Music par Grégoire Belhoste 01.11.2016

Oldies but goodies : les plus grands hits de 1996

Oldies but goodies : les plus grands hits de 1996

Pour le meilleur comme pour le pire, les singles font la bande son d’une époque. Tubes solides ou plaisirs coupables, que pouvait-on bien écouter vingt ans en arrière, au temps du CD de deux titres ? Réponse en chansons, avec une chronique titre par titre de l’inestimable compilation Hits 1996.

1) « Fu-gee-la » [The Fugees]

Premier single du classique The Score, « Fu-gee-la » reste l’un des morceaux inoubliables du trio new-yorkais. Rien de tel en effet pour marquer les esprits qu’une production du hit-maker Salaam Remi sur laquelle Lauryn Hill pose un bijou de refrain. En bonus, un remix du duo jamaïcain Sly & Robbie où perce la voix d’un Akon encore tout jeune.

2) « Virtual insanity » [Jamiroquai]

En quatre albums à l’efficacité imparable, Jamiroquai aura fait gigoter les nineties. Mieux, avec « Virtual Insanity », le groupe mené par Jason Kay offre à l’été 1996 sa bande-son groovy. Cerise sur le gâteau, un superbe clip où le chanteur britannique glisse durant près de quatre minutes dans une pièce vide, coiffé d’un imposant couvre-chef. Chapeau.

3) « Falling into you » [Céline Dion]

La décennie 90 fut peut-être avant tout le royaume des chanteuses à voix québécoises. En témoigne les quatre minutes de « Falling into you », balade mièvre signée Céline Dion et premier single d’un disque du même nom classé 97ème album le plus influent de tous les temps par la National Association of Recording Merchandisers. Ce qui vaut bien un solo de saxo dégoulinant de kitsch.

4) « Lemon tree » [Fool’s garden]

Dans la mémoire collective, Fool’s Garden demeure la définition parfaite du « one hit wonder ». Tout avait pourtant bien commencé : en 1996, ce groupe allemand se fraie une place de choix dans les charts européens avec le tube « Lemon Tree ». Puis plus rien. Si ce n’est un secret de fabrication, dévoilé en 2011 : « Lemon Tree fut écrite en 20-30 minutes, montre en main : un moment de grâce pour l’histoire de notre groupe ».

5) « Anything » [3 T]

Dans la famille Jackson, demandez les neveux. Membres des 3T, Taj, Taryll et TJ, ne sont autre que les enfants de Tito Jackson, frère du King of Pop. D’où ces filets de voix pleines de niaque et ces chemises blanches déboutonnées rappelant vaguement leur défunt oncle. Qui enregistrera d’ailleurs un titre avec les trois marmots sur leur album Brotherhood. Si si la famille.

6) « Return of the mack » [Mark Morrisson]

Une femme aux cheveux courts, un gant en cuir noir et une paire de menottes. Dès la pochette du single, le ton est donné : le Mac fait son retour, et ce n’est pas pour causer d’amour sur un lit de pétales roses. Autour d’un sample du Tom Tom Club, le chanteur Mark Morrison explique qu’il revient brancher les plus belles pépées. Ce qu’il convient d’appeler un égotrip R’n’B.

7) « Always you » [Sophie Zelmani]

A l’aube du troisième millénaire, qui se souvient encore de Sophie Zelmani ? Pas grand-monde, soyons francs. Et pourtant, on doit à cette Suédoise à la bouille d’ange un morceau sur la BO d’Independence Day, mais aussi une balade romantico-acoustique sobrement intitulée « Always You ». Qu’importe si le public français snoba ses autres projets, la belle scandinave reste encore et toujours une star au pays.

8) « Sambolera mayi son » [Khadja Nin]

Pour Khadja Nin, le passage à l’an 2000 fut difficile à négocier. Tombée dans les oubliettes de la pop, cette fille d’un ministre de l’Intérieur burundais est pourtant derrière l’entêtante « Sambolera mayi son », rengaine world aux faux airs de Sade. Aux dernières nouvelles, la dame serait aujourd’hui mariée avec le pilote automobile belge Jacky Ickx.

9) « Tu compliques tout » [Pascal Obispo]

« Evanescente, ton omniprésente, indifférence c’est ta différence, et ma défaillance plus qu’indécente, si renversante, mais comment faire ? » Il y a vingt ans, Pascal Obispo, encore chevelu et porté sur les vestons, compliquait déjà tout, mêlant son goût pour la belle pop façon Polnareff à la variété française la plus bas du front. Dur à suivre.

10) « Paris a le blues » [Mad In Paris]

Si comme l’évoque Booba, « NTM, Solaar, IAM : c’est de l’antiquité« , que dire de « Mad In Paris » ? Paléolithique ? Dernière période glaciaire du rap français ? Quoi qu’il en soit, le groupe a eu le mérite de pondre Paris a le blues, classé pendant 13 semaines dans le hit-parade hexagonal. Mais surtout de débuter son hit par l’indémodable formule « Relax max et cool Abdoul ».

11) « Balance-toi » [Reciprok]

https://www.youtube.com/watch?v=u7GVAJ__QOc

Sur le morceau « Paradisiaque », MC Solaar se targue d’offrir le bonheur « comme un clip de Reciprok« . Bien vu : la vidéo de « Balance Toi » narre l’histoire d’une sauterie mêlant lascars et jeunes gens bien nés dans un pavillon de banlieue, le tout dans une ambiance de sitcom AB. Simple, mais funky.

12) « Feels like a woman » [Zucchero]

En italien, Zucchero signifie “sucre”. Rien d’étonnant, tant le chanteur a pris la fâcheuse habitude à déverser des litres de sirop de glucose dans ses ritournelles. La preuve, une fois de plus, avec « Feels like a woman », interminable slow retenu pour la BO de la comédie romantique French Kiss, dans laquelle joue – années 90 oblige- la blondinette Meg Ryan.

13) « Spaceman » [Babylon Zoo]

Entre le tube « Spaceman » et la pub Levi’s pour laquelle il a servi de bande-son, difficile de savoir qui a le plus vieilli. Mais l’essentiel n’est pas là : au moment de sa sortie, le premier single de ce groupe britannique s’écoule en France à 250 000 d’exemplaires en quelques jours, puis squatte la première place des hit-parades dans près de vingt-trois pays. La suite ? Un retour progressif vers l’oubli.

14) « Le Brio (branchez la guitare) » [Big Soul]

« Je suis allergique au jazz » ou « je préfère le rock à la musique classique » fredonné dans la langue de Molière par une chanteuse venue de Los Angeles à la blondeur toute californienne. Sous ses airs de tube sans prétention, la scie pop punk Le Brio séduit avec son zeste d’impertinence. Suffisant pour conquérir le public hexagonal, pas assez pour se frayer une place dans les annales du rock.

15) « Charmless man » [Blur]

Clin d’œil au « This Charming Man » des Smiths, riff sautillant, Damon Albarn plus tête à claque que jamais : « Charmless Man » sonne aujourd’hui encore comme un parfait condensé de ce que la brit-pop a pu offrir de meilleur. A tel point que le frontman de Blur affirma peu après que le morceau signait pour eux la fin du genre. Comprendre : le début d’autre chose.

16) « Peaches » [The Presidents of the USA]

Est ce bien raisonnable d’appeler son groupe “les présidents des Etats-Unis d’Amérique”, de choper un riff à Bad Company puis de clamer dans un refrain que l’on s’apprête à « manger beaucoup de pêches » ? La question reste en suspens. Seule certitude, cela suffit visiblement pour apparaître dans le classement Billboard et se voir nommé aux Grammys Awards.

17) « Not an addict »[K’S Choice]

Après Jacques Brel, le déluge ? Voilà qui n’est pas tout à fait exact. Car la Belgique a aussi vu naître en son sein le groupe rock K’s Choice, ayant cartonné un peu partout en Europe avec son tube « Not an addict » en 1996. Soit trois minutes de complainte rock gémissante taillée pour les radios. Rectifions : après Jacques Brel, le rock FM.

17) « Love me for a reason » [Boyzone]

S’il fallait ne retenir qu’un seul boys band des années 90, ce serait sans doute Boyzone. Raie au milieu, chemise à col pelle à tarte, voix de fausset, clip à bougies et montée de cuivres synthétiques : rien ne manque dans la bluette Love me for a reason, fascinante reprise d’un certain Johnny Bristol. L’arme fatale pour galocher en boum.

18) « Children » [Robert Miles]

Robert Miles est peut-être la meilleure chose qui soit arrivée à la sécurité routière dans les années 90. Derrière son track « Children », une louable intention : offrir aux DJ’s un morceau qu’ils pourraient jouer en fin de set pour calmer les fêtards avant qu’ils ne prennent la voiture. Ainsi la “dream trance” sauva des vies, des platanes et des carrosseries d’auto.

19) « Soirée disco » [Boris]

Classique parmi les classiques, Soirée disco de Boris demeure la Madeleine de Proust ultime de bon nombre de soirées de trentenaires. Quatre minutes frénétiques durant lesquelles le DJ Philippe Dhondt répète des bribes de phrases quasi incohérentes, mais néanmoins entraînantes. Signe qui ne trompe pas, Arthur choisit la chanson comme générique pour son émission karaoké La Fureur du samedi soir.