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WLG 2016 – Jour 2 : Le soleil, l'incroyable Jacques, James Blake et Air

WLG 2016 – Jour 2 : Le soleil, l'incroyable Jacques, James Blake et Air

On en aura eu plein les bottes mais surtout pris plein la tête : le dimanche de We Love Green était intense.

Et vas-y que je souffle dans une pomme pour faire du bruit, j'enregistre le son et j'en fais un beat mortel pour que les festivaliers perdent le contrôle. Jacques, coiffure de hipster à l'envers - rasé sur le dessus, long sur les côtés - a pris les commandes de la scène Think Tank à We Love Green. Une scène rikiki en forme de pyramide où il entasse, entre autres, des balles de ping pong, un avion miniature et un rouleau de scotch qui se transforment dans ses mains en véritables instruments.

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© Sarah Bastin

Il est 23 heures. Le dieu du gros beat Diplo vient d'en finir sur la scène de la Clairière, PJ Harvey projette toute sa classe sur la scène de la Prairie. Dans un instant, Âme va dynamiter le festival. Kristian Beyer prépare un set made in Berlin imparable sur la scène Lalaland. En fait Âme va même clôturer We Love Green 2016 de la plus belle des manières : des basses inarrêtables sur fond de cliquetis introspectifs. C'est le point d'orgue du festival. Jacques va s’arrêter vers 23h30. Au terme d'un show épatant, de l'électro bien vivant .« Je n'ai pas utilisé tous mes objets, mais c'est cool que vous soyez venus ». Devant lui, un sacré morceau de foule. Entièrement acquis à sa cause. « Il y avait quand même des trucs cools en face ». « J'espère que vous êtes proches de la nature et que vous arrivez à différencier le vrai du faux. Salut ». Un type empli de coolitude, comme un phare au milieu de la nuit.

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Se remettre de la veille

Huit heures plus tôt, le jour 2 du festival prenait son souffle. Sur place il reste assez de boue pour un grand bain collectif mais pas la moindre menace de pluie. Coup de bol pour les organisateurs qui peuvent aussi commencer à souffler. L'averse est prévue pour demain. Tout le monde sera parti. Le Bois de Vincennes sera triste, vide et labouré par les festivaliers. « Mettez vos déchets dans les bonnes poubelles ! Une seule négligence et c'est tout le tri qui ne sert plus à rien ». Les bénévoles éduquent les festivaliers attablés face à l'entrée du site. Ils tentent de se remettre de la veille, cherchent quelques forces de plus, et c'est vrai qu'on a beau être dimanche, ça va être une journée dure à suivre. « Pas de repos pour les braves ! », a beuglé un festivalier dans l'après-midi, pour de vrai.

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© Sarah Bastin

Le programme de la veille avait de l'allure avec la machine surpuissante LCD Soundsystem, PNL les méga-stars de Corbeil-Essonnes, Hot Chip, Flaoting Points... Aujourd'hui dimanche, We Love Green est un sacré marathon, à se demander s'il est seulement possible de ne pas en rater la moitié, même en courrant. Dans l'ordre : Superpoze, La Fat White Family, Fatima Yamaha, Savages, James Blake et Air que quasi-tous les festivaliers sont venus voir avant le reste. Rien que pour voir ça, il fallait s'accrocher. Jacques, par exemple, a raté le concert de Fat White Family. Et le diable sait combien c'était fou. Au bout d’une chanson, le leader de la Family enlève le haut, avant de partir pour 40 minutes de folie punk et déglinguée. Fat White Family, c'est notre première claque rock : lisez notre focus !

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© Sarah Bastin

Superpoze : au-dessus de la gadoue

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© Sarah Bastin

Pour commencer le dimanche, ceux qui cherchaient à se mettre doucement dans l'ambiance ont rapidement trouvé l'homme de la situation sur la scène de la Clairière. L'un des frenchies les plus attendus à pondu un live en adéquation avec son pseudonyme. Superpoze insuffle son style aérien et fait planer les festivaliers au-dessus de la gadoue. En une petite heure, le caennais a mis tout le monde d'accord, il à même séduit le soleil, venu pointer ses premiers bouts de rayons en fin de set.

DâM FunK a raison des nuages

Juste après DâM FunK arrive avec son grand smile, son vocoder et (c'est audacieux)... ses lunettes de soleil. Un accessoire prémonitoire, car la vibe west coast de ce loustic de Los Angeles a fini par avoir raison des nuages. Outre tous ses gadgets et sa modern-funk enthousiaste et groovy, DâM FunK a une arme secrète : sa voix.

Un mec qui sait s'avancer sur la scène et qui chante en communiquant avec le public, ça te fait vite décoller les pieds de la gadoue pour lâcher tes meilleurs moves. Les éclaircies qui ont parsemé son set provoquent des beaux mouvements de foule, à l'image de l'ovation généreuse des festivaliers pour l'artiste qui a réchauffé tout le monde, même les plus frileux.

Fatima Yamaha danse autant que ses fans

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© Sarah Bastin

Vers 18 heures il fait carrément beau, carrément chaud. Un dimanche ensoleillé, presque digne de l'été. C'est chaud sur sur la piste de danse aussi. Fatima Yamaha est seul aux platines. Il s'éclate et ça se voit. Déchaîné derrière ses platines, Bas Bron a presque autant dansé que ses fans. Le son surpuissant qu'il assène prend tout le monde aux tripes. Le dimanche est définitivement lancé. Si bien qu'enfin, on voit des gens qui arrêtent de regarder le DJ. Ils dansent entre-eux. C'est comme le soleil, un miracle. Amen Fatima Yamaha.

Savages, la claque

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© Sarah Bastin

Parmi les premiers concerts du jour il y avait Blow. Et le groupe a la particularité de partager le même bassiste que Her. La veille Her jouait à un autre festival à Nîmes. Pour arriver dans les temps pour We Love Green, le fameux bassiste n'a pu prendre aucun train. Il s'est levé à quatre heures du matin pour choper un covoiturage. "Et puis je n'arrivais à dormir, je surveillais le conducteur, je n'avais confiance qu'à moitié ! ». Bref. Un challenge harassant récompensé lorsque, dans l'espace artiste, il voit la chanteuse de Savages passer. Il est stupéfait, la trouve radieuse. Et c'est vrai qu'elle l'est. Elle passe devant lui comme un ange noir, sereine, son concert commence dans 40 minutes. Savages, c'est notre deuxième claque rock : lisez notre focus !

James Blake et Air : en avance sur la nuit

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© Sarah Bastin

Il faut le voir pour le croire, James Blake. Cette sensibilité extrême alliée à une précision totale. Sa voix a la même force que celle qu'il enregistre sur ses albums. En fait, c'est dommage qu'il fasse jour. On aimerait s'enlacer dans l'ombre avec James Blake. Se laisser glisser et parcourir les rivages de ses complaintes sans avoir à plisser les yeux. On entend James jusqu'à l'autre bout du festival. Il est seul sur la grande scène. C'est beau la solitude. Et quand arrivent Air une demi-heure plus tard. C'est justement la solitude qu'on partage tous, en douceur. Beaucoup de festivaliers disent être venus exclusivement pour Air. C'est étrangement plus chouette en plein air, justement, que dans une salle. Et ça aurait été encore plus fou s'il avait fait nuit.

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© Sarah Bastin

PJ Harvey : chanter la révoltes sur des percussions martiales

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© Sarah Bastin

Vers 22h45, PJ Harvey entre dans l’arène pour présenter The Hope Six Demolition Project, son album le plus rock depuis belle lurette. C'est elle la star du jour, la tête d'affiche qui brille même dans l'obscurité la plus totale. Harvey offre avec classe et gravité des morceaux habités par la révolte de la chanteuse contre la terreur du monde. Le repect est total. PJ Harvey,  c'est notre troisième claque rock : lisez notre focus !

 

À l'année prochaine, le soleil en tête d'affiche cette fois.

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© Sarah Bastin