Music par Greenroom 25.06.2016

Solidays 2016 : De 4h à 16 h, le recap inversé du jour 1

Solidays 2016 : De 4h à 16 h, le recap inversé du jour 1

Parce qu’on sait que vous êtes partis trop tôt pour tout voir, tellement c’était bien dés le début et que vous avez tout donné sans penser à vous préserver. 

4 h : Salut c’est cool il va pleuvoir

En fait il n’est même pas 4 heures, il est 4 h 30 du matin et le jour 1 de Solidays 2016, c’est terminé. Ciao, basta à demain. Salut C’est Cool a enfoncé le clou du spectacle. C’est dingue de voir à quel point on en a encore sous le pied. Pourtant le soleil s’est pieuté depuis des lustres. Salut c’est Cool nous a filé un second souffle avant de rentrer. Grosses basses de techno toujours pareille et Punchlines. « Tout se termine ici, tout commence ici. Vous êtes dans l’instant présent. Ça a l’air dingue mais en réalité, c’est la réalité ! ». Voilà ce que c’est, l’énergie communicative. Quatre types délurés qui brandissent des panneaux géants sur scène. Dessus sont imprimés un motard, un ballon de basket, un clavier de piano. « On a fait une sieste » lâchaient-ils vers 21h30 quand on leur demandait leur secret pour tenir jusque pas d’heure ce soir. Simple, efficace : du Salut c’est Cool tout craché. Après eux, les premières goûtes de pluie se jettent sur les pare-brises des bus et taxis. C’était cool, salut.

Le piano selon #SalutCestCool @Solidays #festival #Paris #Solidays

Une vidéo publiée par Greenroom (@greenroomfr) le

2h-3h : mission impossible pour les clubbers

« Choisir » est clairement le pire mot d’un festoch, mais quand sonne 2 heures ce vendredi c’est carrément le verbe à bannir du dico. Le dilemme finale était insurmontable : entre le set ultra-appuyé de Gener8ion alias Surkin sur la Greenroom, la tendance makina de Vandal scène Circus, les téléportations clubs de Pouvoir Magique sur la scène Domino et surtout : la raclée que Boys Noize, en grand patron venu d’outre-rhin qu’il est, fout à ses concurrents sur la scène Dome… Impossible de s’en sortir. On a choisi quand même, Gener8ion quand même, parce qu’il a dansé façon 8 milliards de soubresauts pour insuffler une pelleté de titres bien sentis, avec l’aval de Louisahhh qui l’acclame comme une fan depuis le côté de scène, alors qu’elle sort juste de son set. En vrai, peut-être qu’avec les néons boostés aux fumigènes de Boys Noize, qui a quand même surclassé tous ses concurrents, Gener8tion l’aurait emporté sur ce créneau.

Presque 1 heure avec DJ Snake

La nuit est complètement lancée, et personne ne se dit que demain, 10 heures, les coups de soleils chopés toute l’aprem’ vont sévèrement tirer sur la peau. Là, c’est plutôt l’heure de tenter de choper les beats de l’un des plus classes DJ français, DJ Snake, qui fait décoller la scène Paris. Sauf qu’il fait atterrir tout le monde un quart d’heure plut tôt que prévu. Alors Gener8tion récupère toute la foule et on tient bon jusque Boys Noize.

Minuit : Bloc Party et la « democrazy »

A minuit sonnent les prémisses de la soirée club avec The Avener, dont on sait bien qu’il est du genre à faire le job, à envoyer la purée. Mais ce 24 juin est historique, c’est la journée du Brexit. Les Anglais se sont cassés de l’Europe et à ce propos, Bloc Party en ont gros sur la patate. « Il va falloir nous aider Solidays, parce qu’on a le cœur brisé de ne plus être dans l’Europe. On est triste en ces temps difficiles, même si c’est le jeu de la démocratie, democrazy », lâche Kele Okereke au milieu d’un set survitaminé, bousculé par les bons vieux tubes du groupe comme « Flux », « Helicopter », « Ratchet » et bien sûr « Banquet ». Un show hargneux bien qu’un poil brouillon ( batterie dévissée, riffs approximatifs). L’émotion, sans doutes.

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© Sarah Bastin

 

23 h : Flume, flûte…

C’est bon, il fait nuit mais c’est encore l’après-midi en Australie lorsque le natif de Sidney, Flume, débarque. On ne va pas se mentir, le boy a déçu pour ce qui devait être une nouvelle étape dans son ascension irrésistible. Annoncé comme l’une des trois/quatre grosses têtes d’affiche du festival, Flume n’a pas réussi à hisser son niveau pour l’occasion, malgré un vrai bon sens de la basse qui fait de l’effet. Tout va peut-être un peu vite pour le prodige de seulement 24 ans qui n’a pas encore fait dans sa tête la transition de niche électro à tête d’affiche. A revoir, au Main Square par exemple.

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© Sarah Bastin

 

22 heures : heure française

A 22 heures la tristesse de louper les tâcles viriles du gang Flatbush Zombies passe super vite. Le groupe a annulé au tout dernier moment. Les petits mecs de Feu! Chatterton sont donc placés sur le créneau initialement prévu pour les cadors de New York. L’heure est donc aux frenchies, le futur grand groupe français passe en même temps que le mirobolant M83. M83 est un dingue et bien sûr qu’il a relevé le défis haut la main.

Pour Feu ! Chatterton, ce n’était pas gagné d’avance. Il y aurait pu n’y avoir que très peu de monde étant donné le succès d’Anthony Gonzales. Mais le soleil se couche et les loustics de paname jettent leur dévolu sur une foule assez conséquente, qui en plus connaît assez bien les textes du groupe. Les fans de la première heures repartent même surpris par les quelques bons arrangements du band avec ses morceaux désormais élevés au rang de classiques comme « A l’aube » et « La Malinche ». Le quintet se targue même de pouvoir reprendre le tube « J’aime Regarder les filles », avec un sacré toupet : celui de ne pas reprendre la terrible ligne de basse du morceau bien connu. Prouesse.

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© Sarah Bastin

 

21 h : Band Rover

L’album des Beatles Revolver va fêter ses 50 ans cette année. Ce disque était aux fondements du premier album de Rover, dans la même veine pop de chambre du classique des Beatles. Mais le Français est désormais passé à autre chose. Veste en cuir et lunettes de soleil bien placées, Rover a effectivement proposé un set très rock à Solidays, où la puissance de sa voix et son charisme ont pu s’exprimer. Si son groupe ressemblait trop souvent à un groupe de reprises du rock 70’s, le chanteur lui a captivé et volé le show. Sa ressemblance physique avec Ty Segall est d’ailleurs de plus en plus frappante. Et vu son coffre, Rover pourrait facilement crier avec justesse et talent sur de la cacophonie garage. Oui, il est très impressionnant.

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© Sarah Bastin

 

20 h : We Are Match, de belles promesses pour le futur

Sur papier, We Are Match est un groupe qui ressemble à pleins d’autres groupes indie un peu gentillets des années 2010, du type à passer dans une pub qui vante une originalité marketisée. Mais c’est peut-être du passé pour le groupe formé à Paris. Car à Solidays, ils ont montré de belles choses. Une belle alchimie d’abord, avec une guitare lead qui réussit à répondre à contre-temps aux basses synthétiques, tout en sonnant juste. Une belle énergie ensuite, mais ça on n’en doutait pas. Par contre, la chanson inédite proposée en première moitié de set nous a complètement surpris. Une chanson à la Radiohead à mi-chemin entre The Bends et OK Computer, ménée à la guitare acoustique et tétanisée par une électrique qui avait l’aridité du vieux Johnny Greenwood. Tout d’un coup, on s’est dit que ce groupe avait peut-être un grand futur devant lui.

18h30-17h30 Yanis : The Videos, Faada Freddy

Tapez deux fois sur votre poitrine, un fois dans les mains, et recommencez. Vous pouvez chanter «We will, we will Rock you », comme le fait faire Faada Freddy à tous les festivaliers dans un show a capella beau comme sa voix et son allure de torero génial.

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© Sarah Bastin

 

Dans le même temps, à 100 pas de là, le petit groupe de Rock The Videos cajole son maigre public, mine de rien très réceptif à leur show qui a de la gueule. La chanteuse du groupe a trois petits chats en tatouage qui marchent le long de ses hanches. Le guitariste, lui, arbore un T-Shirt du groupe Misfits, une bonne référence pour les nombreux naïfs du public qui n’y connaissait pas grand chose en terme de rock un peu hard. Il fait encore super beau, Solidays fait donc un grand écart pour son ouverture. Sur la scène Circus, Yanis, l’ancien Sliimy, est largement ovationné. Bonne récompense pour un concert criblé de sincérité fluo, comme dans un film de Dolan.

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© Sarah Bastin

 

16 heures : Ruddy Aboab

S’ils avaient su tout ce qu’ils allaient vivre, beaucoup se seraient moins lâché face à la selecta de Rudy Aboab, le gourou du bon son chez Radio Nova qui a passé pas mal de bon trucs à la Greenroom. Mention spéciale pour le titre de Jacques qui résumait parfaitement le sentiment de lâcher-prise qu’on a capté en ce bon début de Solidays 2016, écrasé par le soleil dont on avait oublié les bienfaits : « Tout est magnifique »