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Adieu The Maccabees : le secret le mieux gardé de la pop anglaise

Adieu The Maccabees : le secret le mieux gardé de la pop anglaise

Le band anglais se sépare après avoir donné ses lettres de noblesse à l'indie-rock des dix dernières années. 

La preuve lorsqu'on tape le nom du chanteur des Maccabees, Orlando Weeks, dans l'infâme barre de recherche Google. Un délicat "Girlfriend" se laisse suggérer.

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Preuve qu'il a fait des jaloux, confirmation qu'il est un lover magnifique. Pour son groupe The Maccabees fondé en 2002, − dont on vient d'apprendre la séparation ce lundi 8 août 2016 –, le chanteur et parolier Orlando Weeks a aligné des rivières de mots doux, imparables pour tout coeur ayant un jour effleuré le sentiment amoureux. Colour in It (2007), le premier album du quintet en atteste, avec "First Love" et surtout "Toothpaste Kisses" : superbe ballade qui immortalise l'indescriptible "bisou saveur dentifrice", cher à tous les couples.

Et pour donner de la force à tout ce déballage d'intimité, Orlando et les Maccabees envoyaient des riffs gavés au meilleur de l'indie-rock anglais. Alors que la tonne de groupes issus de la même veine (The Wombats, The Kooks...) se plaisaient à rendre leurs cris, leurs refrains et leurs breaks un peu gras voire brouillons, eux touchaient la perfection du doigt. Vifs, essoufflés, stridents, indivisibles : du pur indie, en mieux. The Maccabees donnaient l'impression de tirer vers le haut tous les codes de l'art indie-rock, celui qui se joue super vite, soi-disant sans prise de tête, sans trop des pédales d'effet, brut.

Le deuxième album Wall of Arms (2009) avait montré que tout ça n'avait rien d'un coup de bol, The Maccabees s'installaient dans l'ombre des Bloc Party (dont ils ont fait les premières parties), Arctic Monkeys, Franz Ferdinand et autres, notamment avec "Seventeen Hands" qui fait décoller les plus durs d'entre nous en 1 minute et 9 secondes.

Pic de créativité

2012 et 2015, les Maccabees ont continué d'explorer leurs prédispositions à faire le beau, passant le cap des chansons de 3 minutes dans Given To The Wild puis Marks To Prove It, des albums moins excités que les deux premiers, que seuls les plus fans ont pleinement digéré.

Pourtant portés aux nues plusieurs fois par le NME, magazine faiseur et casseur de carrières en outre-manche, les Maccabees ont, sans doute grâce à leur humilité trop bien placée, gardé jusqu'au bout cette aura confidentielle qui faisait leur charme, devenant pour beaucoup de ce côté-ci de la Manche : le secret le mieux gardé de la pop anglaise (ce qui ne les empêchaient pas de jouer à guichets fermés pour leur quelques dates parisiennes, certes, mais vous savez... Paris...).

Lundi 8 août, le groupe qui vend des chaussettes et des badges thermo-collants à son nom expliquait sur son site qu'il était temps que ça s'arrête. "La décision fut incroyablement difficile à prendre" est-il dit. Les cinq loustics affirment qu'ils continueront à faire de la musique chacun de leur coté, mais aussi que leur "pic de créativité était atteint" et qu'ils ont fait "les plus gros concerts qu'ils pouvaient espérer faire". Jusqu'à preuve du contraire : The Maccabees assurent qu'ils feront, d'ici peu, quelques dernières dates d'adieu.