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Les 25 meilleurs disques de 2016 selon Greenroom

Les 25 meilleurs disques de 2016 selon Greenroom

Des blockbusters, des discrets, des Ricains, des Français, et même des Anglais (on vous en veut pas les gars), il y a de tout dans notre top de mi-année. Cliquez sur les pochettes pour écouter les albums ou EP sur Spotify.

MONEY-Suicide-Songs25. Money - Suicide Songs

 

Jumo-Nomade24. Jumo - Nomade EP

 

baggy23. Michael Christmas - Baggy Eyes EP

 

Erika_12JKT EPS_r322. Mitski - Puberty 2

 

holy21. Holy Fuck - Congrats

 

else20. Else - Mirage EP

 

chance19. Chance, The Rapper - Coloring Book

 

eagulls-ullages-album-new18. Eagulls - Ullages

 

altered17. Altered Hours - In Heat Not Sorry

 

carseat16. Car Seat Headrest - Teens Of Denial

 

romeoelvis15. Roméo Elvis - Morale

 

dma14. DMA's - Hills End

 

lomepal13. Lomepal & Stwo - ODSL EP

 

Grand-Blanc-Memoires-Vives12. Grand Blanc - Mémoires Vives

 

skepta11. Skepta - Konnichiwa

 

francois10. François 1er - Hôtel Du Nord EP

François Ier a raflé la couronne de l'electronica française avec son EP Hôtel du Nord. Moins binaire, toujours aussi profond, le jeune producteur frenchy franchit un nouveau palier, tout comme son label. Ses potes de Boussole Records ont en effet monté une nouvelle structure, Haut Cinq, via laquelle est sorti la galette du roi.

 

death-grips09. Death Grips - Bottomless Pit

Aussi immédiat et explosif que The Money Store mais avec une production hi-fi et soignée, Bottomless Pit marque une nouvelle entrée addictive dans l’une des discographies les plus captivantes des années 2010. Comme clamé dans le titre d’ouverture, le cyber-rap-punk de Death Grips donne de bonnes idées aux gens mauvais.

 

radiohead08. Radiohead - A Moon Shaped Pool

En recollant à quelques racines de la pop britannique (la folk bucolique de Donovan et Nick Drake, les violons dramatiques d’« A Day In The Life » des Beatles) Radiohead a échappé à la menace intello qui lui planait sur la tête après The King Of Limbs en offrant juste un album de grandes chansons. Les talents aux arrangements de Johnny Greenwood et au chant de Thom Yorke font ensuite la différence. En finissant par une ballade écrite en 1994 (!), A Moon Shaped Pool sonne d’ailleurs carrément comme un chant du cygne. Si c’est le cas, on n’imagine pas meilleur épilogue.

 

jazzy-bazz-p-town07. Jazzy Bazz - P-Town

Sans doute le meilleur album de rap français en 2016. Tranchant dans "le Roseau", poignant sur "Ultra Parisien" et groovy lorsqu'il entonne "3.14 Attitude" ; Jazzy Bazz assène des lyrics toujours aussi précis, audibles, et fins avec son flow puissant. Le Parisien du collectif L'Entourage a marqué ce début de l'année.

 

kendrick06. Kendrick Lamar - untitled unmastered

Après la sophistication précise de To Pimp A Butterfly, le rappeur de Compton nous livre un album clairement lo-fi. Kendrick Lamar pose sa voix sur ce qui semble être des chutes de studio et nous donne l’impression de nous donner un cadeau avant un album à venir extraordinaire.

 

Flatbush-Zombies-3001-A-LACED-ODYSSEY-ALBUM-ARTWORK05. Flatbush Zombies - 3001 : A Laced Odyssey

3 : C’est la somme de talent qu’on retrouve dans le projet Flatbush Zombies. Meechy Darko leader incontesté à la voix massive, Zombie Juice le rookie pressé de trouver sa place et Erick « The Architect » Elliott le producteur excentrique.
6 : C’est donc le nombre d’années que les Zombies de « Flatbush », quartier de Brooklyn, ont passé à trainer leurs dégaines lookées dans le rap. Avec au final dans les poches deux mixtapes et un EP en collaboration avec The Underachievers, voilà qu’arrive en 2016, 3001 : A Laced Odyssey, leur premier album. Un LP attendu qui se détache clairement de tout ce que l’on a déjà pu entendre dans le rap.
12 : C’est le total de tracks qui s’enchainent. Un Erick Elliott à la prod’, alternant entre les rythmes pour une odyssée tout sauf monocorde, c’est l’envie. Ego-trip, état des lieux du rap actuel… des thèmes « déjà vus » mais qu’on leur pardonne 1000 fois dès qu’on écoute le résultat final.
24 : C’est le nombre d’heures qu’on peut passer avec 3001 dans les oreilles sans jamais se lasser. En boucle sur "This is it", "Good Grief" ou encore "Fly Away".

En définitive, le trio s’équilibre parfaitement, les tracks se passent le relai sans forcer, le style est efficace et nous laisse avec plusieurs punchlines mémorables qu’on est fier de pouvoir lâcher en rythme. Le voyage est dépaysant, le pari réussi. Et pour un bonheur total, écoutez-le en regardant 2001 : A Space Odyssey de Kubrick… c’est Meechy lui même qui le conseille.

 

spring04. Spring King - Tell Me If You Like To

Encore un groupe qui t'oblige à baisser les vitres et à écraser le champignon. Sauf que celui-là ne transpire pas la crasse de Floride ou de Californie. Spring King, c'est la mélasse de Manchester qui s'étale comme tant de riffs fondus dans le goudron américain, ceux du style garage brûlant attisé par tant de groupes. En fait, tu tiens avec Tell Me If You Like To un album pas trop raté, fait par des mecs qui s'inventent un peu une vie de losers ambitieux. C'est justement ça qui fait tout le cool du son "garage". Pour le coup, les mecs n'ont pas raté grand chose. C'est là où il réussissent un truc, à ne pas partir dans la caricature. L'album est carré, bien foutu, bossé comme un album avec des hauts, des bas, du rapide, du lent et surtout pas trop de friture. Du garage lambda, avec aucune anecdote trash à coller dessus. C'est pas avec les Growlers, Hanni El Khatib et les Black Lips qu'on aurait eu ça.

 

kaytra03. Kaytranada - 99,9%

House, R'n'B, rap, soul, et samples de jazz-funk brésilien, Kaytranada a exploré un vaste répertoire pour pondre un album varié et soigné. On notera le featuring puissant avec Vic Mensa ("Drive Me Crazy") et la séduisante apparition d'Anderson .Paak ("Glowed Up"), parmi les nombreuses associations efficaces au sein de ce 15 titres très hype.

 

the-kills02. The Kills - Ash & Ice

Ah ouais c'est sûr qu'après quatre albums, c'est chaud de se renouveler sur le cinquième. Du coup la bible de l'indie Pitchfork tape sur Jamie Hince et Alison Mosshart en disant qu'Ash & Ice part un peu trop dans tous les sens. Sauf que Jamie reste un sacré guitar hero, et qu'Alison tente des trucs qu'elle a jamais tenté. Le fait est qu'on en a toujours beaucoup trop fait sur les Kills et la hype qu'on mettait autour. Maintenant, faut assumer. L'album a du style, ce bon vieux style soi-disant minimal dont peu ont la recette, et ô merci il y a toujours ces deux voix complémentaires qui se cherchent à la manière d'un couple illégitime. "Whirling Eye" et "Siberian Nights" sont les pierres qu'il fallait semer pour permettre aux Kills d'avancer sans perdre leur chemin vers la gloire terne qu'on leur enviera toujours. En 2016 le rock a pris du plomb dans l'aile, mais Ash & Ice donne le droit à nos deux corbeaux has been de voler plus haut qu'on leur autorise.

 

life-of-pablo01. Kanye West - The Life Of Pablo

À la sortie de The Life Of Pablo, on s’est lancé dans une analyse en profondeur un peu folle, track par track, du septième album de Kanye West. Depuis, il été modifié, trois fois. Une chanson a même été ajouté en fin d’album, « Saint Pablo ». Désuète alors notre plongée dans le dernier monument du rappeur de Chicago ? Pas du tout. Bien sûr, le magnifique « Saint Pablo » mériterait son petit texte. Mais l’arc narratif de la vie de Pablo est toujours là, de la prière au triomphe créatif, en passant par l’excès et la solitude. Ceux qui voient dans l’album un bordel balancé dans le rush n’ont pourtant pas tort, mais c’est bien là que se trouve aussi sa réussite. Dans son instabilité, son urgence qui ne se pose pas en obstacle à la cohérence narrative de l’œuvre, The Life Of Pablo raconte une histoire schizophrénique de passion, de chute et de rédemption qui sonne hyper contemporaine et délivrée live. Qu’elle se joue en direct devant les écrans du monde entier n’en est que plus satisfaisant.