Music par Mathilde Martin 13.11.2016

Le trainspotter, ce prodigieux « maniaque »

Le trainspotter ou ferrovipathe est un grand passionné de trains et des chemins de fer. Le genre de personne qui photographie les locomotives, note leur numéro de série voire leurs heures de passage. Bref, il collectionne toute les informations possibles et imaginables autour de l’univers ferroviaire. Mais le terme a par la suite été repris et détourné pour servir dans le jargon musical.

Comme l’explique très bien Serge Coosemans dans son Glossaire du DJ (Broché), le trainspotter est une espèce de Shazam ou de Soundhound humain. Ceux qu’on appelle des trainspotters sont des « maniaques qui, plutôt que de danser, préfèrent traîner autour du deejay et observer d’un air impénétrable le moindre de ses mouvements, afin d’y récolter, en principe, des informations sur les disques qu’il joue et les techniques qu’il utilise. » Titre, producteurs, date de sortie, le trainspotter est une véritable encyclopédie musicale, un roi du track ID, capable de reconnaître un morceau dès ses premières notes et d’en dresser le portait sans difficulté. Obsessions ou pulsions géniales, leurs connaissances sont sidérantes et ont donc généré le pendent péjoratif à ce terme « qui désigne plutôt un simple geek qu’un véritable érudit de la nuit. »

Aucun rapport immédiat, donc, avec le Trainspotting que tout le monde connaît. Le premier roman d’Irvin Welsh adapté au cinéma par Danny Boyle, trouve son titre dans une définition d’un tout autre genre, plus proche du « ferrovipathe », mais ça reste une bonne excuse pour se réécouter la bande son du film.