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Attention lorsque vous parlez de « B2B »

Attention lorsque vous parlez de « B2B »

C'est une bonne chose d'utiliser le jargon de la musique électro mais autant savoir de quoi on parle vraiment.

Encore un désastre de la digitalisation de la musique. On emploie le terme B2B n’importe comment en 2016. La signification de Back to Back coulait pourtant de source avant l’arrivée du CD puis du MP3. Rien à voir avec le duo (les Daft Punk ne font pas du B2B) ou le featuring (Breakbot n’est pas en B2B avec Irfane).

Dos à dos

Le chroniqueur musical, spécialiste de musique electro Serge Coosemans explique d’où vient l’expression B2B : « Le terme est né du temps où, en soirée et en discothèque, les bacs à disques et les flight cases étaient souvent entreposées derrière le deejay, ce qui fait que lorsque l’un jouait et que l’autre se tournait pour fouiller les disques à disposition, ils se retrouvaient dos à dos ». Les deejays d’aujourd’hui, moins férus de muscu, ont remplacé les Flight-Cases par des clefs USB. En B2B, les deejays de 2016 restent souvent côte à côte, si bien que l’on devrait appeler ça un SBS pour side by side…mais on y perdrait quant à l’autre sens d’un B2B : « l’exercice est en principe complice mais peut virer en bataille d’égos. Il n’existe de fait aucune véritable frontière entre un Back to Back et une Battle ». D’autres révélations sur les termes de la musique electro dans Le Glossaire du DJ de Serge Coosemans, disponible aux éditions Le Bord de l'eau.

  • Ré-écoutez le back to back de 2014 entre Laurent Garnier et Motor City Drum Ensemble

Crédit photo : © Gilles Reboisson