Music par Gaspard Labadens 09.06.2016

Konkørd : « Mon line-up préféré ? Moi et Dixon »

Le résident des soirée H A ï K U nous largue ses astuces et ses bons plans pour sa première interview on ne peut plus réussie.

Clément est un grand bonhomme qui se cache derrière de petites lunettes rondes. Vu sa carrure, difficile pour lui de passer inaperçu. Mais très peu soupçonnent cet ingénieur en aéronautique d’avoir déjà mixé aux côtés du génie Dixon, et ce à plusieurs reprises, sans parler de cette fois aux côtés de Âme sur le line-up de la soirée « REVE » le 2 juin dernier. Dans l’ombre des plus grands DJs allemands actuels, il y a donc Konkørd, as du mix dont on parle peu mais qui officie pourtant pour les organisateurs des prestigieuses soirées H A ï K U, rien que ça.

Au bon endroit au bon moment

Pour sa première interview, le Bordelais de 28 ans nous raconte ses premières H A Ï K U en tant que clubber, puis avec le costume de DJ. Un sacré changement de statut qui s’est pourtant fait très naturellement : « Ma première H A Ï K U c’était avec Tania Vulcano au Palais de Tokyo, ils donnaient des lunettes 3D c’était cool. J’avais adoré mais à l’époque je ne connaissais pas du tout les organisateurs de ces soirées, et j’y allais juste comme ça, pour kiffer. De mon côté j’ai fait ma première date avec DJ Tennis à l’iBoat. Pour ma deuxième au même endroit, la salle m’a fait jouer avec Dixon. Les gars d’ H A ï K U m’ont contacté 3 mois après ma première date, et m’ont demandé de leur envoyer des mixes enregistrés. Il s’est passé un peu de temps avant qu’ils me recontactent, mais finalement on s’est retrouvés au Sonar quelques mois après, c’est là qu’on m’a annoncé que j’allais jouer en Octobre (2014) avec Dixon. J’avais la pression évidemment mais ça s’est bien passé, ils m’ont rappelé pour d’autres dates, ça a continué et ça continue encore. »

Quel genre de DJ es tu, Konkørd ?

Déjà, Konkørd n’est pas du genre à simuler pour stimuler la foule : « Je ne suis pas le genre de DJ qui va faire des chichis ou regarder tout le monde danser. Quand je joue je reste dans ma cabine ». Konkørd est aussi plus digger que compositeur : « Je me suis essayé à la prod’ avec un pote l’été dernier, mais ce n’est pas trop mon truc. Je prends vachement plus de plaisir à chiner du son ou mixer chez moi. Et aussi devant du monde bien sûr.  Je passe énormément de temps à chercher des tracks. Au moins deux heures par jour ». Mais quel sont donc ses secrets pour dénicher les trouvailles les plus improbables ? « Pour trouver les morceaux, tu prends un artiste que t’aimes bien, t’écoutes toute la discographie. Ensuite tu cherches dans les remixes, puis s’il y en a qui te plaisent tu vas fouiner l’auteur de l’edit en question. Ça tu peux le faire à l’infini, mais ça te permet juste d’avoir le nom des morceaux. Mais pour obtenir les pistes en bonne qualité, c’est une autre histoire. Maintenant je commence à avoir un réseau donc certains artistes me les donnent mais pour les autres, c’est secret. Je peux donner juste un site : Funkysouls ». Ça peut permettre de dégoter ça, par exemple :

Outre les techniques de chinage, Konkørd y va aussi de sa patte pour mixer ses bottes secrètes : « Les morceaux ont tous une gamme de note, j’essaye de faire attention à ça, sans pour autant rester tout un set dans la même note. Faire une transition entre deux morceaux qui sont dans la même gamme mais d’un style ou d’un genre complètement différent, c’est intéressant. ».

Enfin, le DJ a des affinités avec la salle dans laquelle il mixera avant le talentueux Black Coffee ( encore un sacré blaze au palmarès) ce vendredi 10 juin à la H A ï K U 28 : « J’aime bien la configuration d’H A ï K U à la machine. Quand on m’a proposé la date de vendredi j’étais refait. C’est cool d’être à la même hauteur que le public, et le son est plutôt pas mal. »

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Quel genre de clubber est tu, Konkørd?

Lorsqu’on lui demande son line-up préféré des dernières H A ï K U, la réponse est aussi fulgurante que gorgée d’assurance : « Moi et Dixon. C’était pour les 1 an d’ H A ï K U à l’espace Pierre Cardin. J’adore John  Talabot et Job Jobse aussi ».

Alors qu’aucun DJ ne l’a jusqu’à présent impressionné, dit-il, certains l’ont surpris. Tout particulièrement Sven Weisemann : « je ne connaissais pas ce mec avant qu’il vienne jouer à la H A ï K U du Virgo fin décembre. Il a une sélection super pointue et une technique de mix assez folle. A chaque fois, il vient faire des rappels de sample sur une autre platine. Lui m’a surpris, mais je ne pense pas qu’il y ait un DJ qui m’impressionne ».