Music par Clémence Meunier 15.08.2016

Non, on ne vit pas forcément de la musique (tout de suite)

Non, on ne vit pas forcément de la musique (tout de suite)

Rome ne s’est pas fait en un jour, et on a beau s’appeler David Bowie, Kanye West ou Jack White, il faut bien se faire quelques sous avant de devenir une star. Retour sur ces jobs improbables exercés hier par les idoles d’aujourd’hui.

David Bowie, le plus choupi

Tout petit, David Bowie savait qu’il voulait être musicien. « J’ai eu un plan de carrière dès mes huit ans. Mon père avait ramené tous ces disques américains à la maison… J’en ai écouté un par Little Richard, et ça y est, je voulais être musicien. À vrai dire, à huit ou neuf ans mon ambition première était d’être un des saxophonistes de Little Richard, et c’est à ce moment-là que j’ai eu mon premier saxophone », racontait-il dans une interview donnée à son collaborateur régulier, l’écrivain Hanif Kureishi. C’est bien mignon, mais on n’apprend pas à jouer du saxophone tout seul (pas de tuto YouTube à l’époque) : « J’ai dû accepter un job de livreur pour un boucher pour me payer des cours. » Pour la petite histoire, son professeur de saxo de l’époque, Ronnie Ross, n’a pas perdu contact avec son élève : c’est lui qui signe le solo de saxo que l’on entend sur « Walk On The Wide Side » de Lou Reed, produit par Bowie. Mignon.

Laurent Garnier, serveur pour la reine d’Angleterre

Vers 17-18 ans, Laurent Garnier était fan de disco et voulait être DJ. Une vocation qui n’a pas ravi ses parents. Dans une interview accordée aux Inrocks, il raconte que papa et maman Garnier lui répondaient : « Tu choisis : c’est la coiffure, la restauration, ou on t’envoie faire l’armée. » L’armée, non merci. La coiffure, il faisait déjà ça depuis deux ans sans en être passionné. Va pour la restauration : il fait l’école hôtelière, et part une fois majeur en Angleterre pour être serveur à l’ambassade de France. « J’habitais à l’ambassade, j’étais valet de pied de l’ambassadeur, c’est-à-dire la personne qui lui cire les pompes, lui prépare le petit-déjeuner… À 18 ans, c’est quand même excitant de servir Raymond Barre, Chirac ou la reine d’Angleterre – même si on n’est pas d’accord avec leurs idées politiques. Ça m’a permis d’apprendre l’anglais et de sortir tous les soirs. » Et à force de sortir et de distribuer des cassettes, il finit résident de l’Hacienda sous le nom de DJ Pedro. La suite, on la connaît.

Jay-Z et Kanye West, vendeurs dans l’âme

Gérer des millions de dollars et être dealer, c’est kif-kif bourricot ? Tout à fait pour Jay-Z, qui n’avait pas la carrière la plus légale qui soit dans le New-York des années 80 : « Je sais ce qu’est un budget (…). Pour être un dealer, il faut savoir ce que tu peux dépenser et ce dont tu as besoin pour rempiler », a-t-il expliqué à Vanity Fair il y a trois ans. Kanye West a, quant à lui, commencé dans une branche bien plus respectable : la vente de fringue. Lui qui aujourd’hui ne jure que par la mode et sa ligne Yeezy. Le rappeur ne travaillait pas pour Dior ou Balmain, mais bien pour GAP. Il fait d’ailleurs référence à cette période dans « Spaceship », un titre extrait de son premier et culte album The College Dropout.

Kurt Cobain, presque aussi cool que le concierge dans Scrubs

Si Courtney Love a commencé comme strip-teaseuse, Kurt Cobain s’est retrouvé après avoir abandonné le lycée… concierge dans ce même lycée ! La présence d’un concierge dans le clip de « Smells Like Teen Spirit » ? Une private joke entre les membres de Nirvana et leurs amis proches. Depuis, le secret s’est éventé, et un journaliste du feu magazine Monk a même demandé à Kurt de décrire le grunge d’un point de vue d’agent d’entretien : « C’est un beau mélange de produits d’entretien, à ne pas utiliser dans les toilettes. Quand j’étais concierge, je travaillais avec ces mecs appelés Rocky et Bullwinkle. Ils nettoyaient les cuvettes de toilettes à mains nues et mangeaient ensuite leur déjeuner sans se laver les mains. Ils étaient très grunge. » Miam.

Freddie Mercury et Noel Gallagher, la mode, la mode, la mode

Le point commun entre Freddie Mercury et Noel Gallagher ? Un attrait pour la mode, et ce dès leur premier job. Ainsi, le chanteur de Queen a commencé par tenir un stand sur un marché, dans lequel il vendait avec Roger Taylor (le futur batteur du groupe) des vêtements de seconde main. Noel Gallagher, quant à lui, était roadie – ces personnes qui aident à l’installation et au rangement des scènes pendant une tournée. Mais évidemment, l’éternelle grande-gueule n’était pas qu’un « simple roadie » : « J’étais le roadie le mieux habillé de l’histoire de la musique. Je portais des jeans blancs et ne les salissais jamais. J’étais trop rapide pour la crasse. »

Ozzy Osbourne et Mick Jagger, pas peur du glauque

Le « Prince of Darkness » Ozzy Osbourne porte très bien son surnom : look corbeau, dîner à la chauve-souris et job dans un abattoir. « Je vomissais tous les jours ; et je ne vous parle pas de l’odeur », a-t-il confié à Uncut. Est-ce que ce sont ces souvenirs qui ont poussé l’ancien chanteur de Black Sabbath à devenir vegan en 2012 ? Peut-être, mais en tout cas c’est raté : Ozzy n’a tenu qu’un mois à manger du tofu, et est revenu penaud parmi les carnivores. Glauque toujours, Mick Jagger des Rolling Stones a été brancardier à mi-temps dans un hôpital psychiatrique vers ses 18 ans – on est alors en 1961, l’âge d’or des abus d’électrochocs sur les patients. Qu’importe pour Mick : selon le biographe Philip Norman, le rockeur a perdu sa virginité avec une infirmière dans un placard de ce même hôpital.

Kevin Parker de Tame Impala et Kele Okereke de Bloc Party, l’ennui, ça a du bon

Kevin Parker, chanteur des géniaux Tame Impala, a commencé par s’ennuyer sec derrière un bureau, à Perth en Australie, alors qu’il était juriste. C’est d’ailleurs en procrastinant pendant ses journées de travail pas très passionnantes (no offense les juristes, mais chacun ses goûts) que l’Australien a écrit ses toutes premières chansons. Pour Kele Okereke de Bloc Party, même combat : jusqu’à la sortie du premier album, le chanteur aurait bossé dans un cinéma pour payer ses factures. Au moins, il avait des réduc’ sur les séances, lui.

Jack White, l’écureuil

Avant de devenir mondialement célèbre avec The White Stripes, Jack White était tapissier – c’est-à-dire qu’il rénovait fauteuils et canapés en tissu. Il est même allé jusqu’à ouvrir sa propre boutique, Third Man Upholstery, dont le slogan était « your furniture’s not dead » (« vos meubles ne sont pas morts » en VF). Des années plus tard, quand Jack White a fondé son propre label, il l’a appelé Third Man Records. Le slogan ? « Your turntable’s not dead » (« votre platine n’est pas morte »). On sent comme un hommage. Mais ce n’est pas tout : quand Jack White n’était encore qu’un apprenti tapissier, il a fondé avec son mentor Brian Muldoon un groupe de musique, The Upholsterers –« Les Tapissiers », logique. Ils ont enregistré deux singles : le premier a été distribué de la manière la plus classique qui soit, et la centaine d’exemplaires vinyles du second a été cachée dans des meubles qui passaient à l’atelier des deux rockeurs ! Deux copies de « Your Furniture Was Always Dead… I Was Just Afraid To Tell You » ont été trouvées fin 2014. Plus que 98 !

Victoria Beckham, ou l’infinie reconnaissance à qui déterrera ce dossier

Allons-y tout de go : Victoria Beckham a été figurante pour une émission d’éducation sexuelle sur la BBC (Body Matters de son petit nom). Elle se baladait à l’arrière-plan en rollers, déguisée… en spermatozoïde. Il ne s’agit que de on-dit, puisque aucune vidéo n’existe sur YouTube pour rappeler à la Posh Spice ses jeunes années. Mais on y croit dur comme fer.