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Ratatat: Lp4

Ratatat: Lp4

L'absence de salive noie le poisson instrumental : Ratatat est muet comme une carpe mais ici rien ne manque. Car dès qu'on oublie qu'on a affaire à une machine, cet album a plus en commun avec un guichet électronique foudroyé qu'avec un groupe de chair et de sang, on se retrouve face à une évidence : il y a du Pink Floyd et du J-S Bach là-dedans ! « Party with children » mérite autant une place dans la scène prog de Canterbury qu'au concert viennois du Nouvel An de France Musique.



Des enveloppes de timbré...


L'orchestre de chambre qui clignote sous les doigts mesurés d'Evan Mast n'écrase jamais les licks mordantes de Mike Stroud. Comme le Floyd, Ratatat veut faire la musique de demain mais évite la politique de la terre brûlée, à l'image du piano de « We can't be stopped » qui démontre une tabula pas rasoir du tout. « Drugs » paye son tribut à Discovery et « Mandy » à Stevie Wonder. C'est un concerto sans mouvement ; pas sans rythme. Lp4 est noble. L'électro à danser a eu son temps, maintenant si on démolissait le format pop pour revenir à la symphonie ?

Imaginez une plage de silicium baignée de rayons ultraviolets. Au bout, une estrade où 80 hologrammes de concertistes transpirent. Et vous dorez là, reniflant des effluves de patchoulis en ronronnant bourgeoisement... Sacre : Ratatat livre le printemps de cette décennie.


Ratatat / LP4 / XL Recordings

http://www.myspace.com/ratatatmusic

H.P.