JE RECHERCHE
Kiko : interview d'un boss de la techno "made in France"

Kiko : interview d'un boss de la techno "made in France"

Il se produira au Batofar le 2 septembre en compagnie de Manuel-M, Kiab, Moostik et nanOO de chez Volum'. Une bonne excuse pour rencontrer celui qui a contribué à forger la techno "made in France" il y a vingt ans.

Kiko est certainement l'un des artistes les plus prolifiques de la scène électronique française. Au milieu des années 90's, il ouvre son propre shop de vinyles avant de se mettre sérieusement à la production, et forge la scène techno "made in France" aux côtés d'artistes comme The Hacker, Miss Kittin ou encore Oxia, avec qui il fonde le duo Phunky Data. C'est en 1998 qu'il décolle vers le succès avec le track mythique "World Cup". Autre morceau incontournable de sa discographie : "Monique", sorti en 2001 sur Goodlife Records.Vingt après, il comptabilise pas moins de 500 tracks dans une discographie oscillant entre house et techno, et pose sa patte sur des labels renommés dont Turbo RecordingsGet Physical Musicet Noir Music, et fonde Ozone Records. Jeff Mills, target="_blank">Dj HellLaurent Garnier, les plus grands DJ et producteurs de la scène internationale jouent ses tracks. En 2011, Carl Cox le choisit pour les warm-ups de sa tournée "Revolution Tour" en France. Deux ans plus tard, c'est à son tour de célébrer ses "20 Years of Music Production" à travers le monde.

Difficile de résumer vingt années aussi fructueuses en quelques lignes. Le 2 septembre, le Français se produira au Batofar aux côtés des artistes du Volum' CrewManuel-M, Kiab, Moostik et nanOO. Une bonne occase pour lui poser quelques questions sur sa carrière.

width="100%" height="166" frameborder="no" scrolling="no">

"Je suis passé d’un Atari 1040 STE (...) à un iMac dernière génération" 

Etant donné que c’est de là que tout a commencé, est-ce que tu peux nous parler de ton shop de vinyles à Grenoble ?

À l’âge de 19 ans, je suis allé à Grenoble pour monter mon magasin de disques Ozone Records, c’était en 1994. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré The Hacker, Miss Kittin et Oxia, ils étaient clients. J’avais mon studio derrière le magasin, c’est comme ça qu’on a commencé à faire des tracks ensemble !

Ça fait vingt ans que tu es dans la musique, quelles évolutions majeures tu as pu observer ?

Dans les années 90's, il y avait très peu de management. Depuis, le milieu s’est professionnalisé, et a vu de nouveaux métiers émerger : attachés de presse, managers, et cetera. Toute la partie marketing autour des artistes a beaucoup changé elle aussi. On est passés du bouches à oreilles, aux pages Facebook. Tout un univers s’est créé autour des DJ. Et d'un point vu technologique - pour ma part - je suis passé d’un Atari 1040 STE, que j'utilisait en studio et pour mes lives avec Phunky Data, à un iMac dernière génération.

Ça a changé ta manière de travailler, ton style ?

Grâce à l’évolution de la technologie, j'ai pu aller beaucoup plus en profondeur dans ma créativité et les émotions que je souhaitais faire passer. Slave of my mind, sorti en 2006, en est un bon exemple.


"Ma musique est le simple reflet de mes humeurs"

Ta discographie est vraiment éclectique, tu passes par beaucoup de styles différents. Comment tu l’expliques ?

Ma musique est le simple reflet de mes humeurs. Je transmets ce que je ressens dans mes tracks. Je suis passé par plusieurs phases dans la vie, qui ont forcément influencé ma discographie, ce qui l'a rendue éclectique certes, mais toujours en accord avec moi-même.

Qu’est-ce que la techno « made in France » à de plus ?

Miss Kittin, The Hacker, Oxia... Et moi. Grenoble quoi (rires).

width="100%" height="166" frameborder="no" scrolling="no">

Tu es l’un des activistes les plus influents de la scène techno en France, ça t’arrive que de jeunes artistes viennent te demander conseil ?

Oui très souvent. Les réseaux sociaux facilitent l’approche et l’échange. On me demande des conseils autant sur la qualité du son, que sur la structure d’un morceau. J’aime ces moments. A l’âge de 14 ans, quand j’ai acheté mes premières machines, j’étais super content de pouvoir m’appuyer sur des pros, j’essaie d’en faire autant aujourd'hui.

Tu as fait tes débuts dans les années 90's à Grenoble. Comment s’y porte la scène techno, et électronique en générale ?

Super bien. C’est une scène très dynamique. Des labels se sont créés comme Carton-Pâtes Records, dont je suis le parrain. Ils produisent entre autres des artistes grenoblois, organisent différentes soirées avec de beaux line up. Grenoble a aussi sa salle dédiée aux musiques électroniques, La Belle Electrique. Elle réunit la scène mondiale. Donc Grenoble, c’est beaucoup de soirées et festivals tout au long de l’année. Je suis aussi résident du Vertigo Club, depuis plusieurs années. C’est la maison depuis 20 ans, passage obligé.

width="100%" height="450" frameborder="no" scrolling="no">

"Lancer un label prochainement..."

Tu as enchaîné les collabs avec de gros artistes comme The Hacker, Olivier Giacomotto, Oxia, Miss Kittin... À quelle(s) nouvelle(s) collaboration(s) doit-on s’attendre maintenant ?

Tout d’abord, je viens de monter un nouveau projet avec Olivier Giacomotto qui s’appelle Cold Miles, dont le premier EP sortira en septembre sur Noir Music. Après le succès rencontré par l'EP Meantime (lui aussi sur Noir Music) en collaboration avec Citizen Kain, nous avons décidé de continuer de travailler sur de nouveaux tracks. Et tous les trois avons pour projet de lancer un label prochainement, affaire à suivre... En dehors des collaborations je prévois aussi beaucoup de remix.

width="100%" height="450" frameborder="no" scrolling="no">

Qu’est-ce qui est le plus intéressant entre travailler avec de jeunes artistes, et des artistes déjà très présents sur la scène électronique ?

J’aime travailler avec les deux, c’est une histoire de feeling entre artistes. Il n’y a pas de côté plus intéressant pour l’un ou pour l’autre, c’est vraiment une question de personnes, et de qualités propres à chacun.

Il y a un artiste en particulier avec qui tu souhaiterais vraiment bosser ?

Maceo Plex.

width="100%" height="166" frameborder="no" scrolling="no">

Quel est ton meilleur souvenir dans ta carrière musicale ?

L’un des meilleurs souvenirs reste incontestablement le Bercy. Nous y étions en tant que Phunky Data avec Olivier (Oxia). J’étais jeune et il y avait Moby et Carl Cox, j’étais hyper impressionné. Un autre très bon souvenir, reste l'invitation de Carl Cox pour son anniversaire à Londres puis à Ibiza. J'ai aussi fait deux tournées en France avec lui. Pour ce qui est des rencontres, je dirais Laurent Garnier, forcément. Je me rappellerai toujours de la première fois où il a joué mon track «World Cup» à la première Techno Parade de Paris en 1998.

Comment s’annonce la nuit du 2 septembre au Batofar ? À quelles facettes musicales va-t-on avoir le droit ?

Je suis vraiment content de revenir dans ce lieu avec Volum’. J'y ai déjà joué plusieurs fois, j’aime l’ambiance et le public du Batofar. Pour ce qui est de la musique, ça restera dans la lignée de mes productions actuelles.

Rendez-vous le 2 septembre !