Music par Greenroom 30.10.2016

Pitchfork 2016 : M.I.A., M.C.D.E et le meilleur changement d’heure de l’histoire

Pitchfork 2016 : M.I.A., M.C.D.E et le meilleur changement d'heure de l'histoire

Samedi soir, bon soir !

Prologue :

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Photo : © Sarah Bastin

Thanks to Abra et M.I.A. le devoir de mémoire n’a jamais été aussi sexy. Warpaint ? Si vous les réduisez à un groupe de nanas vous pouvez les ranger derrière Savages. Tout a donc vraiment commencé avec la séance de gym d’Abra qui a redéfini la notion de « déhanché » armée d’une simple brassière et d’un courage tout à fait égoïste. Ça la rendait sûr d’elle, c’est tout ce qu’on demande aux machines à rêve qui montent sur scène.

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Photo : © Sarah Bastin

La tête d’affiche quant à elle avait les yeux vitreux. M.I.A. avait la grippe. Plusieurs fois des larsens puissants comme des maux de dents ont foutu la rage à tout le monde. Spécialement celui qui a déchiré « Paper Planes », le tube qui a su faire ce que les autres morceaux n’ont pas réussi : ambiancer cette « motha fuckin’ crowd » qui mettait enfin ses « motha fuckin’ hands in the air« . La reine cabalistique s’est abstenue de tout discours édulcoré censé accompagner son art engagé. Ça avait de la gueule quand même.

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Photo : © Sarah Bastin

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Photo : © Sarah Bastin

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Photo : © Sarah Bastin

Arrive le moment de se dire qu’on a vu la star, qu’une case de plus est cochée. L’esprit divague et on regarde ce type. Yanis, qui danse comme un dieu. Il a eu la mauvaise idée de porter un bombers et la bonne de jeter son t-shirt sur scène pour que M.I.A. le chope et le fasse tournoyer vers le néant. Il connaît toutes les chansons par cœur mais n’a plus rien sous sa veste. Il crève de chaud. ( si ça vous intéresse sachez que dans le métro de 5h30 il s’est retrouvé avec un T-shirt Snoop Dog et plus de veste. Voilà).

Changement d’heure, changement de réalité.

Ce que M.I.A. n’a pas su faire adopter l’electro l’imposera. Pas dés Acid Arab mais avec Motor City Drum Ensemble et jusqu’à la fin. La Britannique avait pourtant harangué le peuple Pitchfork pour qu’il saute, se bouge et transpire tout ce qu’il a. Mais on est à Paris. Alors il faut des grosses basses cérébrales sur des rythmiques tantriques pour que ça se décadenasse.

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Photo : © Sarah Bastin

Bien planqué derrière sa belle gueule de diggueur, MCDE ne montre que son ombre et s’empare de la vôtre pour que vous deveniez enfin maboule. Ce pourquoi vous êtes venu, rappelez-vous.

La Grande Halle de la Villette s’enfonce dans le sol, plus personne ne se regarde, tout le monde est devenu beau grâce à l’envie de rester là à jamais. Que cet immense Club devienne notre cercueil. R.I.P. Rest in Party.

Et tout à coup la panique. MCDE a commencé à 1h40. Il est 2h05 et le programme stipule que Daphni enchaîne à 2h15. Des mecs malins s’organisent : « Là on est là, mais il va y avoir Daphni sur l’autre scène. On y va maintenant comme ça on sera devant ! ». Mauvais calcul.

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Photo : © Sarah Bastin

Désormais et pour le reste de la nuit, les concerts s’enchaînent sur la scène principale. La scène Nord. On garde le Nord et c’est ce qui va sauver la soirée. L’étoile polaire indique le Nord parce qu’elle est dans l’axe de rotation de la planète Terre. Ce qui implique que par rapport à l’étoile polaire, la Terre tourne droit sur elle-même et en équilibre comme une toupie. Sauf que par rapport au soleil la Terre est bancale. Voilà pourquoi 2 fois par an, on change d’heure. La lumière du soleil éclaire différemment la surface terrestre en hiver et en été du fait de cette inclinaison bancale. Rien de grave mais à une époque, c’est devenu économiquement important de faire se lever la population plus tôt ou plus tard, en fonction du soleil, pour qu’elle consomme moins d’électricité le matin.

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Photo : © Sarah Bastin

On ne voit pas le ciel sous la Grande Halle de la Villette, mais on a des constellations dans les yeux en comprenant que MCDE va nous remettre les pendules à l’heure d’hiver pendant 1h35. Le maître de la-soirée-de-la-fin-du-monde-un-peu-comme-dans-Matrix-2 donne l’impression qu’il loupe parfois ses transitions. Mais comme la seconde d’après il nous couche avec une énième pépite on lui pardonne tout. On se laisse de la place pour danser, la Halle est comme le plaisir : immense.

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Photo : © Sarah Bastin

Et puis Daphni débarque pendant le set de MCDE, il place son matos, MCDE se barre, il revient, Daphni prend finalement sa place et enchaîne avec un long mix, peut-être le plus house qu’il n’a jamais fait, comme un caméléon se fondant dans l’ambiance. Ceux qui n’ont pas le smile aux lèvres n’ont pas d’autre choix que de se barrer. Au compte goutte l’espace de danse s’étend. Daphni est un chic type, les deux comparses de Tale Of Us seront plus taquins. Il pousseront jusqu’à 5h30 pour asséner le final le plus frustrant de l’année.