Music par Antony Milanesi 03.07.2016

Foals et Disclosure jouent au babyfoot et gagnent le jour 2 des Eurocks

Foals et Disclosure jouent au babyfoot et gagnent le jour 2 des Eurocks

Brexit tu parles. C’est quand même la mode anglaise qui l’a emporté sur le jour 2 des Eurockéennes. N’en déplaise à Louise Attaque, Lou Doillon et Last Train ; Foals et Disclosure programmés à la suite, pour finir (à 00h15 et 1h30 ), ont martelé la foule avec leurs tubes de la mort. Comme s’ils misaient tout sur leur dernier titre, les deux bands d’Oxford et du sud de Londres ont enfoncé le clou avec « Two Steps Twice » pour Foals et « Latch » pour Disclosure. En fait, ça fait des années que la bande à Yannis Philippakis et les frères Lawrence s’échappent après ces morceaux-là.


« En même temps, quand on ne joue pas Two Step Twice, le public tire la gueule » assure, en substance, Jack Bevan le très bon batteur des Foals. « Et puis on aime le set comme ça. On a toujours essayé de créer un équilibre quant à l’énergie qu’on déploie sur scène. Les morceaux sont trop bien là où ils sont pour qu’on les change de place ». Il y avait quand même un peu de quoi tirer la gueule hier lorsqu’on a vu un Yannis Philippakis en demi-forme, pas foutu de sauter dans la foule sur « Two Step Twice » justement, alors que c’est ce à quoi il nous avait habitué, ce que tout le monde attend de la bête.

Le songwriter a certes pris un bain de foule juste avant la fin, sur le surpuissant « What Went Down ». Mais rien à voir avec le greco-british des très grands jours (ce qui ne veut pas dire que c’était mauvais, au contraire, juste que d’habitude c’est encore mieux. No Panic, les loulous qui se sont risqués à jeter l’ancre devant la scène, au milieu, en ont quand même pris pour leur grade en terme de pogo, sueur et tout. En plus ils ont joué « Cassius » et de l’aveu même du brailleur, ça faisait cinq ans qu’ils ne l’avaient pas joué).

Mettons cette demi-forme sur le compte du Brexit. Entre deux chansons Foals caresse la foule en affirmant qu’ils aiment l’Europe et qu’ils ne voulaient pas partir, « We love you » dit Yannis. « Le Brexit est une tragédie nationale. Personne ne s’y attendait réellement. En fait on ne sait même pas si ça va vraiment se faire tellement il y a de manifestations depuis le vote. L’atmosphère est vraiment triste en Angleterre, particulièrement à Londres où la majorité des gens ont voté pour le maintien. Les racistes ont clairement saisi leur chance, maintenant il y a des agressions dans les rues, le climat est nauséabond, j’ai honte d’être Anglais ». C’est Jack qui dit ça, 6 heures avant le concert.

« On est jamais prêts »

C’est sûr que dans cet état, pas simple de péter la forme sur scène. Où alors il faut avoir des grosses astuces pour être prêt avant le top départ. « On est jamais prêts » rétorque Jimmy, le guitariste-pianiste. « Une heure et demie avant, on fait toujours complètement autre chose, puis lorsqu’on est une heure avant on pense au concert. D’un coup il ne reste que 30 minutes alors tu te dis oh non sérieusement ? Là il ne reste plus que 10 minutes, tu passes aux toilettes et là il te reste tout juste 2 minutes lorsque tu es enfin prêt. C’est comme ça chaque putain de soir. Every Bloody day ». La vie d’artiste. 1h30 avant le show des Foals, c’est donc le moment de fun. Jimmy se lance dans une partie de baby, avec les Disclosure et Kit Monteith, photographe, réalisateur, artiste, grand copain des Foals. Le sixième membre caché des Foals, Reuben Gotto (qui accorde tous les instruments et a déjà remplacé le bassiste Walter sur tout un concert) prend la photo.

Caught the big game before the show tonight

Une photo publiée par Reuben Gotto (@reubengotto) le

Disclosure  rameute le plus de monde

L’histoire ne dit pas qui a gagné mais en terme d’Eurockéennes, c’est Disclosure qui se paye la Grande scène et qui rameute le plus de monde. Son et lumière, le show des écrans et des projecteurs est monstrueux. Les frangins se départagent parfaitement les tâches, batterie et entertainement pour le blond, chant et basse pour l’autre. C’est complètement la classe, les fréros solitaires lévitent au centre de leur énorme scène déserte. Comme si vous étiez sur la lune à envoyer des lasers blancs, rouges et sonores sur la Terre pour qu’elle tourne. La foule fait des vagues magnifiques, tout le monde en prend pour son grade, même si l’effet de surprise des premiers live est passé… mais pour ça, faudrait qu’ils arrêtent de jouer les mêmes morceaux, et c’est impossible, c’est même l’inverse de ce qu’on veut, de ce qu’ils veulent. Yannis de Foals le marmonne : « quand on se lève le matin c’est ce qu’on a envie de faire, aller jouer nos morceaux. C’est une bénédiction quelque part.» Pourvu qu’il dise toujours ça dans 5 ans si l’idylle avec les Eurocks continue. « On est venu 1 seule fois, pour le premier album en 2010, je suis allé nagé dans le lac après le concert ».