Music par Greenroom 26.10.2016

P4K Avant-Garde : Loyle Carner survole le premier soir

En amont de la 6ème édition du Pitchfork Music Festival programmé les 27, 28 et 29 octobre, la populace parisienne a droit à deux soirées de mise en bouche. Baptisées « Avant-Garde » on y trouve ceux qui, peut-être, squatteront le haut de l’affiche dans un futur proche. La première des deux soirée avait lieur hier mardi 25, petit tour d’horizon des artistes de demain, ou juste d’hier.

« Avant-Garde». Un petit terme [de « poseur »] pour parler de ces jeunes artistes qui pour l’instant qui ne vont pas tarder ou qui sont en train d’éclore. Sur les deux soirs d’«avant-garde » du pitchfork 2016, on en a 41. 41 artistes de l’avant-garde. Ils se produisent dans sept salles du quartier Bastille de Paname, la voie royale pour piquer la hype de paname au coeur. Hier soir, ils étaient 21 à se heurter au public qui, avant d’être un public parisien, constitue surtout le pernicieux public du Pitchfork Music Festival Paris.

« un roulement de groupe juste trop bien »

Les premiers concerts commençaient aux alentours de 19h30. La nuit est déjà tombée, il faut s’engouffrer au numéro 77 de la rue de Charonne, dans une court pavé pour accéder à La Loge, une petite salle de concert. Au milieu du théâtre se tient seul sur scène, devant son piano, le jeune Faroe. Plongée dans le noir de cette salle déjà plongée dans l’obscurité de la nuit, le public forme naturellement un arc de cercle autour de lui, donnant une atmosphère très intimiste.

Ses morceaux débutent toujours de façon douce ou chaque instrument vient s’ajouter. Quelques accords sur le synthé, puis sa voix puissante, suivi d’une « outro » assez longue partant plus vers l’électro avec quelques notes de guitare et des launchpad. Le Français surprend avec un live très agréable, le côté seul sur scène s’alliant très bien avec sa musique. On fait un bon de chemin avec Faroe entre deux salles qui se disait très content de son show « Il y a tellement d’artistes oufs au Pitchfork, que ça fait plaisir d’y être. T’as l’impression que ta musique est un peu reconnue. » Tout en se dirigeant au Café de la Danse pour rejoindre sa copine et aller voir Loyle Carner, le jeune nous conseille ses artistes « Ce soir il y a un roulement de groupe qui est juste trop bien. Là il y a Connie Constance qui joue, puis Ok Kaya juste après, c’est trop bien. […] Au Pitchfork je conseille d’aller voir M.I.A.. Je l’ai déjà vue en concert, c’était tellement intense et extrême. Après il y a aussi Warpaint et plein d’autres groupes cool« .

show phénoménal

Quelques minutes plus tard, au Café de la Danse, l’ambiance est tout autre. Le public s’est amassé pour voir Loyle Carner. Une petite foule s’organise à l’extérieur, tandis qu’à l’intérieur le rappeur londonien fait sensation. La foule déborde sur les côtés de la scène, les gradins sont remplis et le balcon foisonne. Il faut dire que le Café de la Danse peux accueillir environs 500 personnes, soit plus de 6 fois la capacité de La Loge. Sur scène, Loyle est en train de vivre un des meilleurs concerts de sa vie, cela se voit sur son visage, il ne s’attendait pas à un tel accueil. Largement applaudis après chaque morceau, le rappeur a du répondant le mic dans la main. Son flow très spécial, son accent, sa manière gutturale de parler, et sa façon de coller au beat, un maillot d’Éric « King » Cantona serré dans sa main, bougeant d’un coté à l’autre de la scène, le show fut phénoménal.

Après un très très bon « Ain’t Nothing Changed », son DJ et backeur Rebel Kleff le rejoint sur le devant de la scène pour le dernier titre, une autre tuerie : « No CD ». Obligé de quitter la scène parce qu’il a terminé son set, Loyle promet au public qui l’acclame de les rejoindre dehors dans 10 minutes. Le londonien est assuré de remplir une salle la prochaine fois qu’il se pointe dans la capitale. Le public, lui, vient de voir un des petits concerts de l’année.

Rendez-vous quelques minutes plus tard pour finir la soirée au Supersonic, rue Biscornet. On a tout juste le temps d’entendre la fin du concert attachant des deux norvégiennes Smerz. Puis c’est au tour d’Alex Cameron de prendre le micro jusqu’à la fin de la soirée. L’ambiance est plutôt bon enfant. Le mec combat son côté Bowie et se sort d’une excellente parodie de crooner qui lui donne un charisme fou. Au rez-de-chaussée le public est scotché devant le concert tandis qu’à l’étage d’autre en profite tout en continuant leur discussion. A la sortie, c’est du grand public parisien : certains sont totalement emballés « Ah quel charme, hâte de voir comment ça va évoluer« , tandis que d’autre reste mitigés : « Ça m’a fait penser à du Metronomy cheap ».

Photo © John Johnson