Music par Kerill Mc Closkey 13.06.2016

Rejjie Snow : « J’ai scoré la cousine de Robbie Keane »

Rejjie Snow : « J’ai scoré la cousine de Robbie Keane »

Avant de devenir le rappeur irlandais le plus en vue de sa génération, Rejjie Snow a tutoyé une carrière pro de footballeur. Adolescent, il a été sondé par plusieurs clubs anglais, sans succès, avant d’obtenir une bourse pour jouer au « soccer » aux États-Unis. A l’occasion de l’entrée en lice de l’Irlande à l’Euro face à la Suède de Zlatan, on a discuté foot avec ce grand gaillard relax qui a échangé les crampons pour le micro.

 

Il paraît que t’as joué au foot aux États-Unis donc ?

Ouais, j’y ai joué un an au lycée, puis j’ai obtenu une bourse pour jouer au foot à l’université en Floride. L’équipe était en Division One, l’une des meilleures ligues là-bas.

T’étais bon ?

Ouais.

Meilleur que les Américains ?

C’est pas le sport n°1 là-bas, même si ça évolue. La plupart de mes coéquipiers étaient brésiliens ou anglais. Des dingues de foot. Les équipes sont américaines, mais pas les joueurs ! Certaines équipes parlaient davantage portugais qu’anglais.

C’est une passion pour toi le football ?

Plus autant qu’à l’époque. Gamin, j’emportais toujours un ballon avec moi, à l’école et tout. Mais je supporte toujours Arsenal.

Merde, je suis pour Tottenham (les grands rivaux d’Arsenal, ndlr). Tu veux que je m’en aille ?

Non ! (rires) C’est que de l’amour.

rejie arsenal

Comment t’es devenu fan d’Arsenal ?

Les joueurs français de l’époque, Henry, tout ça. Ils jouaient du beau jeu.

Moi je suis tombé amoureux de Tottenham par Robbie Keane (capitaine emblématique de l’Equipe d’Irlande, ndlr). T’as des grands souvenirs de lui ?

Pas tellement. Je connaissais une de ses cousines. J’ai même scoré sa cousine, plusieurs fois.

Comment tu l’as rencontré ?

Dublin c’est petit, tu sais.

T’as connu des joueurs devenus professionnels là-bas ?

J’étais dans le même club que Robbie Brady, il est devenu international. Il était tellement bon. Bon des deux pieds, talentueux, il sortait du lot… Il était très drôle aussi, un peu fou. Je le revois par-ci par-là, mais depuis mon départ aux States je ne suis plus en contact avec personne de Dublin, à part mes amis très proches, et puis j’habite Londres maintenant… Je découvre le monde.

C’était comment le style de jeu à Dublin ?

Beaucoup de tacles, un jeu très sale. J’étais plutôt un attaquant ou un ailier, mais j’aimais défendre aussi. Je taclais, je faisais mal, je mettais les coudes, je frappais des gens parfois. J’étais le seul joueur de couleur noire en général, donc je subissais le racisme. Les adversaires m’insultaient pour me faire péter les plombs. Parfois, ça me mettait en rage, il fallait que je réponde, en marquant des buts ou par d’autres moyens… Il fallait que je sois le dernier à rire.

Tu désirais devenir professionnel ?

Oui, c’était mon but en partant aux States. Mais après, je n’avais plus la passion, ou du moins je ne voulais plus m’engager à fond pour le foot. Avec les filles, les sorties, toute cette merde… Je ne voulais plus aller à l’entraînement tous les jours et me concentrer sur ma carrière 24h sur 24. Je veux vivre la vie.

T’as un joueur préféré ?

Luis Suarez. J’adore son énergie. Évidemment, Ronaldo et Messi sont incroyables, mais je préfère regarder Suarez. Même quand il n’a pas la balle, ses mouvements sont géniaux.

Jusqu’où ira l’Irlande dans la compétition ?

Je ne sais pas. On s’en fout en fait. On veut juste se rassembler derrière l’équipe. C’est superbe quand toute l’Irlande est derrière son équipe.