Music par Kerill Mc Closkey 17.06.2016

Les anglais de Temples peuvent-ils devenir les nouveaux Tame Impala ?

Les anglais de Temples peuvent-ils devenir les nouveaux Tame Impala ?

Virtuose, colorée, mélodieuse… la pop psychédélique de Temples n’est pas sans rappeler Tame Impala. Sauf qu’ils ont encore beaucoup à prouver.

Février 2014. Temples, groupe anglais de pop psychédélique, sort son premier album, Sun Structures, presque deux ans après leur premier single, « Shelter Song ». Entre temps, la bande originaire de Kettering, ville à peu près située entre Londres et Birmingham, avait pu jouer en première partie de Kasabian, The Vaccines, Suede et même les Rolling Stones. Vous rajoutez à ça un soutien affiché de la part de Noel Gallagher (« le meilleur nouveau groupe en Grande-Bretagne » déclarait-il) et vous comprenez que Temples avait réussi à se créer un petit buzz avant la sortie de Sun Strucures.

Et il n’y a presque rien de surprenant là-dedans : hyper doués pour les mélodies, audacieux sans être étranges, les singles de Temples étaient parfaitement accomplis pour un jeune groupe en devenir. De plus, c’était l’époque du renouveau du psychédélique à l’anglaise, celui multicolore, pastoral, à la Magical Mystery Tour des Beatles, grâce notamment à sa figure de proue venue d’Australie : Kevin Parker de Tame Impala (album de l’année 2012 pour le NME, influent magazine anglais, pour Lonerism).

Des copieurs les Temples ?

Entre Lonerism et Sun Structures, il existe d’ailleurs des similitudes qu’une certaine partie de la critique n’a pas manqué de fustiger. Pour Pitchfork, qui note l’album d’un joli 5.5, Temples « sont Tame Impala sans les sournoises touches modernisantes ». Car en plus de ressembler au projet de Parker, le groupe anglais s’inscrit en toute conscience de cause dans le son 60’s des Byrds. Double peine. Pour Sound Of Violence, Temples ne cachait d’ailleurs pas leur goûts vintages :

« Notre musique a toujours été influencée par – et j’éviterai le terme « rétro » – des styles de musique plus anciens. Mais pas que. Ce sont également l’équipement et les procédés d’enregistrement que nous empruntons à ces styles plus anciens ».

Un avenir sûrement captivant à suivre

Malgré les références sûrement trop flagrantes, et absolument trop sages, de Sun Structures, ce premier album présentait des qualités qui attirent l’attention. Des mélodies naturelles évidemment, mais aussi une production assez phénoménale pour un jeune groupe. Il y avait du Phil Spector dans le son détaillé et bombastique de ce disque.

Ce perfectionnisme du son laisse présager de belles choses pour les Anglais dont le second album devrait arriver plus tôt que tard. Une galette qui aura la charge de prouver que Temples peut s’échapper de l’ombre de ses aïeux (The Byrds, T-Rex pour le look glam) et de ses contemporains (Tame Impala). Leur performance au Paris Psych Fest ce samedi soir pourrait d’ailleurs donner de bonnes indications sur la direction prise par ces quatre britanniques ambitieux. On a hâte.