Music par Baptiste Artru 03.08.2016

L’histoire de « Satisfaction », le tube révélateur des Rolling Stones

L'histoire de "Satisfaction », le tube révélateur des Rolling Stones

Retour sur un tube qui réveille les somnambules.

Au-delà des dérives marketing, les Rolling Stones restent aujourd’hui réputés en tant que « plus grand groupe de rock de l’histoire». Même si il y a débat autour de ce statut, Mick, Keith et les autres n’en restent pas moins des génies. Ils doivent leur succès à leurs talents respectifs et collectifs, mais aussi et surtout à leur chanson « (I Can’t Get No) Satisfaction« . Avec ses paroles critiquant la société de consommation et ce riff impeccable et inoubliable, on tient un tube planétaire incontestable. Et le pire, c’est que ça s’est joué à peu de choses pour qu’on en soit privé. Les Stones doivent en fait ce morceau à leur guitariste insomniaque, Keith Richards, qui a trouvé l’inspiration dans des circonstances bien particulières.

« il faut que j’enregistre ce truc »

Un soir de mai 1965, le guitariste des Rolling Stones Keith Richards dort à l’hôtel Hilton situé au coeur de Londres. Il n’a pas d’appartement. Les salaires de tournées et les revenus issus des ventes de disques lui permettent de flamber ses pounds dans des amplis, des guitares, des vinyles, mais pas encore dans un appartement. Ce soir-là dans sa chambre, il s’endort, normal. Et là, vlan !  La fée créativité le frappe en plein sommeil. « Je me suis réveillé en pleine nuit, avec un riff dans la tête, j’ai pensé : il faut que j’enregistre ce truc. J’ai enregistré un couplet et apparemment je me suis rendormi. Parce que quand je me suis réveillé le matin, la bande s’était déroulée. Je l’ai passée pour l’écouter, il y avait trente secondes de Satisfaction vraiment très brut puis un ‘clang’ de guitare et 45 minutes de ronflements » expliquera Keith des années plus tardC’est donc vaseux, en plein milieu de la nuit que Keef (son surnom) a sorti ce riff si puissant. Mais ça ne s’arrête pas là. Au début, Keith trouve que le son rappelle trop celui de « Dancing In The Streets » de Martha & The Vandellas, il ne veut pas en faire un single….

Cuivres et rythme & blues

À la base, la chanson se veut être une ballade folk, accompagnée d’un piano. Puis une fois aux USA quelques jours plus tard, petit à petit, le tube va se construire différemment. Dans la tête de Keith Richards le morceau sera rythme & blues avec des cuivres. Un résultat final qui, selon ses dires, se rapprocherait de la reprise de « Satisfaction » par Otis Redding, enregistrée par le King of Soul cette même année 1965.

Enfermés dans la cuisine

Dans les studios, à force d’expérimenter autour de ce riff, Keith Richards découvre la pédale à effet fuzz, donnant à sa guitare ce son gras et strident, très reconnaissable sur la chanson. Mick Jagger a lui eu le temps d’écrire des paroles, de bonnes paroles. Les « glimmer twins » (jumeaux étincelants, surnom donné au duo Jagger/Richards) ont toujours galéré pour pondre des textes. À la base les Stones sont un groupe de reprises, leur premier disque est un disque de reprises. Leur premier succès, ils le doivent aux Beatles, Lennon et McCartney leur donnant la chanson « I Wanna Be Your Man ». Le premier morceau que Richards et Jagger ont réussi à écrire est « As tears Go By », alors enfermés de force dans leur cuisine par leur producteur de l’époque, Adrew Loog Oldham, exaspéré de leur non-productivité et sûr de leur talent. Jagger réussit donc les paroles de « Satisfaction », parlant de son point de vue, du point de vue de la jeunesse. Il critique la société de consommation, la publicité et toutes les obligations que celles-ci entrainent. Mick-le-coquin cale même une petite référence au sex, par ce que faut pas déconner, ça reste un Stone.

N°1 des Charts

L’alliance de la batterie et du refrain qui martèle « I Can’t Get No Satisfaction » avec ce riff cinglant fera le succès des Rolling Stones, atteignant la première place des charts d’Europe et d’Amérique. Leur donnant une légitimité, leur ouvrant les portes de la gloire. Si tu te réveilles cette nuit avec une superbe mélodie en tête, tu sais ce qu’il te reste a faire.

 

 

– Via : Life de Keith Richards & James Fox ; Rolling Stones, une biographie de François Bon ; Songfacts.com