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Iggy Pop au MSF 2016 : un monument de 60 balais plus jeune que toi et moi

Iggy Pop au MSF 2016 : un monument de 60 balais plus jeune que toi et moi

Report en trois actes du héros aux (au moins) trois vies.

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C’est le nom qui traînait sur toutes les lèvres en ce vendredi 1er juillet du côté du Main Square Festival : Iggy Pop est en ville. Même Yelawolf, rappeur à tendance americana, nous confie désirer voir l’Iguane en chair et en os. « Son dernier album est un classique ! » déclare-t-il. « Mais je serais quand même chaud pour quelques classiques des Stooges ». Vœu exaucé illico presto. A peine les lumières éteintes, le riff de « No Fun » se met en route en même temps qu’Iggy débarque sur scène. Torse-nu, déjà, évidemment.

S’en suit un début de setlist plus truffé de tubes légendaires que ce que la raison devrait permettre. Lisez plutôt : « No Fun » / « I Wanna Be Your Dog » / « The Passenger » / « Lust For Life ». Iggy gigote, va d’un côté à l’autre de la Main Stage, descend vers la foule, se met à quatre pattes et imite un chien. Tout ça à 69 ans et sans paraître ridicule : son corps musclé et cicatrisé est là pour rappeler qu’il ne fait pas la marionnette, mais qu’il a donné sa vie pour défendre une philosophie du rock. Ce corps est le rock’n’roll. Qu’il bouge partout, qu’il vive !

_MG_3089©Sarah Bastin

ACTE 2

Ce soir à Arras, Iggy Pop n’est pas venu en compagnie du supergroupe qui l’accompagnait sur Post Pop Depression et sa tournée. Pour les festivals, Pop est entouré d’un groupe plus incognito. Comme ce début de set en fanfare le prouve, c’est le moyen pour Iggy de juste faire plaisir à son public avec un retour nostalgique sur sa carrière. Mais après avoir essuyé quatre gâchettes incontournables, que se passe-t-il ? Pour un court moment, on croit à une machine déjà essoufflée, les morceaux rock se succédant sans la magie des tubes. Mais ce serait idiot de résumer Iggy à un simple punk avant l’heure aujourd’hui dépassé. Car « 1969 » démarre, avec ses guitares psych-rock et ses paroles qui sonnent toujours comme le parfait hymne d’adolescence désenchantée : « 1969, une nouvelle année avec rien à faire pour moi et toi ». Foutez 2016, ça fonctionne toujours.

Surtout, Iggy donne la lumière à trois titres de The Idiot, son album produit par David Bowie. Avec leurs lourdes et rondes basses, leur ambiance nocturne, leur tentation synthétique et machinale qui groove, « Sister Midnight », « Nightclubbing » et « Dum Dum Boys » sont toujours aussi modernes en 2016.

_MG_3130©Sarah Bastin

Acte 3 

C’est l’heure du rappel, demandé avec timidité par le public trempé d’Arras. Au menu, une chanson du dernier album, suivi de la plus grande chanson punk de quand le punk n’existait pas encore. « Gardenia » séduit, « Search & Destroy » rase tout. Un dernier rappel qu’Iggy Pop était à l’avant-garde en 1973, et qu’il n’est toujours pas distancé en 2016.

_MG_3103©Sarah Bastin

 

_MG_3104©Sarah Bastin