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"The Queen is Dead" des Smiths fête ses 30 ans, lalala lala !

"The Queen is Dead" des Smiths fête ses 30 ans, lalala lala !

Et la Reine est toujours vivante.

Il y a quelques jours, la reine Elizabeth II célébrait ses 90 ans en grande pompe, comme toujours, avec soldats etc... Un événement qui en 2016 ne peut que sembler complètement décalé, assez injuste et un poil absurde. Et s'il y en a un qui a dû ruminer devant sa télé en voyant les images, c'est bien Morrissey. Critique féroce de la royauté britannique, l'illustre chanteur de The Smiths titrait en 1986 une chanson au doux nom de "The Queen Is Dead", morceau d'un humour cinglant parodiant la préciosité de la cour royale. L'album du même nom, l'un des plus célèbres des années 80, est sorti il y a tout juste trente ans, le 16 juin 1986.

C'est que Morrissey a une vision plus virile du patriotisme qu'une Dame se baladant dans son jardin avec une couronne sur la tête. Fervent romantique des classes populaires, le natif de Manchester se console peut-être actuellement avec le hooliganisme anglais à l'Euro. En 1992 pour Q, il déclarait : « Je comprends le niveau de patriotisme, le niveau de frustration et le niveau de jubilation. Je comprend l'attitude générale. Je comprends leur agressivité et je comprends pourquoi elle doit être libérée... quand je vois les reportages à la télé sur le hooliganisme en Suède et au Danemark ou autre part, je suis amusé en fait... tant que personne ne meure, je suis amusé ».

La même année, dans "We'll Let You Know", il décrivait le hooligan anglais comme « le dernier vrai britannique que tu connaîtras de ta vie ».

Moz

Mais revenons à The Queen Is Dead. En 1986, Morrissey était au pic vocal de sa carrière. Sa théâtralité subjugue ici le style des Smiths, jamais aussi clair que sur cet album où l'audace de la critique anti-monarchique va de pair avec le sentimentalisme ("I Know It's Over"), le trait d'esprit cynique ("Frankly, Mr. Shankly"), l'amour de la poésie ("Cemetary Gates") et la soif de vie ("There Is A Light That Never Goes Out"). Trente ans après, Elizabeth est toujours là, les hooligans sont réapparus, les sentiments à fleur de peau sont toujours mal vus, et The Queen Is Dead demeure un album essentiel.

Et à (ré)écouter ci-dessous :