Music par Mathilde Martin 25.10.2016

On a navigué sur l’Océan Atlantique en compagnie de Molécule

On a navigué sur l'Océan Atlantique en compagnie de Molécule

Le producteur et compositeur français a présenté son album 60°43 Nord le 20 octobre lors d’un show 360°.

Après un premier voyage lors de la Nuit Blanche de 2015, Molécule a à nouveau accosté à La Gaîté Lyrique jeudi 20 octobre pour nous présenter son album 60°43 Nord enregistré au beau milieu de l’Océan Atlantique. Un show 360 degrés complet quelques semaines avant la date fatidique, qui nous a fait naviguer sur un océan déchaîné au souffle technoïde, entre ambiant immersive et Rave berlinoise.

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La première partie de cette traversée à été prise en main par Andrew Claristidge, moitié du duo ACID WASHED. Entouré de ses machines, le Grenoblois désormais sur le label Mille Feuilles a offert un live oscillant entre techno et ambient. En moins d’une heure, Claristidge nous a franchement bien chauffé avant l’arrivée de Molécule et a joué quelques tracks de son album Danser ou Mourir sorti en avril 2014. On a entre autre reconnu les titres « Règlement de Compte à la Cigale » et « Synth Pornography ». Un démarrage sur les chapeaux de roues suivi d’une pause d’une trentaine de minutes, le temps d’installer le matos.

« là où le silence n’existe pas. La musique comme refuge »

Aux alentours de 21h30, les lumières s’éteignent. La voix de Romain Delahaye‐Sérafini – alias Molécule – retentit dans la pièce plongée dans le noir, il partage son journal de bord :« Des couloirs étriquées, des odeurs fortes, un air moite, poisseux, collant même. C’est ici et maintenant que mon studio naviguera. Enfin, j’entends le moteur ronronner. Mon rêve est là, créant en plein océan une musique proche de la tempête. J’ai le ventre serré quand les marins larguent les amarres, la porte se ferme. Cinq semaines sans escale, sans voir la terre, isolé au beau milieu de l’Océan. Aucun échappatoire, je redoute le confinement. S’acclimater, composer, compenser, être au plus proche des émotions là où le silence n’existe pas. La musique comme refuge. »

Puis la salle est éclairée par des flashs blancs. Entre-temps le producteur et compositeur français est monté sur scène, paré au voyage habillé d’un ciré jaune et d’un bonnet de marin qu’il ne garde que quelques minutes. Le capitaine de ce live à travers l’Océan Atlantique est acclamé par la foule. Derrières son DJ booth prenant la forme d’une coque de bateau, Molécule nous embarque pour un live houleux.

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Résonances marines et sous-marines, chants de baleines, sonar, grondement du ciel… Ce live se transforme en une traversée technoïde pendant laquelle les sons nous laissent imaginer un océan souvent agité, parfois plus calme. En ce qui concerne le show à 360°, faisceaux lumineux parfois épileptiques et teintes boréales habillent la scène. Les créations vidéo réalisées par Gautier H. sont projetées sur les murs, qui se transforment en eau, en parois intérieures d’un bateau, en dressing rempli de cirés jaunes ou en ciel colérique illuminé par la foudre. Seul regret, le ressenti dépend malheureusement de l’emplacement dans la salle. Inutile de se précipiter devant la scène pour profiter pleinement du spectacle, les meilleures places étant au centre ou au fond de la pièce.

Hormis une petite coupure au début du show, tout se déroule sans encombre. Les public l’acclame à chaque mouvement, qu’il quitte la scène, qu’il entre sur scène ou qu’il lève les bras. Molécule transporte la salle dans un autre univers au rythme de « Rockall », « Hébrides », « 8 ZL 40″, « Abysses » ou encore « Shannon ». Vingt minutes avant la fin du show le producteur s’octroie une courte pose avant. Il quitte les commandes de son DJ booth puis revient nous livrer une dernière partie légèrement plus calme que le reste de la performance, avant de terminer sur un final convulsé pendant lequel les lumières s’entrechoquent. Puis la salle est à nouveau plongée dans l’obscurité. Molécule quitte le navire sous l’ovation du public. Il est 23 heures, le voyage s’arrête ici.

- Crédit photos/vidéos : © Mathilde Martin pour Greenroom.fr