Music par Greenroom 31.07.2016

Le « baby-rock » français tu te souviens ? C’était ça !

Retour sur les groupes de cette scène oubliée, quand la vraie vie était sur Myspace.

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux et ils étaient meilleurs que toi. Alors tu te foutais de leur gueule par jalousie, et tu les affublais de ce sobriquet qui retourne le bide comme quand tu rêves que tu vas à l’école sans tes fringues : « baby rockers ! ». On garde en tête les BB Brunes mais ils n’étaient pas les seuls à avoir écouté The Libertines, The Strokes et tous ces groupes à guitares. En fait c’est d’abord et surtout le magazine Rock’n’Folk qui a créé tout ce ramdam. Fabriquant de toutes pièces ou presque cette scène – très parisienne- , et plaçant les Naast ou les Plastiscines en Une… alors qu’habituellement les Stones, les Ramones et autres dinosaures la squattent. En bref, on assistait à une tentative de sacre de groupes fringants censés incarner un renouveau musical très rock pour l’Hexagone. C’était vers 2007, et puis on a tout oublié. Souvenance.

Les Plastiscines – « Loser »

Impossible de le nier, lorsque ce « girlband » débarque avec « Loser », il y a un truc très rock qui se tisse dans l’air. Quatre nanas aux minois sympas qui déchargent leur rancœur sur un mec, c’est suffisamment badass pour qu’on s’accroche. Les riffs sont simplistes, limite hors-rythmes, parfaits en somme. Ça a piqué l’égo de pas mal de groupes de lycée qui se la jouaient brit-rock, à l’anglaise, et qui changeaient que dalle.  Tant mieux. « Méfies-toi, loser, trop d’arrogance en toi, loser, prends garde à toi, loser ».

Pour info, Ana la batteuse (qui a vite remplacé Zazie que l’on voit dans le clip de « Loser ») et Katty la chanteuse ont récemment monté un side-project baptisé Arizona Twins. Pour les autres tubes des « plastocs », cherchez « Shake » et « Barcelona ».

Les Naast – « Mauvais Garçon »

Eux c’étaient les plus énervants de tous, Haters gonna hate. Ils venaient de Joinville-Le-Pont et ils avaient Gustave : un chanteur-leader un peu belle gueule, effrontément torturé, qui avait presque planté une fourchette dans l’oeil d’un mec d’un groupe rival à l’époque. Des sales gosses, avec ce tube, « Mauvais Garçon » qui leur collait beaucoup trop bien pour être honnête. Haters gonna hate.

Les Shades – « Le prix à Payer »

Interrogé par le regretté magazine papier  Vox Pop dans son premier numéro, ce bon vieux Dick Rivers ne tarissait pas d’éloges envers les Shades, et précisément envers ce tube oublié : « Bon, c’est pas nouveau, mais c’est hyper bien. La seule façon de renouveler le rock de ce pays, ça sera de faire comme vos Shades, là : il faut chanter en français« . C’est dit.

Second Sex – « Lick My Boots »

Personne ne peut résister à « Lick My Boots ». Tu passes de zéro à cent à l’heure en pas longtemps et tu en redemandes. Sauf que les Second Sex faisaient figure d’outsiders. Ça leur plaisait, ils ont tenté de soigner leur affaire, de prendre le temps, de faire un groupe juste, puissant, sérieux, qui après le faste du baby-rock s’installerait dans la durée. Mais quelque chose a foiré. Et il n’ont pas trouvé la formule pour mettre du français dans l’alchimie nervurée de leur tube léché. ( Ecoutez aussi « J’ai couché avec le diable »).

BB Brunes : « Dis-moi »

Avant de monter sur scène les BB Brunes passaient éhontément « Initials B.B. » de Gainsbourg pour chauffer la foule. Leur premier album a beaucoup plu aux groupies, le deuxième Nico Teen Love a eu quelques beaux honneurs de la critique. Le trio devenu quatuor a finalement terrassé des nuées de haters, il vivait la belle vie, leur musique passait non-stop à la radio, de « Dis-Moi » à « Lalalove You » en passant par « Le Gang ». Puis Adrien Gallo le chanteur s’est lancé en solo et ça avait l’air de bien rouler pour lui.

The Parisians – « Wake up Alice »

Voici des mecs beaucoup plus confidentiels, plus brut de décoffrage et moins franchouillards que les autres. D’ailleurs The Parisians s’accrochent encore, ils ont très récemment fait des concerts à Paris. Ils ont mené leur barque loin du faste des premières années, ce temps béni où ils ont réussi à placer deux morceaux sur la compilation culte Paris Calling (2006) qui témoigne toujours bien de cette époque révolue.

Mais aussi :

    • Nelson – « People And Thieves »

    • Music Is Not Fun : les anglophiles qui chantaient « (Do You Love) My Shoes ? »