Music par Antony Milanesi 05.10.2016

Gesaffelstein va rouvrir la porte des ténèbres, mais êtes-vous prêts ?

Le frenchy va revenir sur le devant de la scène c’est sûr, mais allons-nous vraiment pouvoir encaisser le retour surpuissant du grand maître de la techno violente la plus dark et la plus belle qu’on sache faire en France ?

Allez savoir ce qui se trame dans la tête d’un mec aussi radical que Gesaffelstein. On parle d’un type tellement charismatique qu’il peut faire un truc à la limite de l’irrespect en plein show sans que ça vous touche. Pire, il le fait et vous le trouvez encore plus génial qu’avant. Rendez-vous compte : un éminent DJ bien de chez nous à qui la presse a collé les plus doux qualificatifs depuis quatre ou cinq ans. « Nouveau prince de la techno française » pour les Inrocks, « sombre prince de l’electro » pour M le magazine du Monde ; « Prince noir de l’electro » pour La Parisienne, « petit prince de la techno » pour Villa Schweppes, etc.

Un type que tout le gotha encense pour sa Techno « dark », « violente », « cinématique », etc. Un type qui lâche à Noisey qu’il « n’y a aucun pont entre ma vie et le projet Gesaffelstein »… Et bien ce mec qui ne sait sourire que quand il se mord un œil, sapé comme jamais en toute occasion, cousu dans son costard noir, beau gosse devant l’éternel : il agit comme personne. C’était le 28 novembre 2013 à Bordeaux au Rocher de Palmer, il donnait un concert bulldozer. On dit que ce soir-là le niveau de la Garonne a baissé de 2 mètres à cause des failles de l’enfer que le concert a ouvert sous la ville. Gesa est en plein show, la jeunesse s’oublie un peu plus à chaque coup de pelle électro sombre que le dandy noir assène. C’est la folie, un grand bain de basses imparables qui révèle notre côté obscur à tous. Et là, le choc. Une nana monte sur scène. Elle hallucine autant que nous du fait qu’elle soit arrivée jusque-là sans que la sécurité ne la chope. Elle respire une seconde et fonce vers Gesa.

A l’époque le show de Gesaffelstein est tel qu’il se sert d’un énorme cercueil comme large pupitre. Il est inatteignable dans son vaisseau morbide. La nana gonflée au sang-froid lui fonce dessus pour tenter de l’embrasser, le toucher, être tendre, lui donner de l’amour. Comme pour se prouver et nous prouver à tous qu’il subsiste une part d’humain sensible en lui. « Non mais vous avez vu comme il est toujours irréprochable sur ses photos ? Personne de normal ne sait faire ça ! Il est pas Normal !». Elle saute sur la structure qui protège Gesa et vlan ! Le regard fixé à ses platines, Gesaffelstein tend le bras sans sourciller et projette la nana illico vers le sol. Un stop comme on en fait peu. L’ex héroïne manque de se gaufrer et la sécurité l’évacue. Le show gonfle en intensité, Gesa s’en fout. En trois mots : il est classe.

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Le prochain album est en cours de création

Tout ça pour dire qu’on tient avec Gesaffelstein un type impassible qui sait où il va. On sait que rien ne le détournera de sa route et la bonne nouvelle : c’est qu’il a des projets : pour nous, pour lui. Pour rappel la dernière chose à peine officielle qu’on ait pu entendre de lui nous vient de Boys Noize. DancingAstronaut souligne que Gesaffelstein est en effet crédité dans le dernier album de l’Allemand, MayDay, sorti en mai dernier. Il est listé sous son nom Mike Lévy en tant que co-writer avec Remy Banks pour le son « Euphoria».

Boys Noize en avait d’ailleurs parlé lors d’une interview sur Reddit, expliquant dans la foulée qu’il en avait profité pour glisser une oreille au prochain album signé Gesaffelstein. C’est donc officiel depuis le mois d’août : le successeur à l’album Aleph est en cours de création, et pour notre plus grand plaisir : on peut s’attendre au meilleur, un truc plus noir que noir. Pour au moins trois bonnes raisons :

  • La première c’est qu’on associe désormais Gesaffelstein à un son bien précis, celui de l’électro lourde, qui vrombit et révèle les ombres. Ce n’est en effet pas pour rien que lorsque le Davd Guetta sort « The Death of EDM», on l’accuse de plagiat pour sa ressemblance insidieuse au titre phare du producteur de l’ombre, « Pursuit ». Si ça sonne comme du Gesaffelstein, c’est bien la preuve que le DJ a su imposer son style.
  • La deuxième raison, c’est que Gesaffelstein lui-même s’associe à cette école du son venu du côté obscure. La preuve lorsqu’il adoube Rezz qu’il qualifie comme étant « sa petite soeur perdue de vue », elle qui turbine avec les mêmes astuces venues des ténèbres.

  • Enfin, la raison principale c’est que toute la volonté de Gesaffelstein est tournée vers les profondeurs des ténèbres. À Noisey, le producteur mystérieux a dit des trucs flippants comme « If I Use a Dark Thing to Make People Happy, I Win ».

Pariez donc sur le fait que si Gesaffelstein prépare un nouvel album, c’est qu’il a encore soif de victoires, et qu’il ira encore plus loin dans les profondeurs de sa musique sombre, juste pour faire notre bonheur.