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We Love Green 2016 : la triple claque rock

We Love Green 2016 : la triple claque rock

Entre la folie Fat White Family, la puissance Savages et la grande PJ Harvey, les guitares ont régné sur la grande scène du We Love Green.

Dimanche 5 juin, jour 2 de We Love Green, 16h30. On a encore du mal à se remettre dans le bain du festival après le concert de LCD Soundsystem la veille, concert qui avait tout d’une clôture en apothéose. Heureusement, un bon coup de pied au cul est organisé sur la grande scène en cette après-midi encore nuageuse. Son nom : la Fat White Family, groupe rock venu d’outre-Manche, pays où on n’a pas peur des ciels moches. La preuve : au bout d’une chanson, le leader de la Family enlève le haut, avant de partir pour 40 minutes de folie punk et déglinguée, recyclant des décennies de rock’n’roll anglais d’Oasis à Spacemen 3 en passant par le mouvement skin. Le point de départ d’une journée marquée par le rock dans sa diversité.

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© Sarah Bastin

 

Violemment triomphal : Savages

De politique de diversité, le quatuor féminin Savages n’en a pas besoin pour apparaître de plus en plus haut dans les affiches de festival. A la suite de la Fat White Family, la bande à la française Jenny Beth a prouvé une nouvelle fois qu’elle jouait plus fort et plus mieux que 99% des rockeurs testostérones. Théâtrale, charismatique, généreuse, Beth se démène pour conquérir le très large public venu la voir, jusqu’à aller le voir directement en quittant la scène à plusieurs reprises pour s’installer sur les bras et les épaules des festivaliers. Malgré un sceptiscisme ambiant et une impression de malentendu entre Beth et une partie du public parisien, le set de Savages était violemment triomphal. Le rock a peut-être trouvé son futur grand groupe de festival.

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© Sarah Bastin

 

Classe et gravité : PJ Harvey

Mais pour l’instant, c’est une autre femme qui se trouve en tête d’affiche du We Love Green, PJ Harvey va conclure l'édition 2016 en beauté. Jenny Beth de Savages sera à coup sûr dans le public, pour prendre des leçons, comme nous tous. Vers 22h45, PJ Harvey rentre dans l’arène pour présenter The Hope Six Demolition Project, son album le plus rock depuis belle lurette.

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© Sarah Bastin

 

Accompagnée de percussions martiales et de saxophones frondeurs, Harvey offre avec classe et gravité des morceaux habités par la révolte de la chanteuse contre la terreur du monde. Ce n’est pas une fête, ce n'est pas une fin de festival en grande communion grandiloquente, mais pour ça, il y avait Diplo et Âme.

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© Sarah Bastin

 

De l’âme par contre, PJ Harvey en a à revendre, elle a aussi des grandes chansons : « Ministry Of Defence », « Ministry Of Social Affairs », « The Community Of Hope » et surtout la fantastique « The Wheel », toutes frappent fort et réaffirment la grande qualité du dernier album de la britannique. Après la nostalgie LCD, c’était aussi bon de voir une chanteuse populaire s’investir à fond dans le contemporain. Et à mettre les mains dans la boue.

-Photos : © Sarah Bastin