Music par Manon Chollot 13.11.2016

Bromance Records : déjà cinq ans d’amour, de potes et de son

À l’occasion des 5 ans de Bromance Records, retour sur l’histoire du fameux label dont on peut être fier.

Chez Bromance, ce n’est pas le linge sale qu’on lave en famille, c’est plutôt les disques que l’on produit. Opérons un petit retour en arrière histoire de remettre les choses en place. En 2011, sous l’impulsion du producteur Louis Rogé, alias Brodinski, et de son manager Manu Barron – également à l’origine de l’institution parisienne du Social Club -, naît un petit label : Bromance Records ou BMC pour les intimes.

Bromance Back Patch Final

Pour comprendre à quoi s’en tenir, il faut se référer à la définition même de la bromance, à savoir « une relation amicale très forte entre deux hommes. » Soit l’essence même de Bromance Records puisqu’en fondant le label, Brodinski souhaite donner une nouvelle impulsion à la carrière de ses copains. Parmi eux Yuksek (avec qui il a formé le duo éphémère The Krays en 2010), Noob (à qui l’on doit Peanuts Club, un maxi sorti en commun en 2009) ou encore Guillaume Brière (l’une des deux têtes de The Shoes avec qui Brodinski forme le duo Gucci Vump). Dès lors, on comprend que les ambitions des deux fondateurs de Bromance sont de faire la part belle à leurs amis et de leur offrir une plateforme qui leur permettra de sortir en toute confiance leurs futures productions.

« quelque chose de nouveau, avec les gens qu’on aime« 

Brodinski défendait d’ailleurs cette idée à l’époque : « La passion de la musique, la volonté d’aider les gens qu’on apprécie, dont on aime la musique. L’expression Bromance pour moi, c’est une romance entre potes: une histoire d’amour de la musique, via les collaborations et le travail à plusieurs. Je lance ce label avec mon manager Manu Barron avec qui c’est bien plus que seulement du business; c’est aussi pour ça qu’on a voulu monter ce label ensemble. On a décidé de commencer cette aventure pour pouvoir mettre en avant la musique qu’on défend, quelque chose de nouveau, avec les gens qu’on aime. »

C’est ainsi que le Lyonnais Gesaffelstein, l’Américaine Louisahhh (qui possédait alors encore ses !!!) ou encore les Lillois foutraques de Club Cheval, tous proches de Brodinski, rejoignent les rangs de l’écurie. C’est d’ailleurs à Gesaffelstein et à Louisahhh que revient l’honneur de sortir le premier disque du label en novembre 2011. Autour de cette clique gravite également d’autres électrons libres français : Surkin – sous ce nom ou sous son pseudo Gener8ion -, mais aussi Para One – qui répond à l’appel des soirées estampillées Bromance – ou encore Woodkid – sur des collaborations avec la petite bande.

Un catalyseur de talents

Non content de faire croquer les copains, Brodinski semble s’être également donné pour mission de découvrir des talents émergents de la scène électronique et c’est tout à son honneur puisque grâce à ses excellentes compilations Homieland (au nombre de deux pour le moment), le producteur rémois a réussi à mettre en émoi la population française en mettant en lumière des producteurs jusqu’alors peu ou prou connus tels que Monsieur Monsieur, mais pas que…

La première compilation composée quasiment entièrement d’inédits et sortie en 2014 se divisait ainsi en deux disques, l’un pour la « family », l’autre pour les « friends » et nous présentait par exemple le producteur originaire de Baton Rouge Suicideyear et le duo de Los Angeles Pipes. La seconde compilation, plus sombre et sortie en ce début d’année faisait encore plus fort en nous introduisant, sur plus de la moitié des morceaux inédits de l’album, à de petits producteurs venus de France (le mystérieux et génial duo The Blaze originaire de Dijon et de Paris qui compose avec « Virile » l’un des morceaux les plus touchants et les plus sincères de l’album) ou bien rapatriés pour l’occasion des États-Unis.

En cela, Homieland vol. 2 tente de tisser des liens entre des genres musicaux de prime abord fort éloignés de la ligne directrice du label, mais, lorsque l’on y réfléchit bien, pas tant que ça : rap + house, techno + trap… tout cela étant la projection sur wax de l’esprit bouillonnant du patron de label, presque plus inspiré par la musique américaine que française.

Un virage hip-hop

À l’origine désigné digne héritier de la French Touch, car orienté principalement techno et house, Bromance Records a très vite réussi à sortir de ces carcans qui pourraient être contraignant ou réducteur en se diversifiant et s’ouvrant non plus seulement à la musique électronique, mais aux genres parallèles sus-cités (rap, trap, footwork…). L’année dernière, en 2015, Brodinski sortait ainsi son tant attendu premier LP Brava qui avec ses références bien plus proches du rap d’Atlanta que de l’électronique des Daft Punk en aura désarçonné plus d’un. Pourtant, il ne fallait pas y voir une nouvelle lubie du producteur x boss du label, mais bien une nouvelle étape dans la continuité des projets déjà entamés par Brodinski quelques années auparavant. En 2011, il expliquait en effet que son duo Gucci Vump allait offrir une grande place à des influences piochées dans le rap de Houston et de Memphis et chez DJ Screw.

Bromance US, Kanye West et Kaytranada

Et puis, en fondant en 2013 une filière Bromance US afin de faciliter le développement d’artistes américains et en passant le plus clair de son temps au pays de l’Oncle Sam, il fallait se douter que le Rémois allait revenir les oreilles gorgées de références hip-hop et le cerveau en ébullition. C’est d’ailleurs lui-même qui donnera sa chance à un petit bedroom producer alors encore inconnu de tous et devenu aujourd’hui l’un des beatmakers les plus demandés. On parle bien évidemment de Kaytranada qui s’est en partie fait connaître dans l’hexagone grâce à son titre « Free Things in Life » paru sur la dixième sortie du label.


Sans oublier que Brodinski a également eu l’honneur de travailler sur l’album Yeezus du sacro-saint Kanye West en produisant « Black Skinhead » avec Daft Punk et Gesaffelstein et « Send It up » toujours avec son pote de longue date.

Désormais, Bromance Records pèse dans le rap game et peut compter sur le soutien de Theophilus London (Bromance #11), mais aussi celui de Danny Brown et plus récemment sur Myth Syzer et Ikaz Boi (Bromance #27) qui officiaient jusqu’alors en solitaire pour infuser leur rap dans ses mailles. Un bel exemple de réussite France-USA.

La fête des 5 ans à Paris

Histoire de fêter en grande pompe ses cinq ans, Bromance Records a prévu une petite sauterie le 26 Novembre prochain. Une bonne occasion de les remercier pour les pépites qu’ils nous ont fait découvrir et pour leur souhaiter autant de réussite pour les cinq années à venir ; le tout en la présence des têtes du label, mais également de Zdar, So Me, DJ Kore, Solo, Louise Chen et bien d’autres. Bon anniversaire, Bromance !

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