Music par Antony Milanesi 25.06.2016

Solidays 2016 : les outsiders Feu! Chatterton au top face à M83

Solidays 2016 : les outsiders Feu! Chatterton au top face à M83

Le futur grand groupe français a choppé le créneau luxueux mais concurrentiel de 22 heures vendredi à Solidays 2016. Les Feu! ont donc joué en même temps que M83, la faute aux Flatbush Zombies qui ont annulé au dernier moment.

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© Sarah Bastin

 

Pour leur deuxième apparition au festival organisé par Solidarité Sida, les gaillards franchouillards de Feu! Chatterton ont dépassé les attentes de tout le monde avec un très bon concert, un poil expéditif mais plus débridé qu’à l’accoutumée. Et heureusement ! Parce qu’il fallait vraiment le vouloir pour louper M83 en ce premier jour de Solidays 2016. Même le bassiste des Feu! en parlait : « Je serai bien allé voir M83 mais ça va être compliqué, du coup ». Tout ça à cause des mastodontes féroces de New York, les Flatbush Zombies.  « Ils ont annulé au dernier moment et ça arrangeait la programmation qu’on décale notre passage. On l’a fait de bon cœur. On espère qu’on le regrettera pas tout à l’heure » lâche Arthur, la voix du groupe, en se marrant, 4 heures avant le concert.

« Ok peut-être qu’il n’y aura personne, tant pis »

Pour le parolier, ce n’est pas un problème de démarrer en même temps que le retour triomphal de M83, tête d’affiche hyper attendue du festival. « Non mais ça c’est pas grave, tu penses que M83 est vraiment si attendu ? ». Ouais. « Mais il n’a qu’un tube et ça fait quatre ans ?! » Complètement vrai, mais il a sorti un nouvel album « Il est bien le disque ? Il y’a une chanson avec Mai Lan c’est ça ?» Bien vu. « Ok peut-être qu’il n’y aura personne, tant pis » Arthur a la classe, détendu, il se marre encore, avec le reste du groupe. « Il font les beaux mais on joue devant dix mille personnes, on est stressé » jette le bassiste. Peut-être aussi stressés que l’an dernier, en fait. « En 2015 on a joué trente minutes, après le tremplin Paris Jeunes talents, sous un chapiteau, c’était un set très intense. Là on a une heure sur la scène Dome, la deuxième scène du festival, on va vraiment pouvoir développer notre musique. En plus on aura une petite surprise ». La surprise c’est la reprise de « j’aime regarder les filles » qu’ils ont bossée en a peine trois jours. Un titre efficace qui a fait mouche, même s’ils ont pris le parti étonnant de se passer de la super ligne de basse qui tient tout le morceau original.

Le concert de vendredi 22 heures avait donc du neuf à offrir, enfin. Mais pas qu’avec cette reprise. On dirait que les Feu! ont bossé, ou du moins réussi à débloquer quelque chose. Sur scène leurs morceaux ont parfois pris une autre dimension. La même que celle des groupes les plus balèzes, qui se servent finalement de leurs compos comme d’un gant qu’ils étirent, pour ensuite claquer physiquement le public. Les soucis techniques passés, le dé-tricotage limite Acid de l’un de leur tube, « la Malinche », a par exemple mieux marché que lors de leur série de passages très maîtrisée au Trianon de Paris.

« protégez-vous faites l’amour »

Quatre heures avant le live, instant interview. Le groupe reconnaît en effet avoir bossé, et finalement Solidays s’est révélé être une bonne occase de faire une pause. « On n’est pas convié pour demain ou dimanche mais de toute façon, on a du boulot. On va en studio. En ce moment, on monte quelques reprises. C’est une manière qu’on a de se faire plaisir, de se chauffer un peu, et c’est une bonne façon de relire des artistes qu’on aime bien. On va enregistrer ça dans la foulée ». Top. Mais quand même, Solidays, Solidarité Sida, c’est important, non ? Arthur :« Pour être honnête je pense que la plupart des artistes sont là, comme nous, parce que c’est d’abord un beau festival. C’est ce qu’ont réussi les programmateurs : faire venir les artistes d’abord parce que c’est un beau festival, et ensuite de les faire se sentir concernés par cette cause, comme le public. C’est important de le rappeler plusieurs fois, le sida tue toujours beaucoup de gens. La capote, c’est une réalité à laquelle on a affaire tous les jours. Peut-être que la génération qui arrive s’en rend moins compte. C’est en tout cas ce qu’on dit autour de moi. Alors il faut le rappeler : protégez-vous, faites l’amour ». Et sur scène Arthur fera allusion à tout ça avant de lancer « La mort dans la Pinède », ça coulait de sens.