Music par Olivier Pernot 10.10.2016

Les filles de la techno qui cogne

Les filles de la techno qui cogne

La techno, de préférence lourde et aux rythmes soutenus, n’est pas l’apanage des binoclards à l’air sévère. Une nouvelle génération de filles épouse ainsi la tendance actuelle d’une techno qui envoie. Portraits.

La place des femmes dans la musique électronique a souvent été sous-estimée. Pourtant, de Bebe Baron à Björk, en passant par Delia Derbyshire, Laurie Anderson, Liza N’Eliaz, Ellen Allien ou Miss Kittin, les femmes ont façonné cette musique, pas uniquement réservée aux geeks de sexe masculin. Ces dernières années, les noms de Nina Kraviz, Magda, Nicole Moudaber, Steffi ou Louisahhh apparaissent de plus en plus sur les line-up des festivals techno et la scène féminine se mobilise de plus en plus, notamment sous le hastag #womeninelectronicmusic et sur la plateforme female:pressure créée par Electric Indigo. Galerie de portraits de cette nouvelle vague féminine, qui défend une certaine orthodoxie techno et aime quand ça cogne !

paula-temple

Paula Temple

Après avoir navigué dans l’underground pendant une dizaine d’années, souvent sous les alias Fragile X ou Jaguar Woman, Paula Temple s’est révélée sous son nom en 2013 avec son maxi « Colonized ».

Ce EP contient trois morceaux originaux de techno puissante aux sonorités rave et indus, avec deux remixes de Perc. Surtout, ce maxi est le premier publié par une femme en trente ans d’existence du très respecté label R&S Records. Dès lors, la Berlinoise devient une égérie des nuits techno en Europe et son agenda ne désemplit pas. Un engouement qui se confirme avec des productions sur R&S Records (le EP « Deathvox »), sur 50Weapons, le label de Modeselektor (le morceau « Oscillate ») ou sur son propre label, Noise Manifesto (le titre « Gegen »).

  •  8 octobre, N.A.M.E. Festival (Halluin/Lille)

 

Helena Hauff

Helena Hauff

Également Allemande, Helena Hauff défend une élégance sombre dans sa techno froide et venimeuse, aux réminiscences new wave et aux envolées acid. Originaire d’Hambourg, la productrice parsème ses productions de sonorités vintage et de souffle organique, à l’image de son premier album, Discreet Desires, sorti l’année dernière sur Werk Discs, le label d’Actress. Depuis cette parution remarquée, Helena Hauff signe régulièrement des podcasts pour des médias de choix et elle drive, avec conviction, son tout jeune label Return To Disorder.

  • 4 novembre, La Machine du Moulin Rouge (Paris).

charlotte-de-witte-marie-wynants

Charlotte de Witte

Révélée par le label canadien Turbo Recordings, tenu par Tiga, la DJ/productrice belge s’était précédemment fait repérer sous le pseudonyme Raving George dans un registre électro/banging. Sous son propre nom, Charlotte de Witte a publié deux maxi costauds bien techno sur Turbo, « Weltschmerz » et « Sehnsucht », à seulement 24 ans. Venue de Gand, la jeune femme joue régulièrement à Bruxelles où elle a une résidence au Fuse (les soirées KNTXT) et commence à faire parler d’elle en dehors des frontières de son pays natal, en particulier en France.

  • 28 octobre, Faust (Paris) ;
  • 29 octobre, Impact Birthday, Le Spot (Le Mans)
  • 29 octobre, 6par4 (Laval)
  • 11 novembre, Festival Les Nuits Electriques, (Marcq-en-Barœul / Lille)
  • 12 novembre, 1988 Live Club (Rennes)

 

amelie-lens-mehdy-nasserAmelie Lens

Toujours en Belgique, une autre DJ et productrice commence à se faire un nom : Amelie Lens. Originaire d’Anvers, la jeune femme de 25 ans, qui a assuré des dates de DJ sous le nom de Renée, est aussi mannequin. Musicalement, elle se tourne vers une dark techno, épurée et prenante, d’où émerge sa voix énigmatique. Comme en témoignent son maxi « Exhale » paru sur Lyase Recordings et son tout récent EP « Let It Go », sorti en août sur Second State Audio, l’écurie de Pan-Pot. En France, l’agence Miala se charge depuis peu de ses bookings : nous devrions donc la voir jouer plus souvent dans l’Hexagone.

  •  4 novembre, Zig-Zag (Paris)
  • 11 novembre, Festival Les Nuits Electriques, (Marcq-en-Barœul / Lille).

 

miss-k8

Miss K8

Dans un registre beaucoup plus radical, l’Ukrainienne Kateryna Kremko est la nouvelle déesse du hardcore et du gabber, sous son alias Miss K8. Auparavant, elle était connue sous le nom de Lady Kate. En 2014, Miss K8 est choisie pour composer l’hymne du méga festival néerlandais Dominator : le titre « Metropolis Of Massacre » avec MC Nolz. Cette collaboration avec le label référence Masters Of Hardcore a abouti en 2016 au premier album de la « goddess of hardcore », Magnet. Ce disque comprend notamment l’anthem 2016 de Masters Of Hardcore, toujours avec MC Nolz. Un track, dont le label dit qu’« il frappe plus fort que le marteau de Thor! ». Miss K8 mixe dans les principaux événements hardcore, gabber et hardstyle en Europe du Nord, et commence aussi à faire quelques incursions sur des festivals purement techno comme Nördik Impakt ou Impact.

  • 21 octobre, Nördik Impakt (Caen) ; 26 novembre, Impact (Marseille)

 

anna

Anna

Depuis plusieurs années, Anna Miranda, alias DJ Anna, fait parler d’elle des deux côtés de l’Atlantique. Cette native de Saõ Paulo a commencé à mixer à 15 ans dans son Brésil natal. Puis, elle s’est installée à Barcelone pour démarrer sa carrière de productrice. Elle signe une techno musclée et progressive toute en rondeur et en profondeur qui a trouvé refuge sur les labels Terminal M (Monika Kruse), Tronic (Christian Smith) et Twin Turbo (Tiga). Sa griffe, aussi sauvage que sensuelle, est particulièrement appréciable sur son dernier maxi, « Artha », un hymne pour dancefloor.

  • 26 novembre, L’Ostra Club (Nancy)

anetha

Anetha

En France, Anetha est une des figures de proue de la nouvelle scène techno parisienne. Soutenue par Work Them Records, le label de Spencer Parker, la productrice livre une techno puissante, aux rythmes soutenus et aux contours indus. Activiste au sein de Blocaus, Anetha est résidente des soirées du collectif, à Paris et ailleurs, et co-manageuse du tout nouveau label qu’il vient de lancer. Elle signe d’ailleurs la toute première référence des Blocaus Series avec son EP « Leftover Love ».

  • 14 octobre, Underground (Rouen)
  • 21 octobre, soirée Possession (Paris)
  • 22 octobre, Redgate x Blocaus (Bordeaux)
  • 29 octobre, Impact (Le Mans)
  • 4 novembre, Warehouse Blocaus (Paris)
  • 5 novembre, Festival Dernier Cri, Villa Rouge (Montpellier)
  • 10 novembre, L’Ampérage (Grenoble)
  • 26 novembre, Le 22 d’Auron (Bourges)
  • 2 décembre, One O One / 101 (Clermont-Ferrand)
  • 3 décembre, L’Ostra Club (Nancy).

 

azf

AZF

La DJ parisienne AZF s’est fait connaître derrière les platines du club Chez Moune, puis à La Java lors des soirées Jeudi Minuit, dont elle est directrice artistique et résidente. Installée à Berlin, AZF défend l’énergie brute de la techno, les sonorités rave et industrielles, le côté sombre et aliénant d’une musique directe, hyper rythmée, presque violente. Son implication derrière des platines et l’intransigeance de ses DJ-sets l’ont amenée à mixer lors de festivals importants (Astropolis, The Peacock Society), dans des clubs reconnus (Concrete, Rex Club), à participer à l’événement Boiler Room et à être résidente sur Rinse FM.

  • 8 octobre, Midi Festival (Toulon) ; 15 octobre, Bagarre Tour (Bordeaux) ; 21 octobre, Soirée « Schlaflos » (Strasbourg)