Music par Antony Milanesi 29.10.2016

Pitchfork 2016 : les 25 meilleures minutes du jour 2 vous sont offertes par Todd Terje et Moderat

Pitchfork 2016 : les 25 meilleures minutes du jour 2 vous sont offertes par Todd Terje et Moderat

Quand on lui sert de l’über-bonne musique le Pitchfork Festival est chouette à voir. C’était le cas de 23h à 1h20 le vendredi. Et spécialement de 23h55 à 00h20.

La vie est une contradiction fatale qui a pris un coup de vieux magistral vendredi 28 octobre au Pitchfork Music Festival Paris. Tout s’est passé en 25 minutes chrono. Quand les Berlinois de Modeselektor et Apparat réunifiés en Moderat ont succédé à Todd Terje, pas frileux pour un sou tout norvégien qu’il est. C’est lui qui a décidé le premier de foutre le feu à la Grande Halle de la Villette pour ce festival. Les palmiers sur scène et son mixe live limpide de l’album It’s Album Time ( avec son band The Olsens) ont rayé l’idée de fatigue chez tout le monde. 23 heures et les terrifiants festivaliers du Pitchfork ont enfin reçu ce pour quoi ils sont venus : des énormes tubes. La pulpe de tout ce micmac complexe à expliquer aux vieux fans de séries d’action se concentre dans l’enchaînement fou agencé par la programmation. Todd Terje puis Moderat : un contraste plus fort que Jessica Jones. Vous n’aurez qu’à dire que « c’était trop bien». « Et surtout de 23h55 à 00h20» :  D’«Inspector Norse» à «A New Error».

23h55

Il vient de se passer un truc. C’était déjà la folie mais le son vient de prendre huit niveaux. Todd Terje survole son art, son live band The Olsen s’amuse du réel, on n’y voit que du feu à leurs transitions-mirages. Ça fait 55 minutes qu’on leur fait face, on aurait dit 20 max. La foule communie enfin avec Todd, sourires affichés sur le visage, face à la scène où le lâcher-prise est de rigueur. Tour de force irréfutable : certains groupes font dos à la scène pour se la kiffer en petit comité. Réglé comme une horloge, Todd dégaine « Inspector Norse» à 5 minutes de la fin de son show, son « Born to be alive » à lui qui rend tout le monde dingue.

23h56

Mains en l’air. Cris de demeurés : tout le monde a reconnu. C’est l’heure du tube et on va tendre la tête pour en ramasser un maximum.

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Photo © Sarah Bastin

 23h57

T’étais où la première fois que t’as entendu « Inspector Norse » ? Parce que c’est le comeback.

23h58

Ce mec est né à plus de 1 600 km d’ici et il est complètement au-dessus. Il joue au va et vient avec les basses, avec le clavier, c’est son moment.

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Photo © Sarah Bastin

23h59

Ça danse même aux étages, tes parents s’ils étaient là se lâcheraient. On est parti pour l’éternel. C’est à vouloir se bloquer seul dans un ascenseur avec ce beat addictif. Et sinon, t’as déjà remarqué que « Soirée Disco » de Boris partageait ce même son aigüe très disco ? « tiou tiou ».

Minuit

C’est terminé. Merci, au-revoir et bonne année.

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Photo © Sarah Bastin

00h01

Minute frustrée. Sérieusement ? Comme ça ? Tu nous laisse de but en blanc ? Ça ne nous était pas arrivé depuis cette lointaine soirée un peu caliente.

00h02

Ça y est tout le monde s’enfuit et la magie s’évapore. Il y a deux minutes tout le monde s’aimait, dans deux minutes tout le monde se saute à la gorge.

00h03

Terminées les couleurs, les rythmes fous, cinématiques, expansifs au possible. Sommes-nous entre les deux scènes ou sont-ce les scènes qui nous entourent ? On entre dans la phase introspective, vers le show de Moderat qui n’en peut plus d’attendre de se lancer. Le mouvement de basculement est rapide. Comme le contraste est fort.

00h04

Message préventif aux festivaliers. C’est écrit en anglais dans le fond de la main stage : »Moderat is a very dark show ». Et ça dit que ceux qui feront de la lumière mériteront de se faire virer.

00h05

Gernot et sa casquette arrivent sur scène. Ses deux acolytes aussi. On se la boucle, c’est « Ghostmother». 

00h06

Ce n’est peut-être pas le cas en Allemagne mais ici, avoir une voix aussi belle et robuste à la fois comme celle de Sacha Ring est interdit par la loi.

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Photo © Sarah Bastin

  00h07 Noir sur blanc tout fou le camp, blanc sur noir espoir.

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Photo © Sarah Bastin

 00h08

Qui que l’on soit on n’a pas assez écouté III, le dernier album de Moderat sorti en début d’année, celui qu’ils ont eu un mal de chien à composer.

00h09

« The ghosts that haunt Were in there with me I walked to the edge And all the fear left me »

00h10

Si même de loin c’est bien, c’est un bon concert.

00h11

C’était quand même dingue Todd Terje

00h12

C’est beau Moderat

00h13

C’est la fin de « GhostMother ». C’est ce qu’on appelle mettre l’ambiance, ou jeter un froid, mais dans le bon sens du terme.

00h14

Ce son ! Déjà ?

00h15

On vient de remporter le Prix d’interprétation féminine à Cannes dans la sélection Un Certain Regard, ou quoi ?

00h16

Mais comment t’en viens à composer un tube aussi puissant que « A New Error » au juste ? Eh bien comme ça :

00h17

La foule décolle à nouveau. C’est plus puissant qu’en face de Todd Terje. Moderat y va franco. Les lumières sont divines et les basses sèment le chaos. On est dans l’œil du cyclone et le hasard nous aguiche. Faut-il danser comme jamais et rester figé sur place ?

00h18

Übercool

00h19

Ça s’arrête. Ça reprend. Ça s’arrête. On en reprendrait bien encore. Ça reprend. Dans la langue de Goethe ça se dit Ich Liebe Dich.

00h20.

Fin du tube. On a  eu ce qu’on méritait. Mais la suite et la fin du live vont prouver que ce n’était qu’un aperçu. C’est dire comme c’était schön.