Music par Patrick Thevenin 25.10.2016

8 filles qui enchantent la House Nation

8 filles qui enchantent la House Nation

Elles ne sont pas seulement DJ’s et productrices, elles savent aussi chanter et ne s’en privent pas. Focus sur huit jolis brins de voix qui, tout autour du monde et tous styles confondus, nous donnent envie de chanter sur le dancefloor. 

Dani Siciliano

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Originaire d’Arizona, Dani a grandi à San Francisco où, au cours des années 90, elle s’est installée derrière les platines des clubs pour y jouer un mélange de funk, de soul, de house et de disco. C’est comme ça qu’elle rencontrera l’Anglais Herbert, le trublion bricoleur de la house, qui la ramènera à Londres, l’épousera et lui composera trois albums de house bancale (dont l’extraordinaire Around The House) tirant vers le jazz comme la soul, et où la voix feutrée de Dani agit comme une caresse. Après sa séparation avec Herbert, et une longue absence juste ponctuée de featurings et de collaborations avec la mode, Dani (comparée souvent, et à raison, à Roisin Murphy) est revenue au printemps dernier sur le label français Circus Company avec un nouvel album quasi acoustique, lent et contemplatif, centré sur sa voix, comme échappée d’un cabaret underground, et qui atteste qu’elle nous avait beaucoup, mais vraiment beaucoup manqué.

Borusiade

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En 2002, lorsque Mirina Boruzescu, roumaine de naissance, a commencé à passer des disques à Bucarest elle était la seule DJ fille de la ville. Mais Borusiade s’est rapidement fait connaître par ses mixes décalés, où se mélangent avec la même aisance, musique industrielle, disco sombre, new-wave et bizarreries électroniques difficiles à ranger dans une case. Installée depuis à Berlin, et repérée par Matias Aguayo, Borusiade vient de sortir cette année deux disques qui ne nous quittent plus : « Jeopardy » chez Cómeme, un quatre titres tout de noir vêtu, qui plonge tête la première dans la minimal wave, mais avec ce petit truc en plus qui fait toute la différence. Mais surtout « Feelings Of Entropy » sur Correspondant (le label de Jennifer Cardini), petit tube underground idéalement positionné sur le bord du dancefloor et qui n’a pas fini, voix désincarnée à l’appui, de nous hanter.

Yula Kasp

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Yula Kasp a vécu entre la Pologne (dont elle est originaire) et le Canada avant d’atterrir en France, d’apprendre à maîtriser ses logiciels et ses machines toute seule le soir en sortant d’un boulot alimentaire. Son premier fait d’arme, le projet « Spacer » basé sur des poèmes écrits par sa grand-mère, entre touchant et maladroit, lui a permis de gagner confiance en elle. Depuis, Yula a participé à l’aventure du label Cómeme, de Matias Aguayo, pour qui elle a réalisé plusieurs clips, comme celui du « Guerrero » de Rebolledo. Et pour finaliser son mini-album, Ocean Blues, elle a demandé de l’aide à un ami de longue date, le DJ et producteur Pilooski, qui en a profité pour la présenter au label Kill The DJ, qui a très vite craqué pour cette mixture qui danse de guingois, entre post-rock, cold-wave et électro poil à gratter et portée par la diction froide et hantée de Yula.

Violet

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Originaire de Lisbonne, mais désormais installée à Londres, Violet fait partie de ces filles DJs et productrices sur lesquelles il va falloir compter. Avec son mélange de house, d’acid, de jack de Chicago et de techno brute, Violet a commencé dans le groupe de hip-hop 100 % féminin A.M.O.R, mais s’est surtout fait remarquer par sa reprise culottée de « Transition », un classique d’Underground Resistance, salué par la presse, ses pairs DJs et surtout les UR eux-mêmes. Depuis elle enquille les dates, a fait copine avec la mode (Alexander Wang, Atelier Versace, Vogue) qui l’adule. Dernier fait d’arme, sa reprise (accompagnée d’un crew très féminin du très chicagoan « So Let It Be House » de Mike Dunn) pour célébrer la journée internationale de la femme et dont les bénéfices iront à l’association féministe et pro-gender Equality Now.

Dinky

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Née au Chili, et élevée dans la danse et la musique, Alejandra del Pilar Iglesias Rivera, plus connue sous le pseudo Dinky, est partie au milieu des années 90, rejoindre à New York la prestigieuse Martha Graham School of Contemporary Dance. C’est la vingtaine à peine, et en plein cœur de la grosse pomme, qu’elle délaisse la dance moderne pour faire ses débuts dans la production, se faisant rapidement une place de choix dans la techno minimale et mélodique en signant sur des labels comme Traum ou Cocoon. Puis elle déménagera logiquement à Berlin où son tube « Acid In My Fridge » lui ouvrira tout grand les portes du DC10, de la Fabric et de l’Amnesia sans oublier sa résidence au Panorama Bar. Un emploi du temps chargé, qui n’a pas empêché Dinky de sortir en une petite dizaine d’années cinq albums de house tirant vers la pop, quand ce ne sont pas le folk ou l’ambient, des disques s’éloignant avec élégance du dancefloor. À l’image de sa dernière livraison, Valor, sur le label Crosstown Rebels, sublime album d’électro discrète où la voix de Dinky flotte comme une caresse en apesanteur.

Cassy

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Depuis ses débuts, il y a une quinzaine d’années, comme DJ sur la scène viennoise, à l’époque où le duo Kruder & Dorfmeister faisait la pluie et le beau temps, Cassy a gravi les étapes sans faillir. Transitant successivement par Londres, Berlin, Paris, Amsterdam et aujourd’hui Ibiza où elle est une des têtes d’affiche des soirées Cocoon et Circo Loco, Cassy aura attendu patiemment avant de se lancer dans l’exercice du long format, et au vu du résultat on ne peut que la féliciter. Donna, son premier album, aidé à la production par King Britt (la légende de la deep-house de Philadelphie) est un petit concentré de house où les influences soul et funk de Cassy (c’est une immense fan de Chaka Khan et Sade) transparaissent en filigrane, et où la productrice se permet quelques jolies embardées vers le R&B, la bossa-nova, voire le hip-hop, pour un des disques les plus sensuels de l’année et qu’on va être contents d’avoir sous la couette lors des longues soirées d’hiver.

Dani Shivers

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On ne sait pas encore grand-chose de cette jeune Mexicaine originaire de Tijuana et repérée par la Red Bull Music Academy. Mais une chose est sûre, avec déjà deux albums (Jinx et Syzygy) sous le bras et juste une petite vingtaine d’années au compteur, Dani a déjà trouvé ses marques et imposé son univers : un mélange de cold wave, d’ambiances froides et pesantes, de quelques touches de punk et d’une bonne dose de synth-pop. Le tout rassemblé en forme de petites comptines pop et cold sur lesquelles Dani chantonne à la manière d’une petite fille légèrement dérangée, désamorçant par la naïveté de sa tonalité toute l’âpreté de ses synthés vintage partis en roue libre.

Virginia DJ

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Originaire de Munich, protégée de Sven Vath (qui lui offrira une résidence dans son fameux club Cocoon) et de Tobi Neumann qui la fera jouer au mythique Flokati, Virginia  Nascimento a déjà une jolie carrière derrière elle et enchante les nuits du Panorama Bar depuis bientôt quatre ans. Un club où elle a affiné ses productions, délaissant la soul/r’n’b de ses débuts (son album « Twisted Mind » sorti en 1998) pour s’acoquiner avec la bande du label très post-garage Ostgut Ton et plonger à corps perdu dans une house très inspirée par le New York des années 90, où derrière sa voix riche et profonde plane parfois l’ombre d’une certaine Ultra Naté ou de Blackbox. Bref, on a connu pire.