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Jacques a dit : "chlib", "sphinx" et "philophile"

Jacques a dit : "chlib", "sphinx" et "philophile"

Kamoulox.

En parallèle de notre interview farfelue au Macki Festival, Jacques nous a livré le secret de quelques mots inventés avec son pote Tony. Des créations à la fois amusantes et utiles pour éviter le fameux « je n'ai pas de mot pour décrire ce que je ressens ». Adepte de la précision du langage, comme le montrent ses conférences TED, Jacques met également son imagination et sa créativité au service de sa musique, qu'il travaille actuellement en 5.1., c'est à dire des projets exploitant la musique en 3D associés à une expérience visuelle. Après son étude du Vortex, l'artiste fantasque ne s'arrête donc plus de surprendre.

Jacques invente des mots :

Un philophile : un mec qui kiffe kiffer. Exemple : « Me demander mon bruit préféré, c'est comme demander à un 'philophile' quel est son kiff préféré » explique Jacques. Ce néologisme amusant est venu spontanément lors de notre entretien, inspiré d'un simple lapsus.

Le chlib : Le chlib est un outil pour les brainstormings. Annoncer chlib permet de dire : « Je sais que mon idée n'est pas ouf, mais regardez ce qu'il y a de bien dedans ». Histoire de lâcher ce qui te passe par la tête sans trop réfléchir et sans passer pas pour un idiot.

Le Sphinx : Un mot subtil de politesse, parce que la politesse à outrance c'est lourd. Synonyme : lorsque tu piques une bouchée dans le sandwich de ton meilleur pote : « Je te carotte gros, mais avec respect ».

Les expériences de Jacques :

Jacques nous explique que, bien qu'il n'ait pas sorti énormément de morceaux dans sa vie, il a composé beaucoup de musique. De ses petites expériences personnelles ressortent quelques anecdotes.

La musicalité de la voix

Contrairement aux voix rassurantes comme celle d'une mère qui s'adresse à son enfant, ou d'un maître spirituel sur Youtube, certaines voix sont agressives selon Jacques  : « Parfois, je prends des voix de publicités et je coupe les aigus. Du coup, il ne reste plus que la mélodie de la voix, sans qu'on puisse en comprendre le contenu. Malgré tout, on sent que c'est une pub, rien qu'a la musicalité agressive, on sait que la personne qui parle veut vendre. Ça peut donner des super mélodies d'oppression dans de la techno. »

Le son binaural

Les savants fous de l'IRCAM nous avaient déjà parlé du son en 3D appelé binaural. Il s'agit de jouer avec les sons, qui varient en fonction de leur provenance dans l'espace, et même la forme du crâne de celui qui écoute. Jacques compte bien tirer le meilleur de cette nouvelle approche technologique :

« Je me pose la question de comment le binaural et la spatialisation du son vont influencer la musique. J'ai commencé à composer en 5.1, mon idée serait de créer une expérience audiovisuelle en réalité virtuelle. Il y aurait un tableau vidéo fixe qui projetterait des images, en fonction de là où la personne dirige son regard, les sons changent. Il s'agit de trier des variables sonores sur des coordonnées abscisses-ordonnées ». Alors que les scientifiques travaillent sur une restitution fidèle de la réalité sonore, Jacques préfère improviser :

« La question n'est pas d'imiter le réel, mais de jouer avec pour créer des mondes sonores qui n'existent pas ». On risque d'avoir de belles surprises.