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La grande famille Tripalium Corp : "Acid. Noise. Techno. Experimental Rave."

La grande famille Tripalium Corp : "Acid. Noise. Techno. Experimental Rave."

"Echoes from Modern Slavery. Resonances from Industrial Warfare. Acid. Noise. Techno. Experimental Rave. Braindancers United" : C'est aussi simplement que se présente le label et collectif Tripalium Corp sur son site. On a rencontré son directeur artistique Benjamin, et Jaquarius présent sur le label, également DA d'Acid Avengers.

Techniquement, tripalium est un mot latin désignant "un instrument de supplice, qui a ensuite donné naissance au mot "travail". S'ils ont choisi d'en faire leur nom, c'est pour une raison très simple comme l'explique Benjamin Dierstein, directeur artistique du label : "on avait envie de partir sur un délire autour du travail. Sachant qu’on est pas mal sur les logiques un peu 90's, donc aussi un peu indus et le reste. On aime bien présenter ça comme une corporation". Mais si cela lui donne une image un peu brute, Tripalium Corp est avant-tout"une grande famille, à la fois organisatrice de soirées, label et booking". 

Tripalium Corp logo

"Plein de trucs qui partent dans tous les sens"

L'histoire commence il y a deux ans, lorsque Benjamin et Marine  - sa copine, chargé de l'administration et de la production sur le label - organisent des évènements (en majeure partie sur Paris). Ils s'associent au collectif "un peu" barré La Mangouste, en activité depuis 2011. Ils lancent les soirées Casse ton Singe dans un format 19h-midi, pendant lesquelles tous les styles se rencontrent:"rave, acid, IDM, punk, breakcore. Plein de trucs qui partent dans tous les sens, un peu en bordel". C'est à ce moment que le duo décide de monter Tripalium.

Leur volonté a toujours était très claire : faire du bon avec les moyens du bord, le tout dans une ambiance conviviale. Comme Benjamin le résume, le but a toujours été de : "faire des sorties avec ce qu’on a, comme on peu, sans se prendre la tête. Garder un esprit de famille, parce qu'on aime bosser avec des gens qui s’apprécient entre eux. Et le fun, le côté second degré. Ne pas tomber dans des poncifs dark, même si on fait des morceaux qui sont très durs, très sombres".

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La machine est lancée

Le 3 avril 2014, la machine est lancée. Benjamin et Marine organisent leur première soirée officiellement sous leur nouveau nom. Le café-concert L'International les accueille pour une petite soirée parisienne, dans la simplicité et la bonne ambiance. Les premières nuits ont rencontré un petit succès comparées à celles d'aujourd'hui, rapport à des styles musicaux qui ne parlent pas toujours aux "clubbers" parisiens : "au début de l’activité de Tripalium on a fait pas mal de soirées IDM, voir breakcore. C’est des trucs qui ne parlent pas à tout le monde. Il n’y a pas beaucoup de place quand tu veux faire des sons vraiment différents. Il n’y a pas forcément de relais médiatiques, ni forcément un gros public. (...) c’est vraiment un public spécifique, qui ne sort pas énormément et qui n’est pas forcément habitué à aller en club".

A l'époque, le collectif se positionnait sur des scènes particulières, bien avant que les autres soirées ne les remettent en avant. Les soirées Acid Attack! en sont l'exemple même. Ancêtres des actuelles Acid Avengers, elles mettaient en lumière la scène acid parisienne, à une époque où elle n'était pas aussi demandée qu'aujourd'hui. "Ça a radicalement changé en moins d’un an, tout le monde à décidé de s’y mettre. Je me rappelle qu’on a fait jouer Minimum Syndicat, à l’époque peu de personnes s'y intéressaient, c'était confidentiel. Et une fois qu'ils ont joué pour la Drom six mois après tous le monde les voulait. C’était assez fou".

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On reconnait les évènements Tripalium Corp au premier coup d'oeil, avec leurs visuels réalisés par l'artiste nantais Prozeet. À ce jour, la bande squatte les hauts-lieux de la nuit parisienne, du Glazart à La Machine du Moulin Rouge, en passant par le Batofar. Lors de leur dernière soirée sous le nom Acid Avengers, le crew a ameuté environ 1 300 personnes sur LaPlage de Glazart. En tête du line-up, deux figures majeures de la scène acid, tout droit sortis des raves 90's :  target="_blank">Emmanuel Top et Drax (alias target="_blank">Thomas P. Heckmann). Benjamin explique : "c’est vraiment Acid Avengers qui - sur les soirées - tire le truc par le haut. Les autres soirées sont un peu plus confidentielles. On a plusieurs formats différents. Mutant Area qu’on a arrêté, était plus sur des esthétiques IDM. On a Tripalium Arena, qui ressemble plus à ce qu’on fait sur Digital Mutant Series. On a par exemple fait une soirée avec target="_blank">Objekt, et une autre avec Grabenstein qui fait de l’indus".

Acid Avengers

Le label mère et ses petits

Il faut savoir qu'aucune production ne sort directement sous le nom Tripalium Corp. En fait, on pourrait le définir comme le label mère, abritant trois divisions spécialisées. Acid Avengers diffuse des sorties plutôt acid, Tripalium Rave Series et plus branchée techno, rave 90, et Digital Mutant Series, se situe plus dans l'expérimentale, breakdance, indus et noise. Benjamin partage la direction artistique d'Acid Avengers avec Yoric, aka Jaquarius.

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Pour la petite histoire, Yoric emprunte l'alias Jaquarius à l'auteur de Love is Happiness, sorti en 1988, l'année de sa naissance. Cet amoureux de sa TB-303 et petit prodige de l'acid techno se fait la main dès ses premières soirées en troisième, avant d'intégrer l'association Les Déterrés dans l'univers free. Un peu plus tard il entre au Conservatoire de Paris où il étudie l'électro acoustique pendant quatre ans. Un passage de sa vie omniprésent dans ses prods : "L’électro acoustique reste quand même très présent dans mes activités, et dans ma sonorité ça s’entend. (...) Je trouve ça chouette de garder cet esprit conservatoire que j’ai appris". Lorsqu'il rencontre Benjamin lors d'une Acid Attack fin 2014, ils décident de monter le label qui accompagne les soirées et changent le nom en Acid Avengers. Un nom qui, pour Yoric, "coule de source".

C'est à la même période que naissent les trois labels Acid Avengers, Tripalium Rave Series, et Digital Mutant Series. La liste des artistes présents sur la label est longue, comme l'explique Benjamin : "Le noyau dur c’est une petite dizaine d’artistes. Mais avec les quelques compilations, il y a une trentaine d’artistes qui a au moins sorti des tracks ou des remixes sur le label". Parmi eux, on cite bien entendu Jaquarius mais aussi  target="_blank">Paulie Jan, target="_blank">14Anger, target="_blank">Terdjman, target="_blank">Verset Zero, target="_blank">Deikean, target="_blank">Hawkta, target="_blank">Amnesie, et target="_blank">Spectrometers. Benjamin, a été en quelques sortes le chasseur de tête du label. Il raconte :"J'aime digguer les nouvelles têtes de la scène française, ce vivier de jeunes talents. Donc quand j'écoute des gens et que ça colle complètement à ce que j’aime, je vais les voir. Tripalium reçoit aussi beaucoup de demandes, mais la plupart des artistes du label sont des artistes que je suis allé chercher".

Aux dernières nouvelles, le crew se réunira le 24 août à La Station - Gare des Mines, pour la release party de "Paysage Sans Visages" signé chez Digital Mutant Series. Une oeuvre audiovisuelle du groupe Dasein, co-fondé par le duo de vidéastes Konpyuta et le producteur techno Yan Kaylen.


- Crédit Photo : © Mathilde Martin pour Greenroom.fr