Pitchfork par Mathilde Martin 31.10.2016

Pitchfork 2016 : Abra emballe le troisième jour

Pitchfork 2016 : Abra emballe le troisième jour

La « darkwave duchess » a été la première à vraiment apprivoiser le public pitchforkien lors du samedi de cloture.

Jogging sur collants résilles, veste de moto tricolore sur brassière virgulée, nattes blondes et virevoltantes… Abra a débarqué ultra-lookée et surtout en pleine forme sur la scène du Pitchfork Music Festival Paris. La beauté guyano-haïtienne fut celle qui lança véritablement les hostilités du troisième et dernier jour du festival (samedi 29 octobre). Comme sa bonne pote Tommy Genesis lors du second soir de l’Avant-Garde, la jeune femme a su enfiévrer un public resté très calme jusqu’ici.

29102016-_mg_2721Photo © Sarah Bastin

Il n’est pas loin de 22h30 lorsqu’Abra entre sur la plus petite des deux scènes du Pitchfork à Paris où s’ammasse une foule de plus en plus dense. Les balcons eux aussi sont pris d’assaut lorsque la voix de la chanteuse résonne enfin, comme un écho libérateur dans la Grande Halle de la Villette. Puis un beat part, c’est ce lui de « Love & Power » extrait de son premier EP BLQ Velvet (2015). La « duchesse de la dark wave » est droite devant son micro et dandine d’abord timidement du bassin. Quelques secondes passent et la confiance est déjà là : le déhanché d’Abra est complètement assumé. Au même titre que celui du public d’ailleurs. Lui qui était plutôt du genre passif jusque-là prend enfin ses aises et se laisse aller à quelques mouvements qu’on n’attendait plus. « What’s up Paris ? Are you ready to party ? ». Affirmation générale. Enfin, Paris s’éveille.

29102016-_mg_2729Photo © Sarah Bastin

Elle enchaîne alors sur « I Guess » (BLQ Velvet). Aussi charmante que dans ses clips, elle hypnotise totalement son auditoire en folie ne serait-ce que lorsqu’elle fait tomber sa veste de cuir. À voir les regards rivés sur la scène on comprend très vite ce qui passe par la tête des uns et des autres. Mais Abra comme n’importe qui ne se résumera jamais à son physique. La chanteuse dégage une fraîcheur folle sur scène, tant dans son comportement que dans sa voix. Elle occupe généreusement l’espace avec une facilité folle, et offre de jolies montées dans les aigues comme sur le hit « Roses » tiré de son second EP Rose sorti lui aussi en 2015.

29102016-_mg_2937

Photo © Sarah Bastin

« Roses » est d’ailleurs l’un des morceaux qui nous fait comprendre que le public pitchforkien connait bienlesujet Abra. Ce soir là, on a eu le droit à une foule de connaisseurs, acclamant chaque lancement et chantant chaque refrain comme des fans à un concert de Johnny (sans oser comparer cette perle venue d’Angleterre à notre Johnny national). Abra est une véritable pile électrique et ne peut s’empêcher de servir un déhanché bien à elle dès que l’occasion de présente. Elle donne l’exemple au public qui vu du haut ressemble de plus en plus à un casting géant pour un clip 90’s des TLC. L’ambiance est détendue mais guillerette, certainement grâce à l’aura que la jeune femme dégage, toujours souriante lorsqu’elle s’adresse à son public.

Les morceaux passent et la duchesse décide d’attaquer son troisième et dernier EP Princesse sorti en juillet dernier. On n’aura droit qu’aux titres « CRYBABY » et « THINKING OF U » entrecoupés par  « U Kno » (Rose), « Needsumbody » et « Pull Up » (Princess). Pitchfork oblige des bouts de foules commencent à se diriger vers la scène jumelle dès les vingt dernière minutes de concert – M.I.A. se prépare à enchaîner-, mais quelques irréductibles restent jusqu’à la dernière chanson qu’Abra annonce avec humilité. « Thank you very much, I have a great time. I have one more song for you and I hope you enjoy it ». Elle propose au public de chanter avec elle une dernière fois sur « Fruit » (Rose) réponse légère mais bienveillante. Abra clôt le show en donnant de la voix sur des « Nonono no noo », déclare sa flamme à Paris et lui envoie deux baisers et quitte la scène le sourire aux lèvres.

Pour en savoir un peu plus sur cette seconde nuit au Pitchfork Music Festival Paris :

- Crédit photo : © Sarah Bastin