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Queen, Hendrix, Tupac, Daft Punk : les plus mythiques performances de festivals

Queen, Hendrix, Tupac, Daft Punk : les plus mythiques performances de festivals

Le soleil, la foule en liesse, le parfum de vacances, l’alignement de groupes béton… Les festivals sont le théâtre de performances incroyables et de concerts mythiques. Passage en revue de ces quelques shows rock, rap et électronique que les spectateurs n’oublieront jamais.

Jimi Hendrix @ Woodstock Festival (1969)

Woodstock fut le point culminant de la contre-culture hippie des sixties et de l’anticapitalisme pacifiste. Mythique, le festival a marqué les esprits tant au niveau du nombre de spectateurs - un demi-million ! - qu’au niveau de la qualité de son line-up ; et il est de coutume de dire qu’il y a eu un avant et un après Woodstock. Entre le 15 et le 18 août 1969, à Bethel près de New York, les plus grands noms de l’histoire de rock se sont ainsi succédé sur scène : Joan Baez, Creedence Clearwater Revival, Janis Joplin, Jefferson Airplaine, Sly and the Family Stone, The Who ou encore Crosby, Stills, Nash & Young.

Mais parmi tous ces concerts marquants, pour la plupart enregistrés et donc visionnables ici et là, c’est une autre performance qui rentrera dans les annales. La clôture du festival est en effet laissée aux soins de Jimi Hendrix, à l’aube du 18 août. Le guitariste, plus sorcier que musicien, délivre une prestation hallucinée, reprend l’hymne national américain « Star Splangled Banner » devant les quelque 30 000 spectateurs restants pour dénoncer l’horreur de la guerre du Vietnam à sa manière puis improvise d’une manière complètement folle un morceau rebaptisé par la suite « Woodstock Improvisation » en guise d’introduction endiablée à son titre « Villanova Junction ». Le jeu de guitare de l’artiste est d’une puissance, d’une force et d’une variété jusqu’alors inégalée - tout en semblant sortir de la manière la plus simple qu’il soit de sa guitare - faisant entrer sa performance dans la grande histoire du rock.

Guitare en feu

Deux ans plus tôt, le 18 juin, c’est au Monterey International Pop Festival que Jimi Hendrix - avec son groupe The Jimi Hendrix Experience - marquera les esprits avec une performance impressionnante et sauvage. Sur scène, le magicien des cordes sort sa recharge d’essence de briquet, met le feu à sa Fender Stratocaster, s’assied un instant à côté de l’instrument en feu avant de finir par le fracasser littéralement sur le sol dans un dernier mouvement de ce qui semble être une transe divine. Autant dire qu’après un happening pareil, la carrière d’Hendrix, encore inconnu du grand public, était bel et bien lancée.

Queen @ Live Aid - Wembley Arena (1985)

En 1985, une tripotée de stars de la culture française (Souchon, Christophe, Renaud, France Gall, Depardieu et bien d’autres) ont sorti « SOS Éthiopie » afin de récolter des fonds pour la famine en Afrique. Et bien que leur titre soit entêtant à mourir, l’idée leur est venue du Live Aid, un double concert géant organisé par Bob Geldof & Midge Ure qui s’était tenu le même jour en simultané à Londres et à Philadelphie.

Inutile donc de préciser que le casting anglophone avait un peu plus de gueule que son ersatz français puisque l’on y retrouvait Duran Duran, The Who (décidément dans tous les bons coups), Elton John, Sting, Madonna (sans playback, sweet old time), U2 (Bono et sa coupe mulet) et Bob Dylan, parmi bien d’autres. En tout, ce seront près de seize heures de concerts qui seront données, pour beaucoup mémorables. Parmi tout cela, on retiendra surtout la performance de Queen à Wembley, qui donnera, selon beaucoup, le meilleur live de sa carrière.

Au programme : stade bondé, poils de torse apparents et moustache mythique pour Freddie Mercury, litres de sueur et aussi et surtout une pléiade des plus grands titres du groupe pour un concert exceptionnel et impressionnant tel que leur showman de leader savait les faire. Une performance iconique comme on n’en reverra jamais plus. Le rock, c’était ça, et c’était bien aussi. Show must go on, comme dirait l’autre.

Daft Punk @ Coachella Festival (2006)

Depuis sa création à l’aube des années 2000, le festival Coachella qui se tient chaque année en Californie n’a cessé de muter jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui : un rendez-vous grandiloquent à la renommée internationale où se retrouvent jeunes filles en (couronnes de) fleurs et hipsters gluten-free afin d’écouter de la bonne musique indé et aussi - et surtout - se montrer sur les réseaux sociaux. Le festival de musique et d’arts a ainsi vu défiler sur ses nombreuses scènes les plus grands artistes, tous genres confondus.

Parmi les nombreux temps forts du festival, le plus marquant dans le monde de la musique électronique est sans conteste le show dantesque de deux Frenchies les plus connus, on parle bien évidemment des Daft Punk. En 2006, pour leur premier concert américain depuis 1999, le duo a décidé de marquer le coup en proposant un show millimétré et maitrisé d’un bout à l’autre et surtout très impressionnant visuellement. Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo apparaissent coiffés de leurs éternels casques sous une pyramide géante faite de LED, créée par la société de production de Los Angeles Bionic League, qui permettait des jeux de lumière et des projections de films ; chose jusqu’alors jamais vue.

L’installation lumineuse fait l’effet d’une bombe et révolutionne littéralement la représentation du live électronique, entrainant dans son sillage de nouvelles folies audiovisuelles - celles de Vitalic, d’Étienne de Crecy et même de Jackson and his Computer Band. Le concert rejoindra ainsi le panthéon des performances mythiques. Et histoire de pérenniser son coup d’éclat, le tandem casqué enregistrera le tout sur un album, Alive 2007, à partir de son live au Palais Omnisports de Paris-Bercy.

Tupac @ Coachella Festival (2012)

Le festival Coachella est bel et bien le lieu de toutes les surprises. Théâtre des reformations de groupes mythiques - on y a vu entre autres Guns n Roses, NWA ou encore LCD Soundsystem regretter leur split - le rendez-vous annuel californien a, en 2012, créé l’évènement en faisant revenir du royaume des morts Tupac, décédé quinze ans plus tôt. Ce sont les deux rappeurs Dr Dre et Snoop Dogg, son ami de longue date, qui ont eu la chance de chanter une nouvelle fois sur scène « Hail Mary » et « 2 of Amerikaz Most Wanted » aux côtés de Tupac Shakur, recréé pour l’occasion en hologramme.

La légende du rap, presque en chair et en os, se déplace sur scène avec aisance, muscles saillants et chaînes en or autour du cou. Un des moments les plus forts de Coachella que le public présent n’est pas près d’oublier. Une résurrection irréelle et magique s’il en est.

À retenir également :

Les performances tristements bordeline non pas des Rolling Stones au Festival d’Altamont en 1966, mais de son public, en transe, qui conduiront à la mort de quatre personnes, écrasées par les mouvements de foule ainsi que du public de Prodigy au V Festival en 1997 qui obligera le groupe à arrêter son concert pendant quinze minutes… avant de reprendre pour ce que les fans considèrent comme leur meilleur live !

Mais aussi : le concert de Rage Against The Machine, vêtus des habits oranges des prisonniers de Guantanamo au Reading Festival en 2008 afin de dénoncer les exactions inhumaines qui s’y passent et le concert de Nirvana à ce même festival en 1992. Kurt Cobain, alors dans un état physique déplorable décide de répondre aux critiques en arrivant sur scène dans un fauteuil roulant, vêtu d’une blouse d’hôpital et d’une perruque blonde. Une image qui deviendra mythique.