leurs petites habitudes ! Pas grand-chose donc à ajouter après cela à part peut-être qu’en plus d’offrir un large panel de choix en vinyles, Phonica Records propose aussi une multitude de petits events liés à la musique, de petites soirées entre labels aux des lives endiablés. Pensez-y lorsque vous passez dans la capitale britannique !

  • Snickars Records, Stockholm

Snickars Records est une autre étape au cours du pèlerinage des diggers de bon son. Caché à l’étage inférieur d’une galerie d’art, la discrète boutique fondée par le producteur Mika Snickars vous accueille entre ses murs et propose un choix gigantesque de vinyles allant de l’électronique à la soul en passant par la dance, le disco, le jazz, la pop – de première ou de seconde main. Snickars Records propose également un large choix de productions d’artistes suédois. Là encore, vous pourrez peut-être tomber sur l’enregistrement d’une live session. Un endroit pour digger donc, mais aussi pour écouter du bon son et chiller entre initiés.

  • Disk Union, Tokyo

Ce n’est pas une, mais bien trois shops Disk Union qui se trouvent à Tokyo. Le premier (sur huit étages !) se situe dans l’arrondissement de Shinjuku, le second à Shibuya, le troisième à Ochanomizu. Inutile de préciser qu’il vous faudra donc de longues heures disponibles devant vous afin de parvenir à digger entièrement les trois corners japonais. Heureusement pour vous (et il fallait s’y attendre avec une firme japonaise), les nombreux étages de chaque boutique sont parfaitement ordonnés et rangés par genre musical. Un premier étage vous proposera ainsi du hip-hop ; gravissez quelques marches et vous vous retrouverez dans le rayon dance, grimpez encore dans les étages et vous arriverez très vite dans les rayons metal, soul, jazz… Une merveille de rangement qui vous évitera de digger durant des heures dans des bacs qui ne vous intéressent pas.

  • Dusty Groove, Chicago

Cette dernière boutique que nous vous présentons s’adresse tout particulièrement aux aficionados de musiques afro-américaines (soul, funk, disco). Si ce n’est pas le cas, vous devriez passer votre chemin… ou bien peut-être y passer une tête tout de même et, qui sait, tomber amoureux de ces genres musicaux. Ouverte en 1996, la boutique a succédé à un premier shop (en ligne celui-ci) lancé par Rick Wojcik et JP Schauer. Chemin faisant, les patrons se sont récemment lancés dans une nouvelle aventure avec la création d’un label à l’origine de la réédition de dizaines de pépites soul et funky à souhait. Dusty Groove reste, quant à elle, une pièce maîtresse de la distribution de vinyles dans la capitale de la house.

Et histoire que même en vacances, vous ne soyez jamais en manque de vinyles, rappelons qu’une map regroupant un maximum de shops dans le monde est disponible à cette adresse. Bon digging !